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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Décrypter la flore des prairies

Observer la prairie, décoder sa végétation, peut renseigner sur la nature et le fonctionnement du sol, parfois sur ses dysfonctionnements et aussi sur la climatologie et les pratiques de l’éleveur.

Bruno Osson du Gnis.
Bruno Osson du Gnis.
© F. d'Alteroche

« Pour être indicatrices d’une situation, les plantes doivent être présentes en abondance, souligne d’emblée Bruno Osson, du Gnis. Une plante peut être présente sans participer grandement à la biomasse. Il est important de repérer la présence des espèces, mais aussi leur abondance et leur intérêt fourrager. » La présence spontanée d’une espèce n’est pas le fruit du hasard. Elle dépend de quatre facteurs.


1 - Le type de sol par rapport à l’eau


Le sol peut être humide ou sain en hiver, séchant ou frais en été. Les plantes qui, dans ces conditions, rencontrent un facteur limitant leur développement disparaissent alors. Une plante comme le dactyle, par exemple, est sensible aux excès d’eau et ne supporte pas les sols hydromorphes.

 

2 - Le niveau de fertilité et de fertilisation


Bien pourvu et amendé, le sol est favorable aux espèces nobles comme le ray-grass anglais, le dactyle, les fétuques. Le rumex et le chardon aiment aussi les sols riches. Un sol potentiellement riche mais limitant en azote est favorable aux légumineuses (trèfles, lotier, vesce…). Lorsqu’au contraire, l’agriculteur apporte de l’azote mais que les bases P et K sont faibles, les espèces nitrophiles telles que la houlque laineuse, l’ortie, le mouron tirent leur épingle du jeu. Enfin, la flouve odorante, le fromental, la crételle apprécient les sols pauvres.

 

3 - La profondeur de fertilité


C’est un facteur moins connu mais dont l’influence est loin d’être négligeable. En prairie non labourée, la fertilité peut se concentrer en surface, favorisant alors les espèces dont les racines sont superficielles et donc plus sensibles à la sécheresse ou à l’arrachement. Ce sont les pâturins communs ou encore la houlque. Sur ce point, le vers de terre est un véritable auxiliaire, qui brasse les différents horizons du sol (10 % du volume en un an). Le hersage de surface est une pratique qui favorise les vers de terre.

4 - Le mode d’exploitation


Il influence aussi la présence d’espèces. Le pâturage est favorable au ray-grass anglais, au trèfle blanc, aux pâturins alors que le chiendent et le dactyle se plaisent davantage dans des prairies de fauche. La date de fauche, la nature de la récolte (foin, ensilage…) influence également la flore de la prairie en permettant ou non aux espèces de se reproduire.

Huit causes de dégradation des prairies

 

« Attention, met en garde Bruno Osson, certaines conditions peuvent dégrader la prairie et modifier sa flore. Le surpâturage et la fauche trop rase sont des causes courantes de dégradation. Elles favorisent des espèces comme le pissenlit et la pâquerette.
À l’inverse, le sous-pâturage, lors d’un pâturage trop haut par exemple ou de la constitution de stock sur pied, est favorable à des espèces comme la houlque laineuse. »
Le piétinement dans de mauvaises conditions est propice au développement de la renoncule. Parmi les autres causes de dégradations, citons l’absence de déprimage favorable au tallage, l’implantation d’une flore mal adaptée à l’objectif d’exploitation (par exemple, une espèce de pâturage qui va être fauchée), les accidents climatiques naturels (gel intense, sécheresse et inondation exceptionnelles…), la présence de prédateurs (taupes, sangliers, rongeurs…) et enfin certaines négligences de l’éleveur (rouler sur l’herbe gelée, épandre du fumier mal émietté, laisser les balles sur la prairie…).

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