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Bonnes perspectives pour le lait bio

Débouchés en hausse, prix rémunérateurs : c’est une vision optimiste du marché du lait biologique qu’ont présentée les acteurs de la filière bio à l’occasion du salon Tech&Bio le 24 juin dernier.

En 2009, la collecte de lait biologique en France s’est élevée à 243 millions de litres, soit 1,2 % de la collecte nationale. 1 151 producteurs ont assuré cette production, principalement en Pays de la Loire (26 %), Bretagne (22 %), Basse-Normandie (13 %) et Franche-Comté (11 %). « Et d’ici 2011, la collecte devrait augmenter de 40 à 45 % », prévoit Laurent Forray, du Cniel. 
Biolait, qui collecte aujourd’hui 43 M de litres de lait auprès de 420 exploitations, dont 120 en conversion, prévoit ainsi d’en collecter 90 M de litres d’ici 2 ans. Colarena Presqu’île (44), qui collecte 40 M de litres auprès de 150 producteurs, devrait doubler sa production d’ici trois ans. Sodiaal, qui collecte 28 M de litres certifiés ou en conversion, prévoit d’en collecter 55 M de litres à moyen terme. Triballat, qui collecte 25 M de litres, prévoit aussi une augmentation. 

Une consommation en hausse pour tous les produits laitiers 

Quatre-vingt neuf établissements collectent désormais du lait de vache biologique et 96 fabriquent des produits laitiers bio. Et, après la mauvaise passe de 2003-2006, les prévisions sont aujourd’hui optimistes. Première raison: une consommation qui croît pour tous les produits laitiers bio. En 2009, les ventes en GMS et hard-discount de lait de consommation bio (43 % du lait bio transformé) a ainsi augmenté de 27,1% par rapport à 2008. « Le lait bio est aujourd’hui le plus gros contributeur à la croissance du marché du lait de consommation », souligne Jean-Paul Picquendar, de Sodiaal. 
La hausse a été de 29,7 % pour l’ultra-frais et de 18,1% pour le beurre. Les ventes de crème et fromage, encore très limitées, ont également progressé, avec pour le fromage toutefois une baisse de la production française. 
Autre source d’optimisme : les importations, qui représenteraient aujourd’hui 70 à 120 millions de litres selon les estimations, devraient à terme diminuer. La consommation et les prix augmentant dans les pays exportateurs, notamment en Allemagne (360-370 €/1 000 l en 2009) et en Angleterre, l’exportation vers la France devrait en effet devenir moins facile et moins nécessaire. «Actuellement, l’importation couvre un tiers des besoins en lait biologique en France, indique Marc Belhomme, co-président du Cilouest. Si l’on récupère une partie de ces débouchés, sur un marché dynamique, il n’y aura pas de problème pour absorber l’augmentation de production liée aux conversions. » 

Garder les valeurs environnementales et éthiques de la bio 

Et ce développement devrait permettre de garder des prix rémunérateurs, même si ceux-ci diminuent légèrement, passant de 420 €/1 000 l en moyenne en 2009 à 410 €/1 000 l en 2010. « Il faut toutefois rester prudent, souligne Pascal Heurtel, président de Colarena Presqu’île et viceprésident d’Eurial. De gros industriels, qui peuvent importer du lait, s’intéressent désormais au bio. Le développement de la production doit se faire en filière, avec en parallèle la recherche de débouchés et la mise à niveau des outils de transformation ». De la recherche et de la communication sont également nécessaires. « Mais le logo AB ne suffit pas, estime Marc Belhomme. La filière doit intégrer les valeurs sociales, environnementales, éthiques et de proximité qui sont celles de la bio. » ■

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