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En Auvergne
Dischamp devient le leader du saint-nectaire

Avec la reprise des usines fromagères Toury, la société Dischamp est devenue un acteur majeur de la transformation fromagère en Auvergne et le leader du saint-nectaire.

Il y a tout juste un an, on annonçait la mise en redressement judiciaire de l’entreprise Toury (Puy-de-Dôme). La reprise des activités fromagères par la SA Paul Dischamp, en partenariat avec trois associés pour les autres activités (Glac, Leche Pascual,Vitagermine), a fait accéder l’entreprise auvergnate au rang de leader dans l’AOC saint-nectaire. Elle était déjà en tête pour le saint-nectaire fermier (1400 tonnes par an).
Historiquement, les Fromageries Dischamp s’étaient en effet développées autour de l’affinage des fromages fermiers AOC d’Auvergne. Désormais, avec une production annuelle de 2200 tonnes, elle est le principal fabricant de saint-nectaire laitier. Pour l’un comme pour l’autre, elle détient entre 25 et 30 % de parts de marché. Avant de mettre la main sur les actifs fromagers de Toury, elle collectait également 42 millions de litres de lait et fabriquait du cantal et diverses spécialités régionales dans plusieurs ateliers artisanaux.
Dischamp et le Glac (Poitou-Charentes) ont créé une société commune pour collecter le lait des 850 producteurs qui livraient à Toury (125 millions de litres) avec un enjeu majeur pour le Massif central: la réduction des coûts de collecte. Un peu moins du tiers du lait est destiné aux deux usines de transformation fromagère reprises par la SA Dichamp.

FABRIQUER LE MEILLEUR SAINT-NECTAIRE
Le site le plus important est celui de Saint- Nectaire (Puy-de-Dôme), dédié principalement à la fabrication de pâtes pressées non cuites (saint-nectaire et fromages au lait de montagne). Cette usine produit aussi des pâtes persillées. Elle fabrique 3 800 tonnes de fromages par an, et dispose également d’un atelier de frais emballage qui fait du conditionnement à façon.
Cette usine va faire l’objet d’une remise à niveau dans les deux ans à venir pour un montant de 2,5 millions d’euros. « L’objectif à court terme est de fabriquer 4500 tonnes de fromages et d’en conditionner 7 000 tonnes, ce qui veut dire une hausse de 20 à 25 % pour chacune des deux activités », détaille Jean-Luc Dischamp, l’un des dirigeants. Ce n’est pourtant pas sur le saint-nectaire que la croissance sera la plus forte car la majeure partie du lait produit sur la zone est déjà destinée à l’appellation. « Pourtant, les tonnages progressent régulièrement mais nous arrivons à un plafond. Nous allons plutôt nous développer sur les autres pâtes pressées en marques distributeurs. » Le groupe détient également une unité fromagère (d’une capacité de 1 500 tonnes) à Mauriac (Cantal), à parts égales avec la coopérative de Bouriannes.
Cet atelier relais de construction récente est majoritairement consacré à la fabrication de cantal. Avec la reprise des usines Toury, le challenge de la SA Dischamp pour les années à venir va être de fondre ensemble deux cultures d’entreprise fort différentes: celle des Fromageries Dischamp et de ses fromages fermiers au lait cru avec celle, plus industrielle, du saint-nectaire laitier. « Nous avons l’ambition de nous servir de notre expérience du saint-nectaire fermier pour fabriquer le meilleur saintnectaire laitier possible », assure Jean-Luc Dischamp.

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