Aller au contenu principal
Font Size

Analyse des revenus
42 % des élevages caprins laitiers en dessous du Smic


L´Institut de l´élevage a étudié le revenu des exploitations caprines livrant leur lait à partir des données 2004 et 2005 du Réseau comptable et agricole (Rica). Ces données, issues du ministère de l´Agriculture, proviennent de la comptabilité d´exploitations laitières caprines, spécialisées ou non et représentatives des élevages français.
La valeur moyenne de revenu est de 12 047 ? par unité de main-d´oeuvre (UMO) et par an. Cette moyenne masque une grande disparité de situations. Ainsi, sur l´ensemble des exploitations caprines laitières, 11,5 % avaient en 2004-2005 un revenu disponible par UMO familiale négatif et 42,5 % un revenu inférieur à 10 000 ? par UMO par an (correspondant au niveau du Smic net). La proportion d´exploitations dégageant plus de 30 000 ? est faible puisqu´elle représente 4 % des exploitations caprines laitières.
L´alimentation représente en moyenne 41 % des charges des élevages caprins laitiers spécialisés. ©D. Hardy

Revenus négatifs quand les charges sont inadaptées
Parmi les 11,5 % d´exploitations connaissant un revenu négatif, on peut distinguer des exploitations confrontées à de très lourdes charges par rapport au produit qui représenteraient les deux tiers des revenus négatifs. Cette situation renvoie soit à des exploitations qui débutent avec des investissements, mais une production qui tarde à se mettre en place (montée en effectif, maîtrise technique pas encore assurée), soit à des exploitations dont le niveau des charges n´est structurellement pas en adéquation avec leur dimension. Un tiers d´exploitations ayant un revenu négatif sont considérées comme surendettées, c´est-à-dire que leurs annuités représentent plus de 20 % du produit brut total. Il faut espérer que cette situation est transitoire pour des exploitations en phase d´installation.
Les 31 % d´exploitations gagnant moins de 10 000 ? ont souvent une faible dimension ou efficacité économique ou des charges de remboursement élevées qui limitent fortement la rémunération du travail. Ainsi, pour 40 % de ces exploitations, le faible niveau de revenu s´explique par une moindre efficacité économique. Pour 30 % de ces exploitations, le faible niveau de revenu est dû en premier à un endettement plus élevé. Cette situation renvoie soit à une phase transitoire d´investissement/agrandissement soit à un suréquipement au regard de la dimension de l´exploitation. Enfin, 30 % de ces exploitations connaissent un faible niveau de revenu d´abord à cause de la dimension économique. Souvent, ces exploitations maîtrisent techniquement leur atelier mais n´ont pas la taille suffisante.
Les élevages gagnant plus de 10 000 ? connaissent aussi ces facteurs limitants mais leurs effets ne sont pas comparables.

Au-delà de 20 000 ? de revenu disponible par UMO familiale (près de 20 % des exploitations), on retrouve les mêmes groupes que dans la tranche précédente en proportions un peu différentes. Il y a davantage d´exploitations de taille moyenne qui obtiennent de bons résultats grâce à une efficacité et un poids limité des investissements. Ces exploitations sont sans doute des exploitations plutôt en fin de carrière qui bénéficient des avantages des investissements passés sans en supporter toute la charge et/ou des exploitations qui ont fait le choix de systèmes économes.
A l´inverse, on trouve des exploitations de très grande dimension économique limitées par leur efficacité ou leurs charges financières.

Meilleurs revenus pour les élevages en croisière
Ces données moyennes masquent bien sûr de fortes variabilités qui concernent tous les systèmes. Et, comme on le constate depuis de nombreuses années, la variabilité intra type du revenu disponible par UMO familiale est bien supérieure à la variabilité des moyennes entre types. Ainsi, d´après une étude des Centres d´économie rurale (CER) du Poitou-Charentes menée en 2005 auprès de 350 exploitations caprines, cette variabilité des revenus allait de 1 à 4 en élevages spécialisés, de 1 à 4 en élevages « caprins et cultures de vente » et de 1 à 3 en élevages « caprins et bovins viande ».
Les élevages laitiers caprins rémunérant leur main-d´oeuvre en dessous du Smic représentent plus de 40 % de l´ensemble des élevages. Il semble donc essentiel de mener des actions en direction de ces exploitations. Pour cela, elles doivent améliorer leur efficacité économique en maîtrisant à la fois mieux les performances du troupeau et la conduite de l´alimentation.
Pour certaines, l´augmentation de la dimension économique à travers l´attribution de litrage supplémentaire peut apporter une planche de salut. Il faut alors veiller à ne pas déstabiliser l´équilibre de l´exploitation et les performances animales.
Compte tenu de la variabilité des résultats, il semble essentiel de proposer un diagnostic- technico-économique et un accompagnement technique à un plus grand nombre d´éleveurs en passant par exemple par les entreprises de collecte. Une attention particulière devra être portée aux élevages en création et en accroissement de troupeau.

