Aller au contenu principal

Détecteurs de chaleurs : un outil évalue le gain économique 

L’Institut de l’élevage propose un outil gratuit sur son site internet pour estimer en quelques clics le retour sur investissement lié à l’acquisition de détecteurs de chaleurs. 

Le bilan économique dépend de l’intervalle vêlage-vêlage initial et du progrès réalisé sur ce critère.
Le bilan économique dépend de l’intervalle vêlage-vêlage initial et du progrès réalisé sur ce critère.
© Allflex Europe SAS

L’investissement dans un détecteur de chaleurs est motivé par l’envie d’améliorer les performances de repro du troupeau et le confort de travail. Le retour sur investissement est en revanche difficile à évaluer pour plusieurs raisons. Il varie selon les races, le niveau initial de performance de reproduction dans l’élevage, la production laitière par vache, le pourcentage d’animaux équipés... « Aujourd’hui, les éleveurs ont tendance à équiper tout le troupeau. Mais, avec des vêlages étalés, si vous n'êtes intéressé que par la détection des chaleurs, vous pouvez n'équiper que 30 % du troupeau », explique Clément Allain, chef de projet élevage de précision à l’Institut de l’élevage. 
Équiper tout le troupeau devient en revanche nécessaire si vous cherchez à valoriser des services supplémentaires tels que l’évaluation des troubles de la santé, la détection des vêlages, la géolocalisation des animaux… 

Matériel acheté ou loué, durée de vie…

Le retour sur investissement dépend également du mode d’acquisition (achat ou location) et de la durée de vie de l’équipement. Pour vous aider à évaluer l’intérêt économique de votre système de détection des chaleurs, l’Institut de l’élevage, en collaboration avec Oniris, a développé un outil disponible gratuitement sur son site internet(1)
La première étape de la simulation consiste à répondre à un court questionnaire dédié à votre exploitation : race, nombre de vaches, leur niveau de production, groupage ou non des vêlages, valeur actuelle de l’IVV et la valeur espérée. 
Un second questionnaire concerne l’équipement : Est-il acheté ou loué ? Quelle est sa durée de vie ? « Elle est souvent liée à la durée de vie des batteries, soit environ sept ans. » Le coût de fonctionnement (abonnement pour la carte Sim ...) est également intégré au calcul. 
À partir de ces deux questionnaires, l’outil propose une fourchette de gain économique dû à la réduction de l’IVV. « Le manque à gagner par jour d’IVV est compris entre 0,80 et 4,30 euros. Il est adapté en fonction du profil du troupeau : niveau initial de performance de reproduction dans l’élevage, production laitière par vache, et étalement des vêlages », précise Fabrice Bidan, chef de projet reproduction bovins à l’Institut de l’élevage.
Enfin, il dresse un bilan économique tenant compte à la fois du progrès réalisé sur le manque à gagner par jour d’IVV et du coût de l’équipement. « Dans un objectif de faciliter l’utilisation de cet outil, nous avons fait des choix sur les données à saisir, et à la suite de cette simplification, nous avons tenu à conserver la variabilité que nous avons trouvée dans nos simulations, au travers de la restitution d’une valeur de gains minimum et maximum, plutôt qu’une seule valeur. Cet intervalle de gains a pour objectif d’apporter la tendance sur l’intérêt de l’investissement dans un outil de détection en fonction des profils de troupeau différents », précise Clément Allain. 

Simulation hors impact du temps gagné 

Les concepteurs ont également fait le choix de ne pas prendre en compte le temps gagné grâce à l’outil. « Ce dernier varie selon les pratiques des éleveurs. Certains lui délèguent totalement la détection des chaleurs. D’autres continuent à les observer. Par ailleurs, si vous gagnez 15 à 20 minutes par jour, cela n’est pas suffisant pour les consacrer à une autre activité économique. Et si ce temps est valorisé en temps libre, ce n’est pas simple de le transformer en euros », justifie Clément Allain.
À titre indicatif, si vous gagnez 20 minutes tous les jours, cela représente environ 122 heures par an. Avec un tarif horaire à 15,50 euros brut (1,5 Smic ), le gain économique théorique avoisine 1 900 euros brut par an.

