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Donnez-vous la priorité aux taux pour faire votre produit lait ? 

Avec un bon prix du lait de base ces deux dernières années, certains éleveurs orientent davantage leur stratégie sur le volume plutôt que sur les taux. Tandis que d'autres préfèrent miser sur les taux butyreux et protéiques, surtout s'ils sont bien valorisés par leur laiterie, pour maximiser leur prix du lait.

<em class="placeholder">Vaches laitières à la traite</em>
© A. Conté
 

OUI. « Une moitié du troupeau en vaches croisées et du séchage en grange pour allier taux et production »

Jean-Christophe Pitiot, éleveur bio, en Gaec dans la Loire

<em class="placeholder">Jean-Christophe Pitiot, éleveur bio en Gaec dans la Loire</em>
Jean-Christophe Pitiot, éleveur bio en Gaec dans la Loire © J. C. Pitiot

OUI. « Notre Gaec est en bio et nous cherchons à la fois le volume de lait par vache (8000 l/VL) et les taux. En 2025, nous avons livré 408 000 litres de lait avec un taux butyreux (TB) moyen de 41,8 g/l et un taux protéique (TP) moyen de 34,7. Biolait paye bien les taux (5 €/1000 l les grammes au-dessus de 38 de TB et 6,6 € les grammes au-dessus de 32 de TP), ce qui nous a permis d'obtenir plus de 15 200 euros d'incidence qualité due aux taux, soit 7% du chiffre d'affaires "lait". Avec 6 450 € de prime à la qualité sanitaire, l'incidence qualité a dépassé les 53 €/1000 l et notre prix payé a atteint environ 520 €/1000 l. En bio depuis 2013, notre objectif est un système qui produit du lait par vache via les fourrages essentiellement (pâturage, foin, affouragement, sans tourteaux et avec moins de 125 g/l de concentrés), et avec des taux pour maximiser le produit lait

Le levier génétique passe par le fait de ne pas sélectioner de taureau négatifs en taux. Une moitié du troupeau est en prim'Holstein. Sur l'autre moitié, nous faisions des croisements (pie rouge des plaines, normande, brune), puis nous avons décidé de passer en Suisse fleckvieh (moyenne de la race à 40-35 de TB-TP) pure par aborption. 

Depuis la mise en service du séchage en grange en 2020 (avant, ensilage d'herbe et de maïs), le TB a progressé de 2 points, le TP de 1,5 point et la production laitière de 1000 kg de lait par vache et par an. Le séchoir équipé d'un déshumidificateur nous permet de faucher plus précocément nos prairies à base de luzerne et nos prairies permanentes, et de laisser moins longtemps le fourrage sécher au sol, ce qui réduit la perte de feuilles et de valeur alimentaire. » 

NON. « Mais ce fut le cas avant l'arrivée du robot il y a deux ans »

Alexis Bobon, en Gaec en Ille-et-Vilaine

<em class="placeholder">Alexis Bobon, éleveur laitier en Gaec, en Ille-et-Vilaine </em>
Alexis Bobon, en Gaec en Ille-et-Vilaine © E. Pottier

NON. « Depuis deux ans, notre stratégie est de faire notre chiffre d'affaires par le volume avant tout, avec nos 115 vaches. Le pâturage a été arrêté, deux robots de traite installés et la stratégie de sélection génétique vise en premier à augmenter le volume de lait par vache et ensuite à maintenir les taux. Mais auparavant, nous cherchions les taux avant tout pour chercher les primes à la matière grasse et protéique, et ensuite nous sélectionnions le volume. Les taux moyens ressortaient à 41 g/l pour le taux butyreux et 33 g/l pour le taux protéique, pour une production par vache de 27 kg de lait par jour en moyenne. Aujourd'hui, notre lait est plutôt à 39 de TB et 33 de TP, pour 35 kg de lait produits par vache. Notre objectif à terme est que les taux restent au-dessus de 38-32 pour que l'incidence qualité reste positive. 

C'est un très bon calcul économique quand le prix du lait de base est élevé comparé au paiement des taux, comme c'était le cas en 2024 et 2025. Cela reste valable encore début 2026. Nous maintenons ce cap. Je pense que même si le prix du lait descend encore, cette stratégie restera pertinente. Je pense en effet qu'il vaut mieux miser sur le rendement par vache avec moins d'animaux pour produire un même volume de lait. Car plus d'animaux signifient plus de problèmes de santé à gérer et plus de travail, avec un impact négatif sur la rentabilité. »

Plutôt OUI. « Notre lait à 45 - 34 de TB - TP pour 8500 litres par vache est économe »

Jean-François Gahery, en Gaec en Mayenne

<em class="placeholder">Jean-François Gahery, éleveur en Gaec, en Mayenne</em>
Jean-François Gahery, en Gaec en Mayenne © J. F. Gahery

OUI. « Notre objectif est de chercher un prix du lait supérieur au prix de base, grâce à la qualité. C'est une des raisons qui nous a conduit à augmenter la part de vaches de race montbéliarde dans le troupeau. En 2025, nos 85 vaches (moitié en prim'Holstein et moitié en montbéliarde) ont donné un lait à 45,1 - 34,1 de TB - TP. Côté cellules, germes totaux et butyriques, nous n'avons eu qu'une pénalité butyrique (moyenne sur douze mois de mars 2025 à février 2026). 

Nous ne cherchons pas à faire un maximum de lait par vache (8500 - 8700 l/VL/an) car nous voulons produire un lait économe, à partir d'un maximum de pâturage (plus de 25 ares par vache), juste un peu de maïs ensilage, et des stocks d'herbe et de méteil enrubannés. Nous complémentons avec un correcteur azoté du commerce à base de tourteau de colza. Le colza a tendance à faire baisser le taux butyreux par rapport au soja, mais c'est un choix éthique. Nous n'amenons pas de concentré de production. Les taux sont donc dépendants de la qualité des fourrages. Côté génétique, nous sélectionnons des taureaux améliorateur sur les taux, les aplombs et la mamelle, et plutôt améliorateur en lait (+600 litres). Les taux ne sont pas bien payés par ma laiterie, donc nous ne cherchons pas davantage de matière grasse et de matière protéique, via des concentrés. » 

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