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Alimentation des génisses
Des déséquilibres minéraux pénalisent la croissance squelettique, la fertilité...


« Quand il y a une carence en minéraux, on s´en aperçoit trop tard. On a déjà pénalisé la croissance squelettique. », prévient Philippe Brunschwig, de l´Institut de l´élevage. Pour François Meschy, spécialiste à l´Inra des recherches portant sur les minéraux, il y a deux points clés à ne pas perdre de vue. D´une part, « le stock osseux en phosphore et calcium au premier vêlage doit être suffisant pour pallier l´importance des exportations de ces éléments dans le lait. » A partir d´un niveau de production « de 6 000 à 7 000 kg de lait, la ration n´apporte plus suffisamment de calcium pour couvrir les exportations ». Si le stock osseux est insuffisant, cela peut provoquer des maladies métaboliques ou « fragiliser le squelette de l´animal par fonte osseuse après plusieurs lactations ».
Sept fois plus de calcium
D´autre part, le zinc et surtout le manganèse sont deux oligo-éléments indispensables à la fertilité. « Des études américaines ont montré qu´un apport insuffisant en minéraux et en particulier en manganèse autour de la puberté hypothèque les performances de reproduction des vaches adultes », souligne François Meschy.
Les besoins en minéraux varient avec l´âge et le stade physiologique de l´animal. Pour les couvrir, la complémentation sera fonction des apports de la ration de base. Et ces derniers sont très variables. Par exemple, la luzerne contient sept fois plus de calcium (15 g/kg de MS) que l´ensilage de maïs (2 g/kg de MS). « Pour le zinc et le manganèse, le taux de couverture n´est généralement que de l´ordre de 30 % et 80 % respectivement ». Plus il y a de concentrés dans la ration, plus on apporte de phosphore, « mais il n´y a que très peu de calcium ».
Les autres minéraux (magnésium.) et oligo-éléments doivent également être distribués en quantités suffisantes et régulièrement. « Les cures ne doivent pas se substituer à un apport régulier, si possible quotidien. »


Consommation hétérogène
De son côté Philippe Brunschwig « attend des résultats d´essais qui montreraient l´intérêt des bolus de minéraux, car c´est coûteux ».
En hiver, les apports sous forme de granulés ou semoulette conviennent. « Au pâturage, c´est plus compliqué », reconnaît Philippe Brunschwig, qui préconise l´utilisation d´oligoblocs ou de seaux à lécher mais avec une limite : « la consommation du minéral peut-être hétérogène ».
Pour optimiser les apports, l´Inra a réactualisé en 2007 les valeurs en minéraux de tous les aliments répertoriés dans son livre « Alimentation des bovins, ovins et caprins ». Par ailleurs, « le groupe Génisses » inter-régional (Bretagne, Pays-de la Loire, Normandie) « va proposer au premier trimestre 2008 une plaquette sur l´alimentation minérale des génisses », annonce Romain Guibert, technicien à la chambre d´agriculture de Mayenne en charge de coordonner le projet.


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