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Lait de montagne : comment une petite coopérative donne un bon coup de pouce aux jeunes éleveurs

Dans le Massif Central, la Coopal, une coopérative de 250 exploitations adhérentes, a conclu un accord avec ses acheteurs de lait pour sécuriser et améliorer le prix du lait des jeunes installés. Ainsi qu'un accord avec quatre chambres d’agriculture de son territoire pour former des jeunes.

groupe de jeunes éleveurs adhérents de la Coopal et les partenaires de la Coopal.
Le programme jeune de Coopal concerne 20 jeunes en 2026 : 9 installés en 2025 et 11 dont l'installation se fait en 2026.
© E. Fournier

« Dans un contexte de déprise laitière, notre objectif est de soutenir les jeunes installés et de créer une dynamique collective entre eux », plante Jacques Cornelissen, président de Coopal, Coopérative Auvergne Limousin, de 250 exploitations laitières adhérentes, en zone de montagne sur la Corrèze, Creuse, Puy de Dôme et Haute-Loire, et avec un producteur dans le Cantal et un autre dans l'Allier.

« Notre politique est d’aider via le prix du lait et pas via des ristournes ou des aides ciblées sur certaines actions. Parce qu’un éleveur est un chef d’entreprise qui doit mener son exploitation comme il l’entend. Et parce que le prix du lait est le véritable signal économique qui entretient une dynamique d’investissement et d’installation, ou au contraire la casse. »

450 €/1 000 l garantis et + 20 € de supplément

Le programme de Coopal comprend un prix du lait de base minimum garanti de 450 euros les 1 000 litres pendant quatre ans, pour les jeunes installés, sur 300 000 litres maximum par UTH. « Ce prix plancher est une garantie pour les banques », ajoute Eve Fournier, responsable de collecte Coopal. Jusqu’en janvier 2026, le prix de base du lait était au-dessus de 450 euros. « Mais dans les prochains mois, étant donné les signaux de marché, il est probable que le dispositif se déclenche », estime-t-elle.

Le programme jeune comprend aussi un supplément de 20 euros les 1 000 litres sur le prix de base des jeunes installés, durant quatre ans, avec là aussi un plafond à 300 000 litres par UTH.

Ces aides sont ouvertes à tous les adhérents installés depuis le 1er janvier 2025 et âgés de moins de 40 ans à l’installation. « En contrepartie, le ou la jeune doit suivre deux formations par an sur des thèmes technico-économiques, car on se rend compte qu’ils ont besoin de consolider leurs connaissances techniques et de gestion », indique Jacques Cornelissen.

Formation, suivi individuel et groupe jeune pour renforcer le collectif

Le jeune doit également participer à une journée collective par an, avec la matinée consacrée à un thème technico-économique. Et l’après-midi se passe sur le terrain, avec une visite d’usine ou de laboratoire d’analyse. « L’idée est que les jeunes puissent se rencontrer, échanger, et créer un groupe », explique l’animatrice. Il faudra aussi faire réaliser le suivi de ses animaux par un conseiller durant les quatre années post installation. Et adhérer au contrôle de performance pour faire le suivi de sa production laitière. 

« Avec ces formations, le suivi individuel et le groupe d’échanges, nous espérons que les éleveurs les plus dynamiques aident les autres; Et que cela permettra aussi de déceler assez tôt les difficultés de certains pour pouvoir les aider à redresser la barre quand il est encore temps, décrit Jacques Cornelissen en espérant que la démarche contribuera à ce que « les jeunes comprennent l’intérêt de s’impliquer dans leur coopérative, pour en faire une coop forte. Aujourd’hui, il n’y a pas de jeunes au conseil d’administration ».

SLVA et Fromagerie du Velay financent les aides sur le prix du lait

Mais une petite coopérative comme la Coopal, avec des moyens financiers limités, ne pouvait pas financer un tel programme. Elle a réussi à trouver des partenaires, intéressés à participer à la relance d’une dynamique laitière. Une convention a ainsi été signée entre la Coopal et ses deux acheteurs de lait, qui sont confrontés à la déprise laitière : SLVA (Société laitière des volcans d’Auvergne, du groupe Terra Lacta) et Fromagerie du Velay (groupe Centurion). Ces deux laiteries financent le prix du lait minimum garanti et le complément de prix de 20 €/1 000 l. Et une autre convention, pour la partie formation et conseil, a été signée avec quatre chambres d’agriculture du territoire : Corrèze, Creuse, Puy de Dôme et Cantal.

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