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Eilyps est « prêtE » pour le big data

L’entreprise de conseils en élevage d’Ille-et-Vilaine a refondé son système d’informations pour être en mesure de valoriser toutes les sources de données et apporter à l’éleveur un conseil personnalisé.

Le contrôle de performance reste une base solide mais nous devons être en capacité de faire du conseil en exploitant toutes les données présentes dans les élevages, affirme Hubert Deléon, directeur d’Eilyps, l’entreprise de conseils en élevage (Ecel) d’Ille-et-Vilaine. ((Donc,)) Nous avons revu toute notre architecture informatique afin de pouvoir nous connecter à toutes les sources de données en provenance de nos partenaires (EDE, GDS, centres d’insémination, laiteries) mais aussi des compteurs à lait, robots, capteurs, mélangeuses… Nous avons également développé de nouveaux outils de collecte des données en salle de traite et de nouveaux outils de restitution de ces données aux éleveurs. » Un chantier de grande envergure engagé depuis quatre ans et en totale rupture avec l’existant.

Eilyps a reconstruit son système d’informations sur une architecture modulaire à l’opposé du système antérieur où toutes les fonctions étaient intégrées dans un outil unique. De nouveaux modules pourront s’y greffer au fur et à mesure des besoins. L’Ecel d’Ille-et-Vilaine a développé sa propre base de données métier, qui communique bien évidemment avec celle d’Adventiel (ex-Arsoe). Ce nouveau système d’informations peut se connecter avec toute source de données, il utilise pour cela les technologies normalisées de web services, qui permettent à des applications de dialoguer à distance via internet.

De nouveaux outils de collecte et de valorisation des données

Les agents de pesée ont été équipés d’un nouveau boîtier de saisie, SmartLY, qui assure aussi la traçabilité électronique des échantillons. Les pareurs ont également un outil de saisie sur tablette et les conseillers une application web (Ilyco) de saisie et de récupération automatique d’informations. Eilyps a enfin remplacé tous ses outils de restitution aux éleveurs par Qlik, une application d’aide à la décision (sur ordinateur et tablette) qui permet de produire instantanément toutes sortes de tableaux de bord et d’indicateurs en se focalisant sur les points qui intéressent plus particulièrement l’éleveur.
Déjà opérationnels : le bilan santé, le bilan reproduction, le calendrier prévisionnel, le valorisé troupeau, le calcul de la prévision de production et le bilan qualité du lait. L’éleveur pourra accéder à ses données via une application mobile (SmartLY Breeder) ou le portail web. Afin de mutualiser les investissements, la plupart de ces outils ont été développés en commun avec d’autres Ecel de l’Ouest, qui ont entrepris des évolutions similaires.

« Le big data redonnera du pouvoir à l’éleveur »

Eilyps est aujourd’hui « techniquement prêtE pour s’ouvrir aux autres », mais, pour l’instant peu d’échanges de données ont été réalisés. Les partenariats avec les différents producteurs d’informations risquent d’être autrement plus complexes à bâtir que l’architecture informatique. Le directeur d’Eilyps reconnaît que « cette logique d’échange et d’ouverture, y compris avec nos concurrents, bouscule beaucoup d’habitudes » et que le « cheminement sera long ». Pas facile de partager des données dont on perçoit bien aujourd’hui la valeur commerciale. Mais aura-t-on le choix, s’interroge-t-il ? Toutes les entreprises (sélection, fabricants de robots, startup qui développent des objets connectés…) auront besoin d’informations dont elles ne disposent pas, notamment de données générales, type IPG ou inséminations. Et, comme les éleveurs détestent saisir plusieurs fois les mêmes informations, chacun aura intérêt à ces échanges. Mais, le principal moteur de ces évolutions pourrait être l’éleveur, estime Hubert Deléon : « le big data redonnera beaucoup de pouvoir à l’éleveur. Les données brutes lui appartiennent. C’est lui seul qui acceptera de les communiquer ou non. Ces données brutes ont peu de valeur en elles-mêmes. Il aura besoin d’un partenaire extérieur pour les agréger et créer des indicateurs. Mais, il voudra conserver la liberté de choix de son partenaire. »

Le big data rebattra les cartes du conseil

Quoi qu’il en soit, ce « saut dans l’inconnu du big data » rebattra les cartes du conseil aux éleveurs et des relations entre les organismes et entreprises qui gravitent autour d’eux. « Dans un monde ouvert, l’éleveur n’acceptera de payer que pour des services qui lui apporteront de la valeur ajoutée, soutient Hubert Deléon. La concurrence existera, il faut l’accepter. Dans notre Ecel, nous avons la chance de travailler avec 80 à 85 % des éleveurs. A nous, d’être capables de valoriser les données d’où qu’elles viennent et de leur apporter des services qui répondent à leurs attentes. »

Eilyps a déjà engagé cette « révolution du métier de conseil ». Par de la formation notamment, « sur l’écoute du client et la réponse la plus appropriée possible ». Le recrutement est ouvert à des niveaux de formation plus élevés et à des compétences diversifiées, en vue de développer, entre autres, le conseil technico-économique. « Le chantier est complexe mais enthousiasmant, affirme le directeur d’Eilyps. Nous nous retrouvons dans une logique de startup. Il y aura des réussites et des échecs. Mais, les éleveurs nous disent : 'demain, nous aurons encore besoin de vous. Donc, soyez à la hauteur'. »

Projet de plateforme d’échanges de données

Les Ecel de l’Ouest ont lancé un projet de plateforme d’échanges de données pour que l’éleveur puisse accéder à toutes ses informations et les mettre à disposition, avec son accord, de ses différents partenaires. « Un schéma idéal, reconnaît Hubert Deléon, coordonnateur du projet, mais en pratique compliqué à mettre en place. » Les statuts de la société qui porterait le capital sont écrits. « Nous sommes en train de voir les Ecel qui seraient prêtes à participer au premier tour de table pour lancer l’opération, créer un modèle économique et construire les infrastructures informatiques. Les entreprises de sélection, les laiteries, les fabricants de robots, les vétérinaires et autres acteurs se disent très intéressés par les services que pourraient apporter la plateforme. »

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