Aller au contenu principal

Donnez du poids au produit viande

Et si améliorer le revenu d’un élevage laitier passait aussi par la viande ? Les marges de manœuvre pour donner plus de poids au produit viande sont loin d’être négligeables.

Dans le chiffre d’affaires d’un élevage laitier, le produit viande est souvent considéré comme un sous-produit bon à prendre mais sur lequel on aurait peu de prise tant les animaux de races laitières (vaches, veaux, génisses) paraissent difficiles à bien valoriser. Les marges de manœuvre pour l’améliorer sont plus importantes qu’il n’y paraît. Dans les Pays de la Loire, selon les références Inosys, en Prim’Holstein, le produit viande varie de 28 à 58 €/1000 l pour une moyenne de 43 €. En Montbéliarde, l’écart est le même (47 à 77 pour une moyenne à 62 €/ 1000 l). « Ce n’est pas l’affaire de quelques euros, note Monique Laurent (réseau Inosys Rhône-Alpes). Sur le prix du lait standard, on n’observe pas un écart de 30 €/1000 l entre élevages. » « Même si l’effet race est indéniable, il n’est pas la raison majeure de l’obtention d’un bon produit viande », signale encore une récente étude de l’Idele (Des systèmes d’avenir pour le lait de vache français). Alors, où sont les gains possibles ?

« Le premier moyen d’améliorer le produit viande, c’est d’éviter les pertes de vaches et de veaux, insiste Michel Deraedt, du BTPL. Avec une rémunération permise de 80 €/Ml de lait, ce qui est plutôt bon, la perte d’une vache et le coût de la génisse de remplacement représentent l’équivalent de 20 000 litres de lait. Entre des taux de perte de 2-3 % et de 10 %, souvent observés, il y a une marge qui se joue surtout sur l’observation des animaux et la maîtrise des problèmes métaboliques. Il faudrait viser moins de 4 % pour les vaches et moins de 5 % pour les veaux. »

« La finition des vaches de réforme permet de gagner de l’ordre de 50 kilos de carcasse et 300 euros de recette », rappelle l’étude d’Idele. Quand elle est réalisée à moindre coût, à la pâture, elle s’avère très rémunératrice. Elle satisfait également la filière viande qui a besoin de vaches laitières bien engraissées.

L’autre piste pour améliorer le produit viande consiste à « utiliser le croisement en races à viande et élever les veaux un peu plus longtemps pour améliorer leur prix de vente de 150 à 200 €, parfois plus ». L’utilisation de semence sexée permet d’aller jusqu’à plus d’un tiers de croisement sans pénaliser le renouvellement.

L’intérêt de vendre des vaches et génisses pour la production est très tributaire de la conjoncture laitière. Mais, produire des génisses pour les marchés d’export, très demandeurs, reste intéressant si elles sont élevées à coût marginal.

Un écart de 30 euros par mille litres

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

<em class="placeholder">Pierre Curfs et son fils</em>
« Allergique aux poils de vache, le robot de traite m’a permis de continuer le lait », dans la Marne

Pierre Curfs est éleveur de vaches laitières à Vienne-la-Ville, dans la Marne. Des problèmes de santé l’ont conduit à…

<em class="placeholder">Julien Collin, éleveur laitier</em>
Organisation du travail en élevage laitier : « J’ai anticipé le départ en retraite de mes trois associés », en Ille-et-Vilaine
Au Gaec Collin Berrée en Ille-et-Vilaine, Julien Collin a dû s’organiser pour faire face au départ en retraite de ses parents et…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière