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Allons-nous droit dans le mur avec la matière grasse?

Contrairement à celui de la protéine laitière, le marché des matières grasses ne connaît pas de dynamique de développement. Et l’Europe n’est pas compétitive sur la poudre grasse.

Si l’Europe augmente trop sa production après les quotas, elle ne trouvera pas de débouchés pour la matière grasse laitière, a affirmé en substance Olivier Klein directeur de Lactalis Ingrédients lors d’une journée économique du Cniel le 21 novembre dernier.


Le marché de la poudre de lait entier a été complètement phagocyté par les Néozélandais ; la production et l’exportation européennes sont en diminution constante.


Il ne faut pas trop compter sur le beurre dont le marché stagne depuis dix ans.


Catherine Lascurettes, directrice de l’Irish farmer’s association, partage cet avis : la matière grasse est « le talon d’Achille » de la filière laitière européenne. D’ailleurs, l’Irlande, qui ambitionne d’augmenter sa production de 50 % d’ici 2020 « commence à engager toute une réflexion sur son devenir ».


Une question à se poser si l’Europe produit plus


Si, avec la baisse des prix d’intervention, l’Europe est compétitive avec l’Océanie sur la protéine laitière, en revanche sur la poudre grasse et le beurre, il existe des écarts de prix très importants à certaines périodes de l’année. Il n’y a guère qu’au moment du pic de production que l’Europe parvient à exporter de la matière grasse. « Pour le moment, le fait de ne pas être compétitif toute l’année n’est pas un problème, rassure Benoît Rouyer, chef du service économie du Cniel. Mais il est tout à fait légitime de se poser la question si l’Europe produit davantage de lait. »


Un marché de la poudre grasse phagocyté par la Nouvelle-Zélande


D’après lui, les problèmes de compétitivité de la poudre grasse européenne ne sont « pas si graves si l’Europe arrive à exister sur d’autres produits comme les fromages ou la poudre de lait infantile ». Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que l’« on crie au loup au sujet de la matière grasse laitière. » Cela a été le cas il y a une dizaine d’années, après la fermeture du marché russe pour le beurre. Depuis, le taux butyreux du lait a baissé et beaucoup de travaux ont été menés pour réhabiliter la matière grasse laitière, notamment pour affirmer les avantages des acides gras spécifiques.


L’image du beurre s’est améliorée : « il fait moins peur », estime Noëlle Paolo, du Cniel. Alors que parallèlement, l’image des matières grasses végétales s’est dégradée. Par ailleurs, la suppression de l’aide au beurre pâtissier semble avoir moins d’impact que ce que l’on pouvait craindre sur les pratiques des industriels.


Reste que les échanges mondiaux de matière grasse sont limités, et ne connaissent pas la dynamique de développement des produits secs. « Les gros marchés consommateurs ne sont pas ouverts à l’importation », souligne Benoît Rouyer. Mais si l’Inde, le plus gros marché, ouvrait les vannes, cela donnerait des perspectives de débouchés substantiels.

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