Aller au contenu principal

Quel est l'impact de la baisse du taux de sel dans le pain ?

Depuis le 1er octobre, les boulangers se sont engagés à réduire le taux de sel dans le pain, pour atteindre un seuil maximal de 1,4 g de sel pour 100 g de pain.

© ariesa66 (Pixabay)

À l’écoute des professionnels, la diminution du taux de sel dans le pain (prévu en plusieurs étapes par l’accord collectif volontaire signé le 3 mars 2022) n’aurait que très peu d’impact sur le prix (pour le boulanger comme pour le consommateur) et sur le goût du pain.

« Économiquement, cette diminution du sel dans le pain ne représente rien ou presque », estime Christian Vabret, meilleur ouvrier de France et boulanger à Paris. Pour le professionnel, « Si on réduit le grammage de sel, on rend le pain plus fade. Donc pour rattraper cela, il faudra travailler davantage la fermentation qui pourra être allongée et donc durer plus longtemps. Rappelons que le sel est un élément de régulation de la fermentation. »


Le principal risque est donc une perte de goût du pain, ou du moins de goût salé. « Il ne faut pas trop s’inquiéter, pour ceux qui ont déjà réduit précédemment l’apport de sel dans la pâte, la diminution de 1gramme ne se sentira pas ou quasiment pas », conclut Christian Vabre. Sans oublier qu'une fermentation prolongée apportera davantage de goût au pain. De là à dire que la baisse de sel pourrait entraîner une amélioration du goût, il n'y a qu'un pas. A condition que les boulangers jouent le jeu globalement en modifiant leur pratique par un allongement adéquate de la phase de fermentation.

 

Témoignage de Pierre Tristan Fleury, Directeur du Lempa (Laboratoire National de la Boulangerie-Pâtisserie)

" Cette mesure est excellente d’autant qu’elle n’a aucun impact économique, que le goût de la baguette n’en sera que meilleur avec les plus longues fermentations que le boulanger ne manquera pas de mètre en place pour développer les arômes du pain de tradition française. On pourrait être un peu inquiet en se disant que la conservation sera moindre (car le sel piège de l’eau et permet de garder le moelleux plus longtemps) mais à ces doses de diminution il n’y a pas d’impact que le boulanger ne saurait corriger par son travail en ajoutant par exemple un bassinage lors du pétrissage. "

 

Une diminution du sel dans le pain prévue en plusieurs étapes

Depuis le 1er octobre, les boulangers sont censés réduire de 1 gramme pour 1 kilogramme de pain, la concentration de sel dans ce dernier. Une mesure qui répond aux engagements pris lors de la signature l’accord collectif volontaire du 3 mars* 2022 selon lequel la teneur en sel du pain devrait diminuer de 10 % d’ici 2025. Une baisse organisée en plusieurs étapes. L’une d’elle était de ne pas dépasser 1,5 g de sel pour 100 g de pain à l’horizon juillet 2022.
L’objectif a été globalement atteint puisque d’après un rapport de l’Observatoire de l’alimentation, 82,5 % des pains courants et tradition analysés étaient « conformes à cet engagement quels que soient les régions et les circuits de distribution ». Notons que La teneur moyenne en sel des pains analysés était alors de 1,34 g/100 g, correspondant « à une diminution de plus de 20% par rapport à la teneur moyenne de 1,7 g/100g mesurée en 2015 », selon le ministère de l’Agriculture.

Le 1er octobre 2023 a ainsi marqué une nouvelle étape dans cette réduction programmée de la teneur en sel du pain français. À partir de cette date, les boulangers sont désormais sensés appliquer une nouvelle baisse en respectant un taux maximal de 1,4 g de sel pour 100 g de pain courant, 1,3 g de sel pour 100 g de pains complet ou aux céréales, et 1,2 g de sel pour 100 g de pain de mie. Prochaine étape, 1er octobre 2025, date à partir de laquelle l’objectif sera un seuil de 1,1 g de sel pour les pains de mie.

Les plus lus

Collecteurs et utilisateurs sont deux maillons de la chaîne qui ne se connaissent pas, en raison de l’existence d’intermédiaires, les exportateurs en l'occurence.
Commercialisation des céréales : embellie pour les exportations françaises sur la campagne 2025-2026

Lors de son conseil spécialisé Grandes cultures du 13 mai 2026, FranceAgriMer a jugé que la dynamique des exportations…

<em class="placeholder">Coupe de luzerne dans la Marne.</em>
Luzerne déshydratée : la culture retrouve une dynamique positive en 2025-2026
Après une campagne 2024-2025 difficile, la filière luzerne déshydratée dresse un premier bilan favorable de la campagne 2025-2026…
<em class="placeholder">Production nationale d&#039;aliments composés (en tonnes)</em>
Alimentation animale : comment évoluent les fabrications en France entre mars 2025 et mars 2026 ?

Le tonnage d’aliments pour animaux produit en France a progressé en mars 2026 par rapport à février 2026 et mars…

<em class="placeholder">La Bourse aux grains de Sète, qui s&#039;est tenue sur le môle Saint-Louis, a accueilli environ 400 personnes pour son édition 2026. </em>
Marché français des céréales : une fin de campagne commerciale chamboulée par la géopolitique et des interrogations sur celle qui arrive

Lors de la Bourse aux grains de Sète, le 22 mai 2026, les professionnels des métiers du grain constatent des échanges…

Graphique prix blé maïs orge France au 15 mai 2026
Marché des céréales du 15 mai 2026 –  Des prix du blé et du maïs en chute libre malgré la hausse du prix du pétrole

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 14 et le 15 mai 2026, expliquée par La Dépêche-Le Petit…

Graphique prix blé maïs orge France au 19 mai 2026
Marché des céréales du 19 mai 2026 –  Nouvelle hausse des prix du blé et du maïs sur Euronext

L’évolution des prix du blé, de l’orge et du maïs français entre le 18 et le 19 mai 2026, expliquée par La Dépêche Le Petit…

Publicité
Titre
Je m'abonne
Body
A partir de 958€/an
Liste à puce
Accédez à tous les articles du site La dépêche – le petit meunier
Bénéficiez de la base de cotations en ligne
Consultez votre revue numérique la dépêche – le petit meunier
Recevez les évolutions des marchés de la journée dans la COTidienne