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Azote organique et minéral
Attention à la surfertilisation du maïs

Dans les systèmes d´élevage, les besoins en azote du maïs sont généralement couverts par les apports raisonnés de fumier ou de lisier.
Le maïs valorise très bien les apports organiques.


Les éleveurs le savent et cette culture constitue souvent la principale destination des engrais de ferme. Toutefois, pour en tirer le meilleur parti et limiter le lessivage des nitrates, un raisonnement approfondi de la fertilisation azotée s´impose.
La première étape consiste à évaluer la valeur des engrais de ferme. « Ce n´est pas toujours évident, car la teneur en éléments fertilisants varie selon le type d´élevage, les bâtiments et la dilution des effluents », commente Philippe Desvignes d´AGPM-Technique. Le recours à l´analyse est possible, mais reste peu pratiqué. La prise d´échantillon apparaît délicate et les valeurs peuvent fluctuer au cours de l´année. Mieux vaut se référer aux tableaux de valeurs de l´Institut de l´élevage.
Tenir compte des restitutions du sol
Reste ensuite à déterminer les besoins en azote de la culture. Rien de très compliqué. Il suffit de se fixer un objectif de rendement et de le multiplier par le coefficient correspondant, défini dans le tableau ci-contre. « On ne se base pas sur le rendement maximum obtenu sur la parcelle, mais sur la moyenne des trois meilleurs résultats des cinq années qui précèdent », précisent les techniciens. Les besoins totaux en azote du maïs augmentent en même temps que son potentiel. Ainsi, un maïs à 10 tonnes de matière sèche (tMS) nécessitera 145 unités d´azote, contre 180 unités pour un maïs à 14 tMS.
La fourniture du sol en azote participe largement à couvrir ces besoins. L´azote du sol disponible pour le maïs peut aller de 80 à 250 kg/ha, selon le type de sol, la teneur en matière organique, le précédent cultural et les apports azotés antérieurs. « Sur certaines parcelles, le rendement peut même atteindre 12 à 14 tonnes de matière sèche sans apport d´engrais. Si tant est que l´enracinement est suffisant. »
Localement, des normes sont diffusées par les Chambres d´agriculture pour estimer la fourniture du sol en fonction des systèmes de production. En l´absence d´analyses de sol, mieux vaut s´y référer. La quantité d´azote organique est ensuite calculée pour rechercher l´équilibre du bilan, tout en respectant les doses réglementaires. Soit 210 kg/ha pour l´azote organique et 170 kg/ha en zones vulnérables à l´horizon 2003. Les exploitations situées dans le périmètre d´une zone de captage sont parfois soumises à des contraintes plus restrictives.
Pour l´engrais minéral, la réglementation intervient également. La dose d´azote total (minéral et organique confondus) est plafonnée à 200 kg par hectare pour les installations classées.
« Par exemple, avec un apport de fumier de 30 tonnes par hectare, on est limité à 50 unités maximum d´azote minéral, souligne AGPM-Technique. Le plus souvent, cet apport n´est pas utile. Dans les essais menés en Ille-et-Vilaine, le rendement maximum est atteint avec 30 tonnes par hectare de fumier ou de compost. En ajoutant de l´engrais, on parvient seulement à augmenter les reliquats qui risquent d´être lessivés au cours de l´hiver. »
Dans les terres froides, il est toutefois conseillé d´apporter 100 kg de fumure starter (18-46) au semis pour favoriser un meilleur démarrage du maïs. Ensuite, la minéralisation du fumier prendra le relais.
Les épandages sont à réaliser autant que possible avant le labour et sur sol portant. Un compactage excessif pénalise l´enracinement du maïs. « Mieux vaut aussi éviter les apports de fumier frais moins de deux mois avant l´implantation du maïs, ajoute Philippe Desvignes. Par contre, le lisier s´épand le plus près possible du semis. En cas d´apport d´engrais minéral, les doses doivent être fractionnées, surtout si le sol est filtrant. Appliqué au stade 6-8 feuilles, localisé à dix centimètres de profondeur au milieu de l´interligne, l´apport n´en sera que mieux valorisé.

chiffres clés
Les fumiers épandus à l´automne libèrent seulement 20 % d´azote disponible la première année, contre 50 % pour les lisiers épandus au printemps.
En complément du bilan, doser l´azote en cours de culture : des infos pour l´année suivante
Deux méthodes existent pour estimer l´alimentation en azote du maïs en cours de culture.
La méthode Jubil, mis au point par l´Inra et l´ITCF, mesure la teneur en nitrates des jus de base de tige. Utilisée entre le stade quinze feuilles et la floraison, Jubil s´avère pertinente pour identifier les situations excédentaires en azote.
La méthode « HN-Tester » commercialisée par la firme Hydro-azote, semble bien adaptée pour mesurer les déficits en azote. La nutrition azotée de la plante est estimée à partir de la teneur en chlorophylle des feuilles. On se réfère à un témoin surfertilisé sur chaque parcelle.
« Ces deux méthodes restent des outils de diagnostic plus que de pilotage, estime Philippe Desvignes, de l´AGPM-Technique. En cas de carence, il est difficile de corriger, car la culture est déjà très développée. L´apport peut uniquement se faire avec un emjambeur ou par l´eau d´irrigation.
Ces outils permettent néanmoins aux exploitants de se situer par rapport à leurs pratiques et aux prévisions. Ils peuvent en tirer des enseignements pour l´année suivante et voir si des économies sont possibles. Dans tous les cas, vu l´utilisation limitée du matériel (chaque année), mieux vaut s´arranger pour l´acheter en groupe. »
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