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Des montants d’investissements de plus en plus élevés

« Le ticket moyen d’installation en lait est depuis deux-trois ans très supérieur à celui du porc ; c’était complètement l’inverse il y a 5-6 ans », a souligné Éric Le Dû, du Crédit agricole des Côtes-d’Armor, lors de l’AG du BTPL le 14 décembre dernier. En Bretagne en 2015, la moyenne est supérieure à 500 000 € par dossier d’installation en lait : le montant a progressé en trois ans de 170 000 €. Hors installation, les dossiers d’investissement sont également de plus en plus gros : « en projet robotisation, depuis deux ans le dossier moyen tourne autour de 500 000 €. Sur le département des Côtes-d’Armor, le montant moyen des annuités par exploitation laitière est passé de 255 000 € en 2009 à 362 000 € en 2015 ».

Sur quoi le Crédit agricole base-t-il les décisions d’octroi de prêts supplémentaires ? « Sur la cohérence entre l’EBE prévisionnel et son utilisation. Et sur la capacité de résistance avec des scénarios de sécurisation face à deux années de crise, et un minimum de fonds propres de 15 à 20 %. » Les études de financement prennent actuellement en compte un prix de base du lait entre 275 et 310 €/1 000 litres.

Un suivi au moins trimestriel du prix d’équilibre

Éric Le Dû plaide pour un accompagnement de l’évolution du projet avec un suivi au moins trimestriel du prix d’équilibre. « L’éleveur et la banque ont besoin de parler le même langage. Il manque un relais terrain standardisé comme il en existe en production porcine avec les GTE truies pilotés par les groupements de producteurs de porcs. »

Un bilan comptable annuel (ou à 18 mois) n’est plus suffisant pour appréhender un dossier de financement en production laitière. Et de conclure : « les éleveurs laitiers sont très au fait de leurs performances techniques mais le sont moins sur l’économie. La très grande majorité d’entre eux ne connaissent pas leur prix d’équilibre. Ils sont conscients de leur besoin d’évolution mais ne trouvent pas la réponse dans l’encadrement qu’on leur propose actuellement ».

À noter que le Crédit agricole propose depuis 2007 des "prêts à piloter". Le souscripteur peut décider, en fonction de la conjoncture, de diminuer pendant un an jusqu’à 30 % du montant de l’annuité ou au contraire de rembourser davantage. Il peut aussi geler le remboursement du prêt pendant 12 mois. L’activation des options de modulation est gratuite. En 2016, la part des "prêts à piloter" dans les nouveaux investissements des agriculteurs financés par le Crédit agricole (hors crédit machinisme Agilor) a dépassé 90 %.

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