Le saviez-vous ?

L’Idele propose un inventaire des capteurs par filières (bovins lait ou viande…) sur son site. Un second filtre permet de sélectionner les paramètres mesurés (activité, cellules…). Le troisième propose une sélection de thèmes ou fonction (chaleurs, boiteries, localisation…) 

Exemple de simulation avec un troupeau de 100 Prim’Holstein

Dans cet élevage fictif, quand l’IVV initial passe de 426 à 405 jours, les gains économiques peuvent grimper jusqu’à 25 000 euros sur sept ans.

Ce bilan économique a été calculé sur la base de l’achat de matériel. Les 100 vaches du troupeau ont été équipées. L’intervalle vêlage-vêlage initial de 426 jours correspond à la moyenne de la race Prim’Holstein en 2018-2019 selon l’observatoire de la reproduction des bovins Reproscope. Avec ces hypothèses, le gain économique envisageable est compris entre 11 157 € et 25 019 € sur sept ans. Si la situation de départ de l’élevage est meilleure — IVV initial de 405 j avec volonté de l’abaisser à 390 j – le gain économique devient quasiment nul : il est compris entre -4 190 € et +3 071 €.
« L’interprétation du bilan économique proposé doit prendre en compte la possibilité d’atteindre l’IVV espéré grâce au détecteur automatisé de chaleur. Comme indiqué à l’étape 4, cela se vérifiera d’autant plus si les vaches peuvent être détectées, mises à la reproduction et réussir celle-ci plus tôt », précise Fabrice Bidan.

Étape 1 Mon exploitation

Détecteurs de chaleurs : un outil évalue le gain économique 

Étape 2 Mon équipement

Détecteurs de chaleurs : un outil évalue le gain économique 

Étape 3 Gain économique

Détecteurs de chaleurs : un outil évalue le gain économique 

Étape 4 Bilan économique

Détecteurs de chaleurs : un outil évalue le gain économique 

Les plus lus

<em class="placeholder">Gisèle Fouvet et ses fils </em>
« Nous avons quitté Biolait à cause de leur prix du lait, et avons pu trouver une nouvelle laiterie en bio »

Le Gaec des Fayes, en Ardèche, a quitté Biolait dans la précipitation. Les éleveurs ont pu être repris par la laiterie…

<em class="placeholder">Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, sur son escalier fait maison</em>
Astuce d'éleveur : Une passerelle surélevée pour incorporer de l’eau dans la mélangeuse

Gilles Bonnet, éleveur dans le Tarn, a bricolé un escalier et sa plateforme avec une arrivée d’eau pour pouvoir apporter, en…

Collecte du lait (à la ferme)
Prix du lait : « Ce n’est pas à la France de faire l’effort de réduire sa production de lait »

Face à un prix du lait qui décroche du fait d’une hausse de la production mondiale, au salon de l'Agriculture 2026, la FNPL…

<em class="placeholder">Alexandre Caillon. &quot;J&#039;ai réduit la pénibilité et mieux lissé la charge de travail avec les robots.&quot;</em>
« J’ai modernisé mon bâtiment et réduit ma production laitière pour gérer seul ma ferme », en Loire-Atlantique

Alexandre Caillon a rapidement intégré la traite robotisée pour augmenter sa moyenne à 36 kg par vache et mieux lisser sa…

<em class="placeholder">site de transformation laitière en France</em>
Prix du lait : les industriels laitiers français manquent-ils de compétitivité ?

Durant un an et demi, le prix français a été largement distancé par nos voisins d’Europe du Nord. La compétitivité des…

<em class="placeholder">Bastien Charré à droite avec les deux salariés du Gaec, Baptiste (nom ?) et Charline Bonnevin</em>
« Avec mes salariés agricoles, nous cultivons une relation gagnant-gagnant », en Charente-Maritime

Le Gaec Le Grand Pré en Charente Maritime a basculé d’une ferme familiale à un fonctionnement patron-salariés : Bastien…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière