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Avantage à l’ensilage de maïs brins longs

En Allemagne, Kim Sass-Hauschildt gagne en régularité de production et diminue son coût de ration, en ensilant son maïs en brins supérieurs à 22 mm.

Le niveau élevé de production est une habitude sur la ferme Westerkamp. Kim Sass-Hauschildt qui a repris en 2009 ses 374 hectares a toujours connu son troupeau Holstein au-dessus de 10 000 litres. Son dernier contrôle laitier de 2015 le situe pour 527 vaches traites à 11 942 kg à 38 MG et 33,6 MP. Il l’obtient avec une ration qui se compose pour 40 % de concentrés (tourteaux de soja et de colza, maïs grain et pulpes de betteraves) et pour 60 % d’ensilages soit 15 % d’herbe et 85 % de maïs. Installé à une trentaine de kilomètres au nord-ouest de Hambourg, Kim a sciemment choisi de privilégier l'ensilage de maïs. Il est dans le nord de l’Allemagne l’un des premiers à l’ensiler en brins longs avec des grains bien éclatés. Cet ensilage rentre dans la ration pour 13,5 kg de MS contre 10 à 11 kg auparavant. Il remplace la luzerne déshydratée brins longs ou la paille. « L’effet est le même. Je ramène de la structure dans la panse. Si je constate cinq diarrhées sur 500 vaches, c’est beaucoup. Il n’y a pas non plus d’acidose. Le risque existe avec une ration trop sèche, à partir de 46 % de MS. À ce niveau, la vache trie davantage et préfère les concentrés. C’est pourquoi je surveille la ration pour maintenir un taux de 42-43 % de MS », note Kim. Selon lui, l’ensilage brins longs a moins influencé le niveau de production que sa régularité. « Elle est plus homogène. J’ai moins de vaches à 70 litres, mais beaucoup dans une fourchette de 55-60 litres. Je préfère. À 200 jours de lactation, elles donnent encore plus de 40 litres par jour. »

L’ensilage défibré se tasse mieux

L’intérêt de ce choix est aussi économique. « Le maïs est le fourrage qui me coûte le moins cher à produire », assure Kim. Il en a semé 192 hectares en 2015 dont 80 en dérobé après herbe et seigle ensilés en vert. Des indices de 210 à 260 lui fournissent de 13 à 15 tonnes de MS/ha pour un coût estimé de 1 500 €/ha fermage de 500 à 600 euros compris. Le maïs a tiré son épingle du jeu même en 2015. En juillet, il ne montait qu’au genou. Mais en novembre, Kim en a ensilé entre 12 et 13 tonnes de MS/ha, autant que quatre à cinq coupes d’herbe en année normale. « La ration actuelle me coûte 12,7 centimes par kilo de lait vendu. C’est de 2 centimes de moins que la précédente qui incluait davantage d’herbe. Mon coût de production total s’élève à 280-290 €/1 000 l, remboursement d’emprunts inclus », assure Kim.

Le jeune éleveur découvre l’ensilage de maïs brins longs en 2009 lors d’un voyage aux États-Unis. Il le teste chez lui en 2012 avec l’objectif d’ensiler des brins d’une trentaine de millimètres de long en moyenne avec un brin fendu en long et un grain éclaté en une dizaine de morceaux pour un maïs à 32 % d’humidité. « Si ce taux augmente, il faut abaisser la longueur visée. À 34 %, je règle le matériel à 28 mm. À 36 %, je passe à 22 mm. » Ce résultat est atteint grâce à du matériel spécifique développé avec un entrepreneur et un constructeur d’ensileuses (Claas). Le nombre de couteaux équipant d’origine les rouleaux de la machine a été diminué et un plancher abrasif a été ajouté. Kim n’hésite pas à contrôler la qualité du travail à intervalles réguliers en comparant les morceaux obtenus avec un gabarit grand comme une carte de crédit percé d’un trou rond de 7 mm de diamètre et d’un autre rectangulaire 5 x 12 mm. « La matière doit être défibrée, fendue dans sa longueur. Si c’est le cas, elle se tasse mieux que dans le cas d’un ensilage traditionnel. Elle ne doit pas comporter de brins tridimensionnels qui se tassent mal et que les vaches vont trier », signale Kim. En raison du volume supérieur récolté, le chantier nécessite une remorque de plus. À la ferme Westerkamp, quelque 300 tonnes de matière fraîche sont livrées à l’heure. Quatre tracteurs de 18 tonnes tassent des silos de 5 mètres de haut et 20 de large. « L’ensilage brins longs n’est pas une option pour les exploitations avec beaucoup d’herbe. Quatre à cinq coupes d’herbe par an, c’est prendre quatre à cinq fois le risque d’un mauvais ensilage », analyse Kim qui a cessé de faire pâturer son troupeau il y a quatre ans.

« L’ensilage brins longs n’autorise aucun à peu près »

« L’ensilage brins longs est une technique qui n’autorise aucun à peu près. C’est une cascade de points qui doivent être en parfaite cohérence les uns avec les autres. Il faut le bon maïs, le bon entrepreneur, le bon chauffeur, le bon éleveur. Sinon ce n’est pas la peine d’y penser. Le taux de MS du maïs ne doit en aucun dépasser 40 %. Les 34 % sont l’objectif. La taille des brins est à adapter au millimètre près selon le taux de MS. L’entrepreneur doit être équipé pour défibrer le maïs pour que la vache puisse ruminer et pour éclater les grains afin de rendre l’amidon disponible. Le chauffeur ne doit pas hésiter à vérifier toutes les deux remorques si la taille des brins ne dévie pas de l’objectif fixé. Comme le maïs est rendu plus digestible, les vaches trient moins. Leur panse fonctionne mieux. L’éleveur peut se passer de la paille puisque le maïs la remplace. La paille est seulement un aliment encombrant qui n’apporte ni  lait, ni recette supplémentaire. En revanche, elle produit du lisier qu’il faut traiter. Et cela a un coût, comme la récolte. Au contraire du maïs. Si l’ensilage brins longs est conforme à la qualité recherchée, cette technique ne présente aucun inconvénient. »

Jürgen Rothert, directeur du cabinet de conseil technique et vétérinaire Agro Prax

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