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Aux USA, le Wisconsin aborde l'avenir avec confiance

Le deuxième État laitier des USA, moins exposé que son rival californien aux aléas des cours des aliments, surfe également sur un meilleur prix du lait payé aux producteurs.

Dave Ohman, vétérinaire : « Pour vaincre les réticences, les très grands élevages que je suis font tout pour être de bons voisins : gestion des odeurs, production d'électricité, participation au développement économique... »
Dave Ohman, vétérinaire : « Pour vaincre les réticences, les très grands élevages que je suis font tout pour être de bons voisins : gestion des odeurs, production d'électricité, participation au développement économique... »
© F. Mechekour

« La France, c'est le Wisconsin d'il y a 30 ans ! » C'est en ces termes que le vétérinaire nord-américain Dave Ohman a débuté sa présentation sur le management des grands troupeaux organisé par le Ceta 35 et Diamond V. Après quelques secondes de flottement, tout le monde à vite compris que Dave Ohman ne portait pas de jugement de valeur sur les systèmes d'élevage français, mais qu'il faisait un constat sur l'évolution de la taille des exploitations dans cet État du Midwest des États-Unis. Avec 12,5 millions de tonnes de lait produits en 2013, le Wisconsin est le deuxième État américain derrière la Californie. « Au début des années 80, il y avait 40 000  exploitations et 1,8 million de vaches laitières. Aujourd'hui, il y a près de 1,3 million de vaches mais le nombre d'élevages a été divisé par plus de trois. » L'effectif moyen de vaches tourne actuellement autour de 117 têtes. « Nous avons connu une phase de croissance ces deux dernières années parce que le prix du lait était bon : environ 340 euros/1 000 litres contre 310 euros/1 000 l en Californie en 2013.»

Une ferme de 23 000 vaches réparties sur cinq sites

Mais ces chiffres moyens cachent une grande diversité de situations avec des exploitations laitières proches de ce que l'on peut trouver en France à la fois en termes de taille et de système d'élevage (ferme de 60 vaches avec pâturage et ensilage de maïs...), et d'autres plus en phase avec le modèle californien avec jusqu'à 8 000 vaches par site. C'est notamment le cas d'une ferme familiale qui comptait 150 vaches en 1985. Aujourd'hui, les propriétaires possèdent 23 000 vaches réparties sur cinq sites. « Avec une UTH pour 200 vaches, la productivité du travail est très bonne pour deux raisons : ils utilisent des protocoles de travail précis parce que le personnel n'est pas toujours très qualifié et ils prennent des managers parmi les meilleurs salariés. » Des salariés qui, comme en Californie, sont pour la plupart d'origine mexicaine. « Sur chaque site, la langue officielle est l'espagnol ! Ces salariés travaillent beaucoup et font du bon travail », résume Dave Ohman. Les salariés travaillent jusqu'à  60 heures par semaine. Un débutant est payé environ 9 dollars par heure. « Quand il acquiert de l'expérience, il peut toucher 13 dollars par heure. » Le salaire annuel d'un responsable de troupeau varie selon le nombre de vaches dans l'élevage. « Il tourne autour de 50 000 dollars pour un troupeau de 500 vaches et  de 150 000 dollars pour un troupeau de 2000 vaches. »

Une salle de traite rotative robotisée de 72 postes

Mais selon le vétérinaire, la main-d'oeuvre hispanophone bon marché commence à faire défaut. D'où un début de réflexion sur l'automatisation de la traite dans les grands troupeaux. « Un élevage du Wisconsin va installer une salle de traite rotative robotisée de 72 postes. Il emploiera moins de main-d'oeuvre mais elle sera plus qualifiée. » N'est-ce qu'un exemple isolé ou le début d'une véritable orientation vers la traite robotisée ?

Par ailleurs, Dave Ohman a insisté sur la nécessité pour ces grands troupeaux d'avoir suffisamment de surfaces pour garder un maximum d'autonomie fourragère afin de limiter l'impact des fluctuations des prix des matières premières sur la viabilité des exploitations mais aussi pour répondre aux contraintes environnementales. « Dans l'Idaho, il y a un élevage de 37 000 vaches qui s'appuie sur une surface de 20 000 hectares. Ils produisent tous leurs fourrages. Ils sont par conséquent beaucoup moins fragiles au plan économique que les grandes exploitations californiennes qui achètent tous leurs aliments. » Et ceci d'autant plus que ces troupeaux doivent faire face à des contraintes environnementales et à un prix du lait moins rémunérateur.

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