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Comment manager les grands troupeaux demain ?

La gestion de la reproduction a été un élément central dans le colloque international organisé par Clasel, qui a réuni plus de 500 éleveurs en juin dernier.

Si les éleveurs envisagent d’avoir un grand troupeau, il faut qu’ils en connaissent les répercussions et ils doivent être accompagnés dans cette réflexion.
Si les éleveurs envisagent d’avoir un grand troupeau, il faut qu’ils en connaissent les répercussions et ils doivent être accompagnés dans cette réflexion.
© E. Bignon

« L’objectif de ce colloque est de faire réfléchir les éleveurs sur les mutations en cours et non pas de dire qu’il faut absolument avoir un grand troupeau. En revanche, si les éleveurs envisagent d’avoir un grand troupeau, il faut qu’ils en connaissent les répercussions et nous devons les accompagner dans cette réflexion », a expliqué en préambule Laurent Taupin, le président de Clasel. Sur le plan technique, la gestion de la reproduction a été un thème très largement abordé.
« La reproduction a une très forte corrélation avec l’avenir de l’exploitation », a insisté Franck Gaudin, un nutritionniste qui intervient dans des grands troupeaux aux États-Unis. « Le taux de gestation (vaches gestantes/vaches fécondables) calculé tous les 21 jours doit être d’au moins 20 à 25 % sinon on perd de l’argent », a indiqué Dionigi de Grandis, nutritionniste italien. « Or, dans la Plaine du Po (Nord de l’Italie), ce taux est en moyenne de 12 % parce que les éleveurs se sont endormis sur leurs lauriers car le lait est bien payé. »


Synchroniser les chaleurs avec un bon protocole


Deux conditions sont nécessaires pour atteindre cet objectif. « Il faut à la fois bien détecter les chaleurs (vaches inséminées/vaches fécondables) et avoir un bon taux de réussite à l’insémination », a expliqué Franck Gaudin.
Concrètement, si vous avez 100 vaches fécondables dans un cycle de 21 jours et que vous en voyez la moitié en chaleurs, vous aller inséminer 50 vaches. Il faudra un taux de réussite à l’IA de 50 % pour atteindre l’objectif de 25 % de taux de gestation. « Or, le taux de détection des chaleurs pour les bons éleveurs n’est que de 40 %. Et avec un taux de réussite à l’IA de 40 %, on n’est qu’à 16 % de vaches gestantes par rapport aux vaches fécondables sur un cycle de 21 jours. » Le problème s’accentue si les taux de renouvellement et de mortalité des veaux sont élevés.
La synchronisation des chaleurs avec des traitements hormonaux et l’une des solutions proposées par Franck Gaudin pour relever le défi dans les grands troupeaux aux États-Unis. « En synchronisant les chaleurs, nous obtenons un taux de détection compris entre 50 et 60 %. Quand le protocole de synchronisation est bon, le taux de réussite à l’IA est même meilleur que sur chaleurs naturelles. Mais tous les protocoles ne se valent pas. Nous avons observé des différences de 20 % au niveau du taux de réussite à l’insémination en fonction du protocole utilisé. » Le taux de réussite est également lié à la qualité de la ration, des cycles sexuels…

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