Une action ciblée sur les faibles revenus
Pour mener à bien ce travail, des « morceaux » de référentiels existent dans différentes régions et sont à étoffer. La mise en place, cette année, d´un socle national de 130 élevages caprins laitiers et fromagers dans le cadre du dispositif réseaux d´élevage pour le conseil et la prospective permettra d´étudier de plus près et dans la durée le revenu des exploitants sur l´ensemble du territoire.
Des formations sont sans doute également à mettre en place auprès des techniciens qui ne sont pas forcément tous des spécialistes de la production caprine, en particulier dans les « petits départements caprins ». Une action d´envergure nationale pourrait être envisagée.
Enfin, pour les grandes structures, la mise au point de systèmes plus efficaces et le développement de structures associatives et de systèmes alimentaires plus économes tout en restant « gérables » en terme de temps de travail sont des pistes à creuser.
Il faut proposer un diagnostic- technico-économique et un accompagnement technique à un plus grand nombre d´éleveurs en passant par exemple par les entreprises de collecte. ©D. Hardy

Repères pour les élevages laitiers
Produire au moins :
- 650 l/chèvre au pâturage,
- 750 l en « stocks fourragers »
- 850 l en « déshydratés »
Au-delà de 300 ? de charges opérationnelles aux 1000 litres et/ou en dessous de 500 ? de produit aux 1000 litres, il est difficile de dégager une marge brute correcte.
EBE sur produit brut total :
- Sans main-d´oeuvre salariée, viser plus de 35 %
- Avec main-d´oeuvre salariée, viser plus de 30 %
Au-delà de 20 % d´annuités sur produit brut total, il semble difficile de dégager plus de 15 000 ? de revenu disponible par UMO familiale
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout Réussir Lait.

Les plus lus

Le Gaec compte 4 associés, 6 salariés, dont 2 mi-temps, et un apprenti. L’atelier lait emploie 3,5 UTH, la transformation 2,5 UTH et la vente 1,5 UTH.  © V. Bargain
[ Lait bio ] Le Gaec de Rublé veut être autonome à tous les niveaux
Au Gaec de Rublé, en Loire-Atlantique, l’autonomie pour la production, la commercialisation et désormais l’énergie est un point…
Angeline, Thierry et Emmanuel Ciapa. Les trois associés emploient un apprenti et un salarié cinq mois par an. © Ciapa
Être éleveur dans un désert laitier
Être isolé dans une région de grandes cultures pose de nombreuses difficultés : suivis technique et vétérinaire…
Benjamin Boileau, avec sa fille Lily. Cent hectares autour de la ferme sont pâturables. © V. Bargain
Cinq races pour des croisements trois voies
Le Gaec de Rublé en Loire Atlantique a réalisé un gros travail sur la génétique pour l’adaptation du troupeau au…
La laiterie des Montagnes d’Auzances a créé la beurrerie dans des locaux existants pour fabriquer des petits volumes à forte valeur ajoutée. © LMA
Dans la Creuse : Le beurre de baratte pour sortir du marasme du lait UHT
La laiterie des Montagnes d’Auzances a lancé une fabrication de beure de baratte en partenariat avec Montlait pour pérenniser une…
Maïs fourrage: c'est le grain qui dicte le stade de récolte, pas les feuilles !
Récolter au bon stade le maïs fourrage est essentiel : il en va de la qualité et de la conservation  de l'ensilage. Ne vous…
Frédéric Lenglet avec Indienne, une croisée montbéliarde x rouge suédoise x prim’holstein x jersiaise. « Les 110 hectares accessibles depuis le siège d’exploitation ont permis d’accueillir 200 vaches tout en gardant un système très pâturant. » © A. Conté
« Sécuriser le système fourrager pour produire 1 million de litres de lait bio »
Dans la Sarthe, Frédéric Lenglet est en passe de produire 1 million de litres de lait bio avec des vaches à 5 000 litres. Ses…
Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 8.50€/mois
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site Réussir lait
Profitez de l’ensemble des cotations de la filière Réussir lait
Consultez les revues Réussir lait au format numérique, sur tous les supports
Ne manquez aucune information grâce aux newsletters de la filière laitière