Aller au contenu principal

Avec un robot, plus de lait pour gagner autant

Journée Grand Angle lait. Le coût de production, ramené aux 1000 litres de lait, est plus élevé dans les élevages robotisés. Mais il est compensé par un volume de lait par unité de main-d'œuvre plus important.

PHOTO FACU. Dans les réseaux d'élevage, le surcoût de production des élevages robotisés est limité à 10 euros/1000 litres.
© A.Conté

Le nombre d’élevages robotisés ne cesse d’augmenter: on en comptait 4400 en 2014 dont les trois quarts équipés d'une seule stalle, et pas loin de 5000 en 2015. Limitation de la pénibilité physique, gain de temps (2 à 3 h/jour pour 50 vaches - variable selon l’équipement préalable), souplesse horaire, les avantages en matière de travail séduisent. Qu’en est-il au niveau économique ? Une synthèse de plusieurs études a été présentée lors de la journée Grand Angle Lait en avril dernier. Côté investissement d’abord, Valérie Brocard de l'Institut de l'élevage a souligné qu' "un projet de robotisation est un ensemble d'investissements: au prix de la stalle (environ 112 000 € - 100 000 € en multi-stalles), il faut ajouter l’intégration du robot dans le bâtiment (terrassement, maçonnerie, charpente, électricité) et les équipements connexes (tubulaires , silos et vis d’alimentation)". À titre d’exemple, le devis présenté pour une stalle et 60 vaches en bâtiment existant (cas favorable avec une extension limitée à 18 m2 et des réseaux d’eau et d’électricité déjà en place) se chiffre à 155 000 euros auxquels peuvent encore s'ajouter 7100 à 9200 euros d'options. Le coût de fonctionnement doit également être pris en compte au moment d’investir : « un repère utile est 15 €/1000 l soit environ le double de celui d’une salle de traite (voir aussi p...)". Ce coût de fonctionnement augmente après 6-7 ans.

Le pâturage reste intéressant économiquement

Côté coût de production, un surcoût de 20 à 30 euros par 1000 litres hors main-d'œuvre  est observé selon les études (1). "Dans le cas  des réseaux d’élevages, avec des systèmes optimisés, ce surcoût descend à 10 euros/1000 litres (2). On observe un gain de production individuelle (+ 400 l) accompagné d’un supplément de concentrés (+310 kg) et d'une moindre rémunération du lait (- 6 €/1000 l). Celle-ci est surtout due à un effet qualité, note Valérie Brocard. Une autre étude sur 43 élevages bretons montre une augmentation significative des cellules dans un quart des élevages robotisés et de la lipolyse dans deux tiers d’entre eux (1 sur 5 pour les butyriques et 1 sur 4 pour les germes).

Au final, « les élevages robotisés des réseaux ont une productivité de la main-d’œuvre supérieure : ils produisent 420 000 litres par UMO contre 317 000 litres pour ceux qui sont équipés de salle de traite. Mais avec une  rémunération de la main-d’œuvre aux 1000 litres inférieure, de 48 euros contre 70 euros" .

"Le pâturage reste économiquement intéressant en système robotisé", a-t-elle  rappelé. La compilation de huit bases de données montre certes une productivité plus faible des systèmes robotisés pâturant (10 000 à 113 000 l/UMO produits en moins). Mais le revenu disponible aux 1000 litres est supérieur de 19 à 44 euros, soit un gain par UMO de 6 400 à 13 400 euros.

(1) Eilyps 2015 ; Mauger 2014 ; Piveteau 2013.(2) 93 élevages*années

Les plus lus

<em class="placeholder">éleveur qui lit son contrat</em>
Contrat : que risque un producteur agricole qui ne livre pas volontairement les quantités prévues ?

Les cours grimpent et le prix de votre contrat de vente ne suit pas. Vous aimeriez saisir l’opportunité et vendre une partie…

<em class="placeholder">Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin</em>
Stress thermique : « Notre production laitière ne baisse quasiment plus en été grâce au douchage », dans le Bas-Rhin

Pascal Goetz, éleveur dans le Bas-Rhin, installé en traite en traite robotisée, a mis en place un dispositif de douchage…

<em class="placeholder">Adrien Jaouen et Nicolas Diverres, éleveurs de vaches laitières dans le Finistère</em>
« Un robot de traite, mais avec du pâturage, pour concilier temps libre et revenu dans notre exploitation laitière du Finistère »

Le Gaec de Kergouézan, dans le Finistère, mise sur un système productif aux coûts maîtrisés grâce à la qualité de ses…

<em class="placeholder">Xavier Bruneau (au centre), avec Philippe Fradin (à gauche), un de ses associés, et Mathis Maillet, apprenti. au Gaec La Vergne</em>
« Nous visons l’autonomie protéique et fourragère », dans les Deux-Sèvres

Au Gaec La Vergne dans les Deux-Sèvres, les associés jouent la carte de la diversification des fourrages avec des méteils, de…

<em class="placeholder">collecte de lait sur une ferme</em>
Début mai, la collecte de lait française confirme sa baisse par rapport à 2025
En France, la collecte de lait de vache en mars a atteint son plus haut niveau depuis cinq ans. Mais en avril et début mai, la…
<em class="placeholder">Nicolas Bazart, éleveur laitier au milieu de ses vaches en préparation au vêlage.</em>
Prépa vêlage : « Nous utilisons un capteur de phosphore pour nos vaches », dans la Meuse

Le Gaec de l’Épine dans la Meuse a modifié la conduite de ses vaches en prépa vêlage. La ration n’est plus préparée sur la…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 108€/an​
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière