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Coopératives laitières : agissons sur les causes de la volatilité

Coop de France métiers du lait poursuit les démarches auprès des pouvoirs publics européens pour demander la mise en place d’outils de prévention et de gestion des crises. 

Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du lait: "Nous travaillons pour présenter un front commun avec d'autres pays vis à vis des stocks".
© A.Conté

Il nous faut changer d’approche, en agissant sur les causes plutôt qu’en gérant les conséquences. Chacun doit avancer en ce sens», a plaidé Damien Lacombe, président de Coop de France métiers du lait, en clôturant la journée des coopératives laitières le 12 avril dernier. Au niveau des entreprises, il s’agit de prendre ses responsabilités en matière d'offre/demande. Au niveau de la filière, de travailler sur des outils de gestion des risques (ISR). Et au niveau européen, de mettre en place « des filets de sécurité". L’intervention a montré ses limites. "Nous poursuivons les démarches auprès des pouvoirs publics européens pour demander la mise en place d’outils de prévention et de gestion des crises, plus efficaces et plus réactifs". Le dispositif d’incitation à la réduction volontaire des volumes fin 2016 a eu un effet certain. "Mais il aurait été plus efficace s’il avait été mis en place plus tôt », rappelle-t-il.

Une position franco-allemande sur les stocks européens

À court terme, le problème majeur est d’écouler les 370 000 tonnes de stocks de poudre qui pèsent sur les marchés. La position de la Commission est de remettre ses stocks sur le marché au fil de l’eau. « Nous avons aujourd’hui une position commune avec les producteurs et les coopératives allemands. Nous demandons à la Commission de les utiliser pour l’alimentation animale et de prendre en charge le différentiel de prix entre le prix d’intérêt en alimentation animale et le prix de la poudre ». Jusqu’à présent, la Commission fait la sourde oreille. « Nous y travaillons fortement pour présenter un front commun avec d’autres pays européens. Nous demandons aussi deux niveaux d’indexation selon qu’il s’agit de poudre fraîche ou de poudre ancienne, pour que celle-ci ne vienne pas plomber les cours". 

Améliorer la communication auprès de nos adhérents

Autre sujet majeur abordé lors de cette journée: la valorisation du modèle coopératif auprès des adhérents. Une enquête a été réalisée pour évaluer leur perception sur leur relation à leur coopérative. Elle fait ressortir, après trois années difficiles, des résultats mi-figue mi-raisin (voir ci-contre). « Nous devons continuer nos efforts pour accompagner nos adhérents et les inciter à participer davantage aux réunions. Nous allons travailler sur des plans d’actions pour améliorer la pédagogie, la communication et la transparence », s’engage le président de Coop de France métiers du lait. Un système d’évaluation est en cours de test.  « Nous avons évidemment à créer toujours plus de valeur sur les marchés et mieux expliquer les mécanismes de partage des résultats ».

Les coopératives seront "offensives" au niveau du plan filière. Elles misent sur l’esprit de filière et la dynamique qui semblent en émerger. Les travaux en cours devraient permettre de mieux capitaliser sur les attentes des consommateurs, de mettre à disposition des entreprises des outils pour aller à l’international. Ou encore d’établir de meilleures relations avec la grande distribution qui doit, avant l’été, entrer dans l’interprofession.

Une enquête mitigée sur les relations adhérents/coopérative

D’après une enquête menée auprès de 301 adhérents en mars, deux tiers des coopérateurs sont attachés au système coopératif. Vis-à-vis de leur laiterie, 64% sont satisfaits du relationnel, contre 54% pour l’accompagnement technique. 45% des enquêtés disent participer régulièrement aux AG, et 55% qu’ils sont bien représentés par les administrateurs. À noter que tous ces pourcentages sont plus élevés pour ceux qui participent aux réunions (d’environ +10%). Concernant l’accompagnement pour aider l’installation, un enjeu majeur pour demain, 59% des moins de 45 ans se disent satisfaits. Quant aux points d’amélioration attendus (réponse libre), 43% citent la rémunération, 14% la meilleure valorisation des produits, 12% la meilleure explication/transparence sur la gestion de la coopérative.

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