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ALIMENTS CONCENTRÉS
Des solutions de stockage pour tous les goûts

Silos en toile, en tôle, polyester, intérieurs, extérieurs, à plat… les possibilités pour le stockage des concentrés sont variées. À chacun de choisir la mieux adaptée à sa situation.

Les silos doivent être facilement accessibles pour la livraison
Les silos doivent être facilement accessibles pour la livraison
© C. Gérard

«Sauf lorsqu’il y a un DAC, le stockage des aliments concentrés est rarement évoqué dans le cadre d’un projet bâtiment. Pourtant, il mérite réflexion », estime Sébastien Guiocheau, conseiller bâtiment à la chambre d’agriculture du Finistère. C’est en effet un choix fait pour plusieurs années avec des répercussions sur le travail quotidien. La solution retenue va notamment dépendre du type et de la quantité d’aliment( s) à stocker, du mode de reprise et de distribution (manuel ou mécanique), de la place disponible à l’intérieur ou l’extérieur et de l’existant éventuel en matière de stockage sur l’exploitation.

Des big bags pour de petites quantités

Proposés par de nombreux fournisseurs, les big bags sont généralement constitués d’une toile polypropylène disponible dans des grammages variables en fonction de la densité des aliments. Ils permettent un stockage peu coûteux au plus près du lieu d’utilisation. Leur manipulation demande des précautions. Une rupture accidentelle de la poche ne peut être exclue, surtout s’il s’agit de big bags recyclés. Mieux vaut s’équiper de big bags réutisables, avec système d’ouverture par le fond et dédiés au stockage de concentré. Pour les fabricants d’aliments, ces big bags posent cependant un réel problème de sécurité lorsque l’éleveur veut être livré en vrac. « Leur manutention à la fourche du tracteur ou du télescopique à proximité de la vis du camion d’aliment est dangereuse, souligne ainsi Laurent Morin, délégué de l’Afab Ouest. Des accidents ont eu lieu. » Les fabricants d’aliments de l’Ouest ont d’ailleurs décidé d’arrêter les livraisons d’aliment vrac en big bags d’ici la fin de l’année 2010. Le problème ne se pose pas si le big bag est maintenu sur une structure tubulaire. Plusieurs fabricants proposent ce type d’équipement pour des stockages jusqu’à deux tonnes. Mais il n’est pas sûr qu’en termes de coût, cela soit plus intéressant qu’un petit silo.

Des silos souples pour des quantités plus importantes

Souvent utilisés par les éleveurs qui fabriquent leurs aliments à la ferme, les silos souples, aussi appelés silos toile ou silos bags, reprennent le même principe mais avec des capacités de stockage plus importantes, jusqu’à 30 m3 (soit 17 tonnes de stockage avec un aliment à 600 kg/m3) chez certains fabricants. L’un des avantages du silo toile est qu’il permet d’intervenir plus facilement pour faciliter l’écoulement du produit qu’avec un silo en dur. Il est également souvent moins coûteux mais ne peut être placé qu’à l’intérieur. Il faut donc qu’il soit facilement accessible pour le remplissage (par vis ou pneumatique selon les cas). Ces silos toile, exposés aux risques de dégradation par les rongeurs, ont tendance à moins bien vieillir qu’un silo en dur. « En l’absence d’accroc accidentel au niveau de la toile, ils peuvent sans problème durer 10- 15 ans, voire plus », estiment leurs fournisseurs. Si la toile ne vous convainc pas, un certain nombre de fabricants proposent des silos intérieurs en tôle de forme ronde, carrée ou rectangulaire pour s’adapter à la configuration et à la place disponible.

Des silos polyester pour l’extérieur

En extérieur, la solution la plus fréquente est celle du silo polyester sur châssis galvanisé, à trois ou quatre pieds selon la capacité du silo. Ces silos sont proposés par de nombreux fournisseurs à des prix assez variables. Ils se distinguent par le fait qu’ils sont monocoques ou avec un plan de joint horizontal. Les monocoques ont l’avantage de ne présenter aucun risque d’infiltration. Dans tous les cas, ces silos doivent disposer de quelques équipements indispensables pour assurer la sécurité: dispositif d’ouverture du capot manoeuvrable depuis le sol, échelle à la norme française en bon état, fixée au silo et pourvue d’une crinoline à partir de 2m de haut et d’une partie basse amovible à relever après la livraison. Les silos polyester sont disponibles dans de nombreuses capacités (de 2,5 ou 3m3 à 30 m3, voire plus si besoin) et différentes versions, notamment avec un cône droit ou déporté. Le cône déporté permet, par exemple, de venir placer facilement dessous un godet désileur ou, si le silo est placé à côté de la stabulation d’avoir la trappe d’arrivée de l’aliment directement dans le couloir d’alimentation. Il est également possible d’installer sur le cône du silo une vis de reprise pour verser l’aliment directement dans la désileuse. Certains fabricants proposent des systèmes de temporisation sur les vis permettant de maîtriser la quantité d’aliment distribuée et/ou une télécommande. Ces silos polyester peuvent être cloisonnés, généralement 2/3-1/3 ou 50-50, de façon à stocker deux aliments. Le prix au mètre cube tend à diminuer quand la capacité augmente. « Pour la qualité de l’aliment, mieux vaut cependant que la durée de stockage n’excède pas deux mois et demi à trois mois, soulignent les fabricants d’aliment. Le silo doit être complètement vidé, nettoyé et désinfecté au moins une fois par an. Et si l’éleveur peut le faire deux fois par an, c’est mieux. »

Des silos tôles un peu moins chers

Une variante du silo polyester est le silo tôle. Son principal avantage est son coût moins élevé (d’environ 30 %) avec une qualité de conservation identique. Il nécessite en revanche un peu plus d’entretien, notamment la réfection de la peinture. Il est utile qu’il soit équipé d’un hublot permettant de visualiser la quantité d’aliment présent comme le permettent les bandes de vision ou les cônes translucides des silos polyester. Avec une complémentation au DAC, la (les) cellule(s) de stockage peuvent être placée(s) directement au-dessus des stalles ou à distance, avec une liaison par vis (souple ou rigide). La première solution qui permet d’alimenter les stations par gravité est moins coûteuse. Mais il faut que ces cellules soient facilement accessibles pour le remplissage, ce qui peut se faire, par exemple, grâce à une trappe de toit manoeuvrable du sol pour l’entrée de la vis du camion d’aliment. Cette solution du stockage des aliments au-dessus des stalles de DAC est aussi utilisée avec un DAC extérieur.3Du stockage à plat adapté à certaines situations Le stockage à plat est une solution assez coûteuse quand on construit un bâtiment spécifique (120 à 140 ?/m2, voire plus dans certains cas) mais qui peut être intéressante, notamment pour les produits à faible densité et/ou parce qu’il est bien adapté au mode de reprise, avec un godet ou à l’automotrice par exemple. L’utilisation d’un hangar ou grenier existant permet de réduire le coût. Les limites éventuelles sont liées aux manutentions qui peuvent être nécessaires pour mettre en stock et/ou reprendre l’aliment en fonction de l’accessibilité.

Attention au lieu d'implantation

L’implantation doit être bien réfléchie de façon à que l’aliment soit facilement accessible aux camions de livraison, qu’il n’y ait pas croisement des circuits « propres » et des circuits « sales », et que le circuit de distribution de la ration soit optimisé. Il faut également être attentif à ce qu’il n’y ait pas de lignes électriques dans un rayon de 15 mètres autour du silo pour éviter tout risque d’électrocution lors du déploiement de la vis du camion d’aliment à la livraison.

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