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Élever les veaux au seau ou au Milk Bar ?

D’après les essais menés à la ferme expérimentale des Trinottières sur les deux derniers hivers, la buvée au seau ou au Milk Bar donne des résultats proches.

Avec le Milk Bar, trois semaines après leur naissance, les veaux sont nourris en case collective.
Avec le Milk Bar, trois semaines après leur naissance, les veaux sont nourris en case collective.
© fr.milkbar.co.nz

La majorité des éleveurs qui passent du seau au nourrisseur Milk Bar trouvent une amélioration des problèmes sanitaires et constatent nettement moins de tétées entre veaux. Les essais menés par la Chambre d’agriculture dans le Maine-et-Loire, à la ferme expérientale des Trinottières durant les hivers 2013/2014 et 2014/2015, relativisent ce constat. Les deux techniques testées ont le même impact sur la croissance des veaux en phase lactée et à 6 mois, ainsi que sur leur santé.

Le principe de la technique Milk Bar est d’élever les veaux en case individuelle avec un nourrisseur individuel les trois premières semaines, et de les passer ensuite en case collective avec un nourrisseur 3, 6 ou 10 tétines.

Deux conduites testées au sein des deux lots

Dans l'essai, les veaux reçoivent du colostrum les premiers jours au biberon, puis le lait non commercialisable des douze premières traites les jours suivants au seau pour le lot 1 et au nourrisseur pour le lot 2. A partir de la deuxième semaine, ils sont tous allaités au lait entier de mélange. Les deux lots de 20 veaux ont reçu le même plan de buvée. Le lait est réchauffé à 40°C puis son volume est mesuré au pichet avant d’être distribué. A partir de la seconde semaine, les veaux reçoivent un mélange fermier à volonté, et du foin de prairie permanente est distribué à l’auge ou au râtelier. Le mélange fermier (70 % de maïs grain entier, 30 % de tourteau de colza et 20 g de 0/28/5 par kg de mélange) reste le même jusqu’à six mois. L’eau est disponible à volonté.

Deux conduites ont été testées. La première a concerné les 20 premiers veaux nés. Ils ont logé pendant trois premières semaines en cases individuelles, puis collectives ensuite. Les veaux élevés au seau étaient bloqués 30 mn au cornadis, et le lot Milk Bar au nourrisseur collectif 10 tétines. Les 20 veaux suivants sont, quant à eux, restés en case individuelle durant les 8 semaines jusqu’au sevrage. Le lot Milk Bar bénéficiait alors de nourrisseurs individuels.

Un temps de buvée cinq fois plus long au Milk Bar

« Entre les deux lots, peu de différence de consommation de concentré ou d’eau est observée. Même chose pour les croissances », note David Plouzin en charge de l’essai. Les génisses sont sevrées à 8 semaines à 83 kg et 99 cm de tour de poitrine. « Sur le plan sanitaire, très peu de diarrhées ont été relevées malgré le nombre important de veaux. Seuls quelques cas de diarrhées alimentaires sont apparus, sans différence entre les deux lots. » Le temps de buvée moyen est de 1,50 mn au seau contre 10,20 mn au Milk Bar. Le faible débit de la tétine entraîne un temps de buvée plus long ainsi qu’une salivation plus importante. Dans les deux lots, l’objectif de 200-210 kg à 6 mois est atteint. « Le poids à 6 mois est supérieur pour le lot Milk Bar, sans aucune explication technique. » Economiquement, le coût alimentaire est maîtrisé car les volumes de lait sont modérés et le mélange fermier reste moins cher qu’un aliment du commerce.

La technique Milk Bar nécessite un investissement plus onéreux que la buvée aux seaux (achat des Milk Bars individuels et collectifs plus le renouvellement des tétines). « Le choix du mode de buvée se fera selon l’élevage, la race, le logement de façon à limiter les problèmes sanitaires, réduire les succions entre veaux et travailler efficacement. »

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