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Des essais encourageants pour la betterave bio en mini-mottes

Le désherbage des betteraves semées est quasiment ingérable en bio. Pour contourner le problème, des adhérents d’Agrobio 35 ont planté des betteraves au stade 3 à 4 feuilles.

Le rendement moyen pour les parcelles avec un ou deux passages en plein (herse étrille et/ou houe rotative) et un binage a atteint 17 tonnes de MS.
© M. Chanel/Agrobio 35

La mini-motte est-elle une technique de désherbage de la betterave efficace et envisageable ? Pour répondre à cette question, une douzaine de producteurs laitiers bio d’Ille-et-Vilaine se sont appuyés sur l’expérience des maraîchers pour tenter l’aventure en 2017. Les betteraves fourragères ont été fournies dans des alvéoles au stade 3 à 4 feuilles par une entreprise spécialisée (société Thomas). Malgré des conditions de culture loin d’être idéales, les résultats de ce premier essai sont encourageants. Le rendement moyen pour les parcelles avec un ou deux passages en plein (herse étrille et/ou houe rotative) et un binage a atteint 17 tonnes de MS (avec un taux de MS estimé de 14 %). Ce rendement n’a cependant pas été obtenu dans toutes les parcelles. Les contraintes météo et l’arrivée tardive de la planteuse six rangs (achetée d’occasion 8 500 euros par la Cuma bio) ont perturbé le déroulement de l’implantation des 20 ha. Une fois livrés, les plants doivent être implantés le plus rapidement possible. « Le sol doit être travaillé (labour puis deux passages de herse rotative) si possible dans l’heure qui précède l’implantation pour conserver suffisamment de fraîcheur en surface. Les 10 premiers centimètres de terre doivent être très fins et rappuyés », prévient David Roy, le conseiller d’Agrobio 35 en charge du suivi des essais.

Compte tenu de ces contraintes et des distances entre exploitations, les éleveurs ont tablé sur un débit de plantation de 10 ha par semaine (2,5 ha/j) pour ne pas être débordés.

Un tracteur équipé d’un système d’autoguidage

L’emploi d’un tracteur équipé d’un système d’autoguidage est également un gage de réussite. L’implantation de mini-mottes est par ailleurs très gourmande en main-d’œuvre. Il faut six personnes sur la planteuse, une sur le tracteur et une à deux autres pour fournir les plaques d’alvéoles au fur et à mesure des besoins.

Le désherbage mécanique est la deuxième phase critique. Les deux passages de herse étrille ou de houe rotative suivis d’un passage de bineuse ont fait quelques dégâts sur la culture. « Les plants doivent être très bien ancrés dans le sol pour éviter d’être arrachés lors du désherbage. Suite à des soucis d’arrachages de mini-mottes avec un désherbage réalisé sept jours après l’implantation, nous avons choisi d’intervenir sur certaines parcelles 15 jours après l’implantation. Mais la qualité du désherbage a été moins bonne. En travaillant avec plus de rigueur sur la qualité de la plantation nous pourrons intervenir plus rapidement pour le désherbage mécanique », témoignent les éleveurs.

Un coût de 1 881 euros/ha hors main-d’œuvre

Le coût est également un frein potentiel au développement de cette technique. Il s’est élevé à 1 881 euros/ha, hors main-d’œuvre, dont 1 000 euros/ha pour les plants. Les semences sont fournies par les éleveurs. « Ce coût important doit être compensé par de bons rendements », reconnaît David Roy.

Le bilan de ce premier essai est jugé satisfaisant par les producteurs. Ces derniers envisagent cependant des pistes d’amélioration notamment au niveau des densités de semis (50 000 à 60 000 plants/ha plutôt que 40 000 plants/ha) et de l’organisation des chantiers. « L’objectif sera de réaliser deux passages de herse ou de houe rotative 7 et 15 jours après l’implantation, suivi d’un ou deux binages avec buttage. » D’autres variétés que Merveille seront certainement testées. Les éleveurs envisagent également d’investir dans une planteuse six rangs neuve.

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