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Agir tôt et ne pas baisser la garde contre les mouches

Le printemps est arrivé, accompagné des premières mouches qui, dans quelques mois, empoisonneront la vie de votre cheptel. Voici quelques conseils pour vous aider à lutter efficacement.

« Il ne faut pas attendre l’été pour agir contre les mouches, insiste Felix Mahé, du GDS de Bretagne. La principale clé de réussite d’un plan de désinsectisation réside dans sa précocité. Force est de constater que les traitements ponctuels en été sont très insuffisants. Mieux vaut miser sur une action préventive. Les applications dans les locaux se font dès les premières chaleurs, à la sortie de l’hiver, et elles sont renouvelées en moyenne toutes les six semaines. »

Pour être efficace, le traitement des bâtiments doit comporter des produits larvicides. « L’usage de produits insecticides contre les adultes ne permet jamais de réduire suffisamment le nombre de mouches pour les ramener à un seuil acceptable », souligne Félix Mahé. Le cycle de développement de la mouche est tel que les adultes ne représentent que 20 % de la population totale. L’insecte passe l’essentiel de sa vie au stade larvaire. La mouche pond très tôt, dès le mois d’avril, dans la matière organique, en moyenne un millier d’oeufs. Et les larves évoluent massivement en adultes dès que la température dépasse 13°C. Environ 90 % des mouches présentes dans un élevage sont nées dans cet élevage. Il faut donc commencer par détruire les larves avant qu’elles ne deviennent des mouches. Et continuer à briser le cycle de reproduction. Parmi les larves, la plus visible est celle de la mouche Bourdon, aussi appelée « ver à queue », que l’on trouve à proximité des stockages de déjections.

Pas de lutte efficace sans larvicide

De nombreuses zones sont à traiter dans les bâtiments d’élevage. Citons les zones humides autour des mangeoires et des abreuvoirs, en évitant soigneusement de répandre du produit sur l’alimentation. Les abords des poteaux sont souvent un lieu propice à la ponte des mouches. Traitez aussi la périphérie des bâtiments ou des cases sur une bande d’au moins 50 cm, partout où le fumier n’est pas tassé par les animaux. Il convient d’intervenir dans l’ensemble des bâtiments où les bovins sont présents, y compris les nurseries et les parcs à veaux qui sont des zones sensibles. N’oubliez pas de traiter le fumier stocké et les parties humides des fosses à lisier, particulièrement à leur périphérie et à l’arrivée des purins. Trois applications, espacées d’environ six semaines conviennent le plus souvent : par exemple en avril, début juin et fin juillet.

Un traitement adulticide est pratiqué en complément de la destruction des larves. Rappelons que le cycle court de reproduction des mouches favorise les phénomènes de résistance. Il est donc conseillé de pratiquer l’alternance des matières actives, surtout pour les produits à base de pyréthrinoïdes. Le traitement contre les adultes est le plus souvent constitué d’une solution qui s’applique sur des parois propres pour détruire les mouches adultes par contact. Attention, les parois traitées ne doivent pas être lavées après application du produit. L’usage des produits adulticides est donc proscrit dans la salle de traite, mais il reste possible d’y installer des pièges. Les brasseurs d’air dans le parc d’attente et la salle de traite créent des courants d’air qui ne sont pas appréciés par les mouches. Toutefois, les pièges et brasseurs d’air n’ont qu’une efficacité limitée en cas de forte population. En cas de fortes infestations estivales, il est possible de nébuliser de l’eau dans l’aire d’attente ou de créer un rideau d’eau avant l’entrée dans la salle de traite.

Ne pas négliger les mesures d’hygiène

L’application d’un traitement sur les animaux limite l’entrée des mouches dans les bâtiments. Le rythme d’intervention est de quatre à dix semaines selon le produit utilisé. Ces mouches, qui entrent au moment de la traite par exemple, restent le plus souvent sur le dos des bovins et n’atteignent pas les parois traitées par les produits adulticides. Pour le traitement des bovins, la palette est large : il existe des répulsifs, des insecticides classiques, des produits à pulvériser, en pour-on ou d’autres plus spécifiques qui se mettent sur les oreilles. Demandez conseil à votre vétérinaire.

Rappelons enfin que l’hygiène conditionne l’efficacité de tout plan de lutte. Les mesures qui visent à maintenir les bâtiments et les abords propres, secs, sans eau stagnante, vont diminuer les lieux de vie des larves et des mouches et surtout les lieux de ponte.

Il convient d’être très rigoureux dans la propreté des abords de silo d’ensilage et d’aliments secs. À partir du mois d’avril, il est préférable de limiter la présence de fumier dans les bâtiments d’élevage mais aussi à proximité de tous les lieux de vie des animaux y compris les pâtures. Dès la sortie des animaux, la lutte contre les mouches débute par le curage et lavage des cases et du matériel qui vont précéder le vide sanitaire. Une bonne ventilation permet d’assécher les bâtiments. Pensez également à ne pas laisser des restes de lait qui sont des sources de nourriture pour les mouches. Le lavage et le séchage des lieux et du matériel de distribution du lait sont un point clé de la lutte contre les mouches.

Enfin, ne baissez pas votre vigilance à l’automne et en hiver. Les mouches d’automne, même si elles ne sont pas nombreuses, vont maintenir le cycle de développement et pérenniser l’espèce pour le printemps suivant. Il s’avère particulièrement intéressant de les capturer.

Les 5 commandements de la lutte contre les mouches

. Traiter tôt

. Privilégier les produits larvicides

. Apporter un maximum d’hygiène dans les bâtiments

. Traiter toutes les aires de vie

. Traiter les animaux

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