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Dairyman
Des leviers pour réduire les impacts environnementaux

Dairyman est un programme européen qui vise à dégager des recommandations pour améliorer le profil environnemental des exploitations, tout en améliorant leur performance économique.

« LA PART DES PRAIRIES, LA CONSOMMATION DE CONCENTRÉS
et d’engrais minéraux, le taux de renouvellement… ont
des incidences sur le bilan azoté et l’empreinte carbone
des élevages », exposent les chercheurs du programme
Dairyman.
« LA PART DES PRAIRIES, LA CONSOMMATION DE CONCENTRÉS
et d’engrais minéraux, le taux de renouvellement… ont
des incidences sur le bilan azoté et l’empreinte carbone
des élevages », exposent les chercheurs du programme
Dairyman.
© S. Roupnel

L’empreinte carbone nette du lait français est en moyenne de 1000 kg eq CO2/1000 litres. Il existe de gros écarts entre exploitations : de 400 à 1700 kg eq CO2/1000 litres. Avec une variabilité importante au sein d’un même système. Mais des différences existent entre systèmes, avec un avantage aux systèmes herbagers. C’est un des enseignements du programme Dairyman, qui regroupe sept pays(1), pour un travail sur plusieurs années.

Un des objectifs de Dairyman est de dégager des leviers pour réduire les impacts environnementaux des élevages laitiers, tout en améliorant leur performance économique. Mais aussi de faire valoir les contributions positives de l’élevage bovin lait : stockage de carbone, biodiversité… « Si personne n’en tient compte, il y a un risque de retournement des prairies, et donc de déstockage important de carbone », souligne Jean-Baptiste Dollé, de l’Institut de l’élevage.

L’intérêt de la démarche est qu’elle se base sur plusieurs critères (CO2, N2O, méthane, ammoniac, nitrates, phosphates). « L’approche multicritères permet d’éviter des transferts de pollution. »

Travaux en cours sur les émissions de GES

On sait que l’ajout de lipide dans la ration a un effet positif sur les émissions de méthane entérique, mais « des travaux sont en cours pour savoir quelle est la durabilité des effets dans le temps et en fonction de la ration », expliquent les chercheurs du réseau Dairyman. « Les solutions de type biotechnologies (bactéries, levures…) et additifs (extraits de plantes, tanins…) ne sont pas encore éprouvées. » Des travaux sont en cours avec l’Inra pour déterminer les différences entre fourrages (maïs, herbe…).

Enfin, réduire la part d’animaux improductifs, en optimisant le taux de renouvellement, est un levier à préciser dans le cadre d’une vision globale lait/viande.

« On a souvent entendu dire que la hausse de la productivité par vachepermettait une baisse des émissions de méthane entérique. C’est vrai, confirme Jean-Baptiste Dollé. Mais pour l’ensemble des gaz à effet de serre, ça ne l’est plus. D’autres émissions ou d’autres impacts environnementaux s’accroissent. »

Les chercheurs du réseau Dairyman ont passé en revue quelques leviers connus, comme ajuster les apports de concentrés, opter pour des sources protéiques européennes, optimiser le temps de pâturage… La couverture des fosses à lisier a un impact fort sur les émissions d’ammoniac. « La croûte naturelle qui se forme dans les fosses à lisier est déjà une couverture assez efficace », ajoute Jean-Baptiste Dollé.

Les élevages « verts » sont également bons économiquement

La méthanisation a un effet sur les émissions de méthane liées au stockage des déjections et permet d’éviter des émissions de CO2, grâce à la réduction des consommations d’énergie fossile permise par la production d’énergie renouvelable. Mais ce levier nécessite un lourd investissement.

Dairyman s’est penché sur les résultats « environnementaux » et économiques d’un réseau d’élevage. En France, 326 exploitations « lait spécialisé » ont été étudiées. Il apparaît que les élevages qui ont un faible impact environnemental dégagent de meilleurs revenus disponibles de l’atelier bovin laitier que des élevages à plus fort impact. « C’est très motivant pour travailler sur la réduction des impacts sur l’environnement, concluent les intervenants. Car on ne pourra promouvoir des leviers que s’ils apportent quelque chose économiquement. »

Selon les chercheurs, « il y a de nombreuses perspectives pour un lait d’élevage bovin à 700 – 800 kg eq CO2/1 000 l, ce qui reviendrait à réduire l’impact de 20 à 30 % ». p Costie Pruilh


(1) Pays-Bas, Irlande du Nord, Luxembourg, Allemagne, Belgique, France (Institut de l’élevage, Chambre d’agriculture de Bretagne, Pays de la Loire, Nord-Pas de Calais, la ferme de Trévarez, de Derval, 29 fermes pilotes), Irlande

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