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Lait : Actualité agricole et agroalimentaire de la filière lait dédiée aux agriculteurs, éleveurs de vaches laitières.

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Concilier environnement et économie en Europe du Nord-Ouest

Dans le cadre du programme Dairyman (2009-2013), les 128 fermes laitières de dix régions du nord-ouest de l’Europe ont livré leurs résultats sur le plan environnemental et économique.

© Infographie Réussir

«Environnement et économie sont conciliables. Parmi les élevages doublement performants, sur le plan environnemental et économique, on compte des « extensifs » et des « intensifs ». Des élevages bretons, wallons et des Pays de la Loire s’en sortent bien, avec une très faible balance azotée. Le niveau d’intrants (engrais minéraux et concentrés) est faible pour un système productif, ce qui donne une très bonne efficacité de l’azote, de plus de 40 %. Économiquement, du fait d’une bonne maîtrise de leurs charges, et malgré une productivité plus faible de la main-d’œuvre (attention, l’analyse économique ne tient compte que de l’atelier laitier), ces exploitations présentent des revenus dans la moyenne des 128 exploitations du réseau Dairyman », détaille Sylvain Foray, de l’Institut de l’élevage.
« Les systèmes très pâturants de l’Irlande ne ressortent pas bien en environnement, du fait d’un emploi trop important d’engrais minéraux insuffisament valorisés, et d’une prise en compte insuffisante du stockage du carbone par les prairies naturelles. Sans cela, ils ressortiraient aussi comme très performants sur les deux tableaux. Les systèmes herbagers avec de la fauche (des fermes des Pays-Bas et des Flandres belges) ont de bons résultats grâce à une forte productivité des facteurs de production (terres, main-d’œuvre) et grâce à l’exportation d’une partie de leurs effluents. Mais ces systèmes sont plus sensibles aux aléas économiques ; ils ont bien plus perdu en revenu lors de la crise de 2009 que les systèmes extensifs », résume Sylvain Foray, de l’Institut de l’élevage. Une partie des fermes belges, néerlandaises, des Pays de la Loire et du Nord-Pas de Calais sont bien notées en environnement mais pêchent par des charges de structure trop élevées.


Le recyclage des N, P et C est un enjeu économique et environnemental


Pour résumer, les leviers techniques permettant d’améliorer la double performance sont : l’amélioration de l’efficacité alimentaire, une meilleure valorisation des fourrages produits sur l’exploitation, une certaine autonomie alimentaire, l’optimisation du taux de renouvellement, l’amélioration de l’efficacité de la fertilisation, la réduction de la fertilisation minérale par une meilleure valorisation des effluents d’élevage, l’optimisation du temps de pâturage, des pratiques (travail du sol simplifié, contrôle du matériel) ou équipements pour économiser l’énergie…


Un programme pour repérer les systèmes doublement performants


Le programme Dairyman (2009-2013) a concerné 128 fermes réparties dans sept pays, soit dix régions. Il s’inscrit dans les objectifs de la filière laitière européenne, que sont la réduction des émissions d’ammoniac (-20 % par rapport au plafond de 2010), la réduction de l’empreinte carbone et énergie du lait, et l’amélioration de la qualité de l’eau (nitrates, phosphore). « Demain, l’azote (N), le phosphore (P) et l’énergie (C, le carbone) coûteront encore plus cher. L’amélioration du recyclage des éléments minéraux N, P, C, c’est-à-dire éviter les pertes par lessivage et par volatilisation, est donc aussi un enjeu économique », appuie André Le Gall, de l’Institut de l’élevage.
L’autre enjeu pour la filière laitière européenne est de faire valoir la contribution positive de l’élevage laitier à la biodiversité et aux paysages.

Une balance azotée fortement excédentaire

Une balance fortement excédentaire ne signifie pas forcément plus de nitrates dans l’eau. Tout dépend de la sensibilité du milieu. La Bretagne est la région qui maîtrise le mieux sa balance, contrainte par un milieu très filtrant.
La balance est le bilan entrée-sortie des équivalents azote. L’excédent peut se volatiliser (l’ammoniac en retombant dans le milieu engendre un risque d’eutrophisation et le protoxyde d’azote est un puissant gaz à effet de serre), ou être lessivé, et une partie est « immobilisée » dans le sol.

(1) en Belgique ; (2) en Allemagne.

 

Source : Dairyman

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