Aller au contenu principal

Agrivalor traite les biodéchets de A à Z

La société de six agriculteurs alsaciens collecte, prétraite, composte et méthanise des déchets organiques, et en assure le retour à la terre. Une première en agriculture !

Le réseau Agrivalor s’est constitué en 2000 autour d’une activité de compostage de déchets verts. Aujourd’hui, il compte cinq plateformes de compostage, qui traitent, en plus des effluents et déchets végétaux agricoles, des déchets verts de collectivités et des boues. L’entreprise emploie une quarantaine de salariés, et vend des composts et autres amendements organiques (terre végétale amendée, mulch, paillage) à des collectivités, paysagistes et particuliers, et bien sûr aux agriculteurs de la région.


En 2006, deux agriculteurs d’Agrivalor, rejoints par un éleveur, s’associent dans un projet de méthanisation territorial (voir Réussir lait de février 2012, n° 255, p44). Cette unité de méthanisation agricole est une des plus importantes en France (1,4 MW). Elle traite des effluents d’exploitations et de fromagerie (lisier, lactosérum), de la biomasse agricole et viticole (intercultures, marc de raisin), et des biodéchets issus de l’industrie agroalimentaire, de la restauration collective et des supermarchés. Le digestat, résidu organique du process de méthanisation, retournera au sol par épandage (400 ha/an).


Au total, 80 000 tonnes de déchets sont traitées annuellement par Agrivalor. Vu la quantité et la diversité des déchets traités, Agrivalor a fait le choix de maîtriser toute la chaîne de traitement: de la collecte jusqu’à l’épandage. L’entreprise dispose d’un parc transport développé, d’un système de déconditionnement (séparation des emballages et de la matière organique) et d’une unité d’hygiénisation. Agrivalor maîtrise ainsi les quantités et la qualité des produits issus du traitement.


L’évolution de la réglementation va amener plus de matière à traiter pour les composteurs et les méthaniseurs. En effet, un décret et un arrêté(1) imposent aux producteurs de déchets organiques de privilégier la valorisation matière de leurs déchets, plutôt que la mise en décharge ou l’incinération. « En 2012, ne sont concernés que les gros producteurs de biodéchets, comme les chaînes de restauration ou les hypermarchés. Puis, chaque année jusqu’à 2016, de plus en plus de producteurs seront concernés, notamment les collectivités », précise Solène Dumont, de Trame et animatrice de l’association Agriculteurs composteurs de France.


« Cela représente une opportunité pour les agriculteurs composteurs et méthaniseurs, mais nous appelons les agriculteurs à la vigilance quant à la qualité des déchets à traiter et celle du process de traitement. »


La question de la qualité est cruciale pour l’agriculture, car les engrais et les amendements issus de ces procédés retournent in fine sur les sols agricoles. « Si jamais il y a un cas de contamination des sols à cause d’un mauvais produit et une couverture médiatique, c’est toute la filière qui sera en crise », prévient Solène Dumont.


Pour se couvrir, l’agriculteur qui exploite une unité de traitement (compostage ou méthanisation) doit en maîtriser le processus. Deux possibilités s’offrent à lui : être très vigilant sur le contrat qui le lie aux prestataires de service ou aux collecteurs pour récupérer les biodéchets, ou contrôler toute la filière, de la collecte à l’épandage, comme Agrivalor.

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Magalie Lelong. « Grâce aux robots, je peux consacrer plus de temps aux vaches. Je les connais aussi bien que quand j’étais en salle de traite. »
« Avec un robot, c’est 360 jours de bonheur par an »
Au Gaec de la Rue, dans la Manche. Ayant 700 000 litres de lait en plus à produire et 160 vaches à traire, les associés ont opté…
Quelle que soit la longueur de coupe, elle doit être franche pour ne pas défibrer le maïs, et les grains doivent être pulvérisés pour optimiser leur digestion et limiter le gaspillage d’amidon.
Gare aux effets de mode sur la longueur de coupe des ensilages de maïs
Brins courts, brins longs… Le choix de la longueur de coupe est propre à chaque élevage. Il n’y a pas de recommandation…
Les trois associés, Hélène et Flavien Servot et Maguy Maury, peuvent gérer seuls le fonctionnement des robots.
Deux robots et du pâturage pour 136 vaches
Le Gaec de la Berquerie, dans la Manche, a conçu son bâtiment et son système pour que les vaches soient toujours libres d’aller…
tourteau stocké à la ferme
Dépendance au soja : La diversification des ressources protéiques s'accélère en filière bovin lait
Répondre à la demande en "zéro déforestation". Réduire l'exposition à la volatilité prix. Améliorer le bilan carbone. La…
La collecte laitière française reculait moins la première semaine de mars : -1,3 % par rapport à 2020.  © J. Chabanne
Prix du lait : la Coopération laitière prévoit une hausse de 13 à 15 €/1000 l sur 2021
«Nous prévoyons une hausse du prix du lait payé aux producteurs adhérents des coopératives de 13 à 15 euros les 1000 litres pour…
Un projet bâtiment, ça ne s’improvise pas
Un projet bâtiment, ça ne s’improvise pas
Une enquête auprès de 456 éleveurs laitiers français ayant construit un bâtiment depuis moins de dix ans a été menée au printemps…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 100€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière