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Des signaux positifs mais des incertitudes sur la fin de l’année

Le redressement des marchés et du prix du lait sont gênés par les stocks de poudres européens. La reprise de la demande donne de l’espoir.

C’est toujours le grand écart entre la pénurie de beurre au niveau mondial et son prix exorbitant d’un côté, et les excédents de poudre de lait écrémé et son prix encore faible de l’autre côté. "On ne voit pas comment ça va changer", a constaté Gérard You, du service économie de l’Institut de l’élevage, lors de la journée mondiale du lait organisée par l’Institut de l’élevage en juin. Les stocks de l’Union européenne (352 000 t à l’intervention et 54 000 t de stocks privés en avril 2017) plombent le marché. La Commission européenne n’envisage pas de programme d’écoulement spécifique pour ces montagnes de poudres. Elle table sur une reprise du marché pour les vendre progressivement. "D’après nos estimations, les fabrications baisseront, les exportations progresseront, de nouvelles utilisations domestiques pour des poudres enrichies consommeront de la poudre maigre, et donc les stocks d’intervention et privés pourront baisser, mais peu en 2017 (estimation à - 77 000 t). Sauf si, tiré par la demande, la cotation augmente davantage", a détaillé Sophie Hélaine, de la DG agriculture de la Commission européenne.

Du coup, avec une production laitière dans les grands bassins exportateurs attendue en hausse sur le second semestre, la hausse du prix du lait dans l’Union européenne pourrait être limitée… "Le prix du lait moyen mondial est actuellement légèrement supérieur au prix moyen européen", a fait remarquer Sophie Hélaine. "Les incertitudes internationales (conflits au Proche et Moyen-Orient, Brexit) gênent les pronostics", a ajouté Gérard You. Sans compter le risque climatique qui peut déstabiliser la reprise de la production en Europe et en Nouvelle-Zélande, et chahuter la dynamique de la production des États-Unis.

La demande européenne attendue à + 1 million de tonnes

Les industriels européens ne cherchent visiblement pas à suivre la demande de beurre, à cause du contexte poudre. "Les statistiques du premier trimestre montrent une baisse des fabrications de beurre (- 5 %) et de poudre maigre (- 12 %), pour fabriquer davantage de fromages et de crème. Nous prévoyons une hausse de près de 2 % des volumes de fromages", estime Sophie Hélaine. La Commission européenne donne une note positive : "nous prévoyons une nouvelle hausse des exportations européennes en 2017, après la reprise de 2016, sauf pour le beurre." Autre note positive : "contrairement à ce qu’on entend souvent, la consommation européenne croît. En 2016, elle enregistre +1,5 million de tonnes en équivalent lait, principalement du fromage, des poudres grasses, du beurre et des yaourts. En 2017, nous nous attendons à + 1 million de tonnes."

L’Institut de l’élevage fait valoir que l’évolution de la consommation mondiale est un signal positif. "En 2016, la demande mondiale est devenue légèrement supérieure à l’offre (écart de 1,8 million de tonnes). Grâce à une production mondiale contenue (+ 9 millions de tonnes) et une reprise des importations de nombreux pays déficitaires." Seuls les échanges de poudre de lait grasse et maigre avaient reculé.

Très faible hausse de la collecte européenne

Sur l’année 2017, la Commission européenne prévoit une collecte laitière européenne en très légère hausse à + 0,6 %. La collecte est prévue en baisse en Allemagne (- 0,5 %) et en légère hausse en France (+ 0,4 %). L’Irlande devrait poursuivre sur sa bonne dynamique de début d’année (+ 6 %). La Pologne a retrouvé sa croissance et devrait conclure l’année à + 3 %. L’Italie et l’Espagne créent la surprise avec des collectes en hausse. La Commission prévoit + 2 % pour l’Italie et + 1 % pour l’Espagne. "Les Pays-Bas feront peut-être mentir la prévision de - 5 % d’évolution de leur collecte", ajoute Sophie Hélaine, de la DG agriculture de la Commission européenne.

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