Aller au contenu principal

Environnement
Adoptée par le Sénat, dernière étape de la loi sur l´eau

La redevance élevage s´appliquera à partir de 90 UGB et un chargement de 1,4 UGB/ha. En montagne, le seuil retenu est de 150 UGB.


Le projet de loi sur l´eau n´est pas nouveau. Déjà présenté sous la précédente législature, mais non voté, ce projet est aujourd´hui de retour sous une nouvelle mouture « version Nelly Olin ». Adopté par le Sénat en seconde lecture le 11 septembre dernier, le texte entre dans sa dernière ligne droite. Le projet, qui dépasse le strict volet agricole, poursuit l´ambitieux objectif de reconquérir la qualité des eaux dans le milieu naturel d´ici 2015. Les exploitants sont concernés à divers titres par plusieurs articles de la loi.
La redevance élevage tout d´abord. Celle-ci est maintenue mais ses modalités de fonctionnement se voient largement simplifiées. « Le nouveau système a le mérite de ne pas être une usine à gaz », a indiqué Alain Moulinier, directeur de la forêt et des affaires rurales au ministère de l´Agriculture, lors d´une conférence organisée par l´Afja(1) lors du Space. Les débats ont entériné une redevance forfaitaire assise sur le nombre d´UGB. Son montant est fixé à 3 ?/UGB à partir de 90 UGB et d´un chargement de 1,4 UGB/ha. En deçà de ces seuils, les élevages ne paieront pas de redevance. Pour les zones de montagne, le seuil de perception a été fixé à 150 UGB. Quelle que soit la zone (plaine ou montagne), les quarante premiers UGB sont exonérés. Enfin, le montant de la redevance est multiplié par trois pour les élevages ne respectant pas les réglementations relatives à la protection des eaux. Le rendement attendu de cette redevance avoisinerait les six millions d´euros, soit le montant actuel.
Le projet de loi sur l´eau, vise entre autre à améliorer la traçabilité des produits phytosanitaires. ©D. R.

Une redevance forfaitaire à l´UGB
En matière de pesticides, le projet de loi sur l´eau transforme aussi la taxe sur les produits phytosanitaires en une redevance destinée aux agences de l´eau. Les 40 millions d´euros attendus financeront des programmes d´actions en faveur de la réduction des pollutions. Cette redevance sera prélevée au niveau des distributeurs et non plus des firmes phytosanitaires, comme c´était le cas jusqu´ici. L´agence de l´eau pourra verser une prime à l´exploitant s´il met en oeuvre des pratiques permettant de réduire la pollution de l´eau par ces produits, dans la limite de 30 %. Fait nouveau : les substances minérales, essentiellement soufre et cuivre, seront taxées à 0,5 ?/kg ; pour les autres produits phytosanitaires, les niveaux de redevance varient entre 1,2 et 3 ?/kg selon le degré de toxicité. De son côté, la taxe sur les nitrates des engrais est abandonnée. Il y aura également un contrôle obligatoire, tous les cinq ans, pour les pulvérisateurs, à la charge du propriétaire.
Concernant les boues d´épuration, le Sénat a validé la création d´un fonds de garantie des risques liés à leur épandage. Son montant s´élève à 0,5 E/TMS de boues. Au niveau de la gestion quantitative de l´eau enfin, dans les zones de répartition des eaux, une gestion collective de l´irrigation s´impose. Elle sera confiée à un organisme pour l´ensemble des préleveurs d´eau. Le tarif de la redevance est fixé par l´agence de l´eau dans la limite d´un plafond, qui varie de 2 à 3 centimes d´euro/m3.
Sauf surprise de dernière minute, ce projet de loi n´entraîne pas d´alourdissement de la contribution financière des exploitants agricoles pour l´amélioration de la qualité des eaux. Désormais, le projet doit être soumis aux députés. Tout l´enjeu est de savoir s´il parviendra, à l´automne à se faire une place dans un calendrier parlementaire très chargé. En cas de réécriture du texte après les élections, rien n´assure qu´il s´avèrera aussi favorable au monde agricole.

(1) Association française des journalistes agricoles.

Les plus lus

<em class="placeholder">Éleveurs devant l&#039;installation de traitement des eaux de pluies </em>
« Nous traitons l’eau de pluie pour abreuver nos vaches », dans le Doubs

Le Gaec de La Vie, dans le Doubs, s’est équipé d’un système de filtration des eaux de pluie pour abreuver les vaches…

Une prairie temporaire en Isère, avec de la chicorée
Sécheresse : « Même si les prairies grillées commencent à reverdir, ne redémarrez pas trop tôt le pâturage »

A partir de quand peut-on remettre des vaches au pâturage après des mois de chaleur et de sécheresse qui ont grillé les…

<em class="placeholder">Joris Soenen, éleveur laitier dans une prairie dans laquelle du stock sur pied a été réalisé</em>
Sécheresse : « Le stock sur pied et le sorgho m’ont permis de maintenir du pâturage jusqu’au 15 août », dans l’Eure

La production de fourrage de Joris Soenen a été impactée par l’année de sécheresse exceptionnelle, l’obligeant à acheter du…

<em class="placeholder">RGI et colza fourrager pâturés à la ferme de Trévarez dans le Finistère</em>
Sécheresse : que semer pour refaire du stock de fourrage rapidement ? 

Face à des stocks qui diminuent, des prairies qui peinent à reverdir et pousser, et un début de mois de septembre encore peu…

<em class="placeholder">nurserie pour les veaux ouverte avec toit isolé</em>
Des nurseries confortables pour les veaux et l’éleveur en sept points clés
Ventilation naturelle, blocs dédiés par classe d’âge… Les préconisations pour le logement des veaux de la naissance au sevrage…
<em class="placeholder">Patrice Guéry (à gauche) et Fabien Guéry ont testé plusieurs espèces et plusieurs mélanges avant de parvenir au mélange actuel qui leur donne satisfaction.</em>
Méteil en dérobées : « Nous associons le triticale, l’avoine, la vesce velue et le trèfle squarrosum » en Vendée

Après avoir cultivé du ray-grass italien pur en dérobée avant maïs, le Gaec Les bois neufs s’oriente désormais vers les…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 91,80€/an​ TTC
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière