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Baisse du prix aux producteurs
Décrochages en série pour le prix du lait

Après Terra Lacta, Coralis,… Sodiaal et Lactalis, les deux plus gros intervenants dans le lait de consommation, annoncent à leur tour une baisse du prix du lait, par rapport au prix qui ressort de l’utilisation des indicateurs Cniel.

La crainte d'arrêts de producteurs confrontés à de fortes hausses des coûts alimentaires est bien là.
La crainte d'arrêts de producteurs confrontés à de fortes hausses des coûts alimentaires est bien là.
© F. Mechekour

C’est le grand paradoxe de ces derniers mois. Alors que les prix des produits industriels remontent, des entreprises baissent, les unes après les autres, le prix payé aux producteurs de lait, arguant de la crise sur le marché du lait de consommation.

Coralis, en Ille-et-Vilaine, paye 280 euros pour 1000 litres le prix de base depuis le mois de juin. Terra Lacta, en Charentes-Poitou, après avoir annoncé 300 euros en juillet, décrochera encore plus en octobre (prix plafonné à 290 euros) et sur la fin de l'année (plafonné à 280 euros).

En Septembre, Sodiaal annonçait que le prix du lait A décrocherait de 5 euros/1000 l à partir de septembre. « Pour amener le compte de résultat à l’équilibre, la coopérative a actionné le levier prix du lait en dernier. Nous avons d’abord tenté d’équilibrer les comptes avec un plan d’action commercial. Nous sommes allés chercher des hausses de tarifs à la grande distribution, et un premier train de hausse est passé ; mais ce n’a pas été suffisant. Nous avons aussi actionné le levier économies de charges et report d’investissement », plaide Philippe Charlotin, administrateur Sodiaal.

Dans la foulée, Lactalis indiquait qu’elle baisserait le prix du lait de 5 E/1000 l. La clause de sauvegarde des contrats a été actionné. Il faut rappeler qu’auparavant, Lactalis est passée de la tranche 3 de flexibilité additionnelle à la tranche 5 en moins d'un an. « Sodiaal s’arroge un avantage concurrentiel de 5 euros sur le volume A et de 15 euros sur le volume B, c’est-à-dire une incidence réelle de 6,70 euros/1000 l sur le 4e trimestre 2012 », souligne Lactalis dans la lettre aux présidents de groupement.

Combien de temps dureront ces décrochages ? C’est toute la question… Et la crainte d’un effet domino contaminant les autres produits laitiers est bien là.

Saisie du médiateur

Le syndicalisme ne comptent pas attendre les bras croisés l’issue de ce début d’effet domino. La FNPL a décidé de saisir le médiateur des négociations commerciales « afin de faire toute la lumière sur la mise en œuvre de cette clause de sauvegarde ». Le syndicat, qui ironise « l’entreprise Lactalis aurait-ellle des problèmes de fins de mois », estime « que Lactalis utilise la clause de sauvegarde de manière abusive ». « La mise en œuvre de la clause et la détermination de nouveaux éléments fixant le prix du lait ne peut se faire de manière unilatérale sans entrer en négociation avec les représentants des producteurs (…). »

La Confédération paysanne fustige aussi l’opportunisme de Lactalis pour modifier de façon unilatérale les contrats. Elle « dénonce l’attitude des entreprises de transformation qui fragilise encore plus la filière laitière française et décourage l’ensemble des producteurs ».

L’OPL réclame « une régulation européenne de la production de lait pour stopper le processus qui ruine et fait disparaître les éleveurs laitiers ».

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