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Étude de l´Institut de l´élevage
Des grands troupeaux laitiers conduits « à la française »

Les grandes exploitations laitières françaises sont très différentes de celles du Nord de l´Europe. La productivité du travail, supérieure à la moyenne française, y reste très inférieure.


A quoi ressemblent les grandes exploitations laitières françaises ? Ce sont très souvent de grandes structures sociétaires - surtout des Gaec - diversifiées, et avec une main-d´oeuvre abondante. Les modes de fonctionnement individuels restent très minoritaires contrairement à ce que l´on peut observer dans les pays du Nord de l´Europe à gros quotas laitiers (Pays-Bas, Royaume-Uni, Danemark).
Si le système de ces exploitations est plutôt intensif, la conduite technique ne les distingue pas de façon marquée des autres exploitations. Ces grandes structures n´ont pas non plus une meilleure efficacité économique : on n´observe pas d´économies d´échelle (hors main-d´oeuvre). Par contre, la fréquence des bas revenus y est plus faible et celle des hauts revenus plus forte. Elles rémunèrent leur main-d´oeuvre familiale à des niveaux bien supérieurs à la moyenne grâce à une meilleure productivité de leur main-d´oeuvre (davantage de lait produit par UTA).

Associations non familiales en hausse
Telle est la conclusion d´une étude de l´Institut de l´élevage, présentée aux journées 3R en décembre dernier.
Cet état des lieux des grandes exploitations laitières françaises s´est appuyé sur les statistiques de bases de données (Onilait, Scees, Rica pour les performances économiques). Ont été considérées comme grandes exploitations celles détenant plus de 420 000 litres de lait ou plus de 80 vaches laitières. On en dénombre 7 500, soit près de 7 % des exploitations laitières françaises. Par ailleurs, une enquête a été réalisée sur la moitié des élevages adhérant au contrôle laitier ayant 110 à 150 vaches sur trois années successives (2001, 2002, 2003), soit 94 élevages.
Au niveau main-d´oeuvre, près de 60 % des exploitations à plus de 80 vaches sont conduites par trois associés ou plus, et seulement 11 % ont un seul chef d´exploitation. « On constate un phénomène nouveau : le développement des associations non familiales », a souligné Emmanuel Béguin de l´Institut de l´élevage. Celles-ci représentent un quart des grandes exploitations ; et surtout leur fréquence a progressé de 36 % entre 2000 et 2003.

Une tendance à l´intensification
Regardons d´un peu plus près les 94 exploitations ayant fait l´objet d´une enquête. Elles produisent en moyenne 826 000 litres de lait avec 124 vaches sur 279 hectares. Le niveau d´étable se situe, toutes races confondues, à 7760 kg.
Ces grandes exploitations emploient 4,4 UTA ; les salariés sont présents dans presque la moitié des exploitations et pèsent pour 15 % des UTA. La productivité du travail calculée sur le rapport du lait livré au nombre d´UTA total est de 188 000 litres en moyenne contre 132 000 litres pour l´ensemble des exploitations laitières. « Elle reste très inférieure à celle des exploitations laitières du Nord de l´Europe (300 à 400 tonnes de quotas par UTA). » L´ensilage de maïs est le fourrage de base dans la plupart des exploitations, quelle que soit la saison. Il représente en moyenne 50 % de la matière sèche fourragère sur l´année. A l´inverse, le pâturage se fait plus rare : l´herbe pâturée représente en moyenne 20 % de la matière sèche fourragère. « Mais si l´augmentation de la taille des troupeaux se traduit par une tendance à l´intensification de la conduite des animaux, il existe une diversité de conduite alimentaire. »

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