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Sécheresse et canicule : trois éleveurs laitiers témoignent

Manque de fourrage, baisse de production laitière, repro mise à mal... Le manque de précipitations et les vagues de chaleur ont des conséquences plus ou moins marquées sur vos élevages cet été.

 

Mireille Ploton, EARL Touche château, dans l’Indre

Mireille Ploton, EARL Touche château, dans l’Indre
 
OUI. « Nous n'avons pas d'irrigation sur l'exploitation et c’est surtout le maïs qui m’inquiète. Une partie était déjà complètement desséchée le 10 août, et il y avait très peu de grains. L’autre maïs, semé vers la mi-mai dans une terre plus profonde, a moins souffert, mais il est tout de même mal fécondé. Le vent a tout desséché. À l’ensilage, il faudra mouiller le silo, bien tasser et mettre un conservateur. Les prairies à base de RGA diploïde et trois trèfles, souffrent depuis fin juin, elles sont vraiment grillées depuis la mi-juillet. Heureusement, il reste du stock de maïs 2021 et j’ai beaucoup de stock d’herbe : enrubannage et ensilage de ce printemps. Il n’y a plus qu’à espérer une météo favorable cet automne, et il faudra fertiliser pour bien faire repartir l’herbe en 2023.

Mes 70 Prim’Holstein et Montbéliardes ont particulièrement souffert des vagues de chaleur, avec une baisse de la production laitière (-3 l/VL/j) et des taux, plus une dégradation de la reproduction. Aucune insémination de juillet n’a réussi ; elles sont toutes reportées en août. Enfin, j’ai remarqué qu’il manquait d’accès à l’abreuvement pendant ces périodes de forte chaleur. C’est un point à améliorer en prévision des prochains étés. »

 

Gilles Haelewyn, Gaec 2000, en bio, dans le Calvados 

Gilles Haelewyn, Gaec 2000, dans le Calvados

PLUTOT NON. « Sur notre exploitation, nous nous en sortons souvent mieux en année sèche qu’en année humide. Nous tirons mieux notre épingle du jeu en céréales, la quantité et la qualité sont au rendez-vous. C’est aussi moins de stress pendant la moisson. Mi-août, nos maïs fourrage s’annonçaient plutôt corrects. La fécondation s’est bien passée, les grains sont formés. Reste à voir comment le remplissage va se faire. Ici, que l’année soit sèche ou humide, l’herbe pâturée ne suffit pas et nous sommes contraints de complémenter les vaches en fourrages assez tôt. Début août, les laitières recevaient déjà 18 kg de MS de fourrages conservés et d’aliments. Les prairies à base de fétuque, ray-grass, trèfle et chicorée sont restées un peu vertes, mais ne donnent pas de lait. C’est pour ça que la luzerne occupe désormais les deux tiers de notre surface en herbe. Les trois premières coupes ont déjà ramené 9,7 tMS/ha. La quatrième coupe est programmée fin août et j’en espère une cinquième à l’automne. Non seulement, la luzerne assure nos stocks fourragers mais c'est aussi une excellente tête de rotation. »

 

Frédéric Tijs, Gaec de la grosse haie, Meurthe-et-Moselle

Frédéric Tijs, Gaec de la grosse haie, Meurthe-et-Moselle

OUI. « Nous sommes en tout herbe avec des prairies permanentes sur 180 hectares dont 110 autour du bâtiment, pour un troupeau d'environ 100 vaches Pie rouge des plaines (4000 l/VL/an). L'herbe est grillée depuis début juillet malgré quelques orages. Les coups de chauds de 38°C ont stoppé toute pousse. D'habitude, grâce à nos surfaces, les vaches pâturent quand même un peu l'été, mais là il n'y a vraiment pas d'herbe. Nous distribuons l'ensilage d'herbe réalisé ce printemps.

Ce qui est dur, c'est la succession des sécheresses. Sur les cinq dernières années, seule 2021 a permis de reconstituer des stocks de sécurité. En juin, nous avons acheté en préventif de l'ensilage et du foin de luzerne pour cet hiver. Notre objectif est d'avoir cinq mois de stocks d'avance.

Nous réduisons le nombre d'animaux d'années en années étant donné le manque de fourrage. Nous sommes passés de 35 jeunes femelles élevées par an à 30. Et, de plus de 100 vaches à un peu moins d'une centaine aujourd'hui. Cette année, nous les réformons également plus rapidement, sans les finir.

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