Exportations céréalières : Sénalia a enregistré une belle activité en orge fourragère sur la campagne 2025-2026
Le prestataire de services, installé sur le port de Rouen, a exporté moitié plus d’orge fourragère durant la campagne 2025-2026 que la précédente, pour revenir à son niveau de 2023-2022. La campagne 2026-2027 s’annonce pour l’heure sous de bons auspices en céréales à paille.
Le prestataire de services, installé sur le port de Rouen, a exporté moitié plus d’orge fourragère durant la campagne 2025-2026 que la précédente, pour revenir à son niveau de 2023-2022. La campagne 2026-2027 s’annonce pour l’heure sous de bons auspices en céréales à paille.
« La campagne d'exportation 2025-2026 peut être qualifiée de “moyenne basse” par rapport aux cinq dernières années, en ôtant la campagne 2024-2025 [atypique par la faiblesse de sa récolte céréalière, NDLR] », indique Alain Charvillat, directeur céréales export de Sénalia. Les silos portuaires rouennais ont exporté 3,46 Mt durant la campagne qui vient de s’achever, contre 3,85 Mt en 2023-2024 et 4,10 Mt en 2022-2023.
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Des exportations céréalières inférieures à celles de 2023-2024
« La campagne 2025-2026 se caractérise par un retour à la normale en blé tendre et une belle activité en orge fourragère », précise le dirigeant de Sénalia. Dans le détail, les chargements de blé tendre ont plus que doublé d’une campagne sur l’autre, mais ont reculé de 15 % par rapport à 2023-2024. En orge fourragère, les expéditions ont progressé de 43 % entre les deux dernières campagnes, revenant à leur niveau de 2023-2024.
| Exportations au départ de Sénalia | ||||
| En tonnes | Campagne 2024-2025 | Campagne 2024-2025 | Campagne 2023-2024 | Campagne 2022-2023 |
| Blé tendre | 2 130 000,00 | 952 000 | 2 500 000 | 2 640 000 |
| Orge fourragère | 1 059 000,00 | 738 000 | 1 140 000 | 876 000 |
| Orge de brasserie | 122 000,00 | 159 000 | 190 000 | 458 000 |
| Blé dur | 44 000,00 | 41 000 | 34 000 | n. c. |
| Maïs | 72 000,00 | 47 000 | 0 | 0 |
| Total | 3 460 000,00 | 1 940 000 | 3 850 000 | 4 100 000 |
| n. c. : non communiqué | ||||
| Source : Sénalia, au 7 juillet 2026. | ||||
Les sorties de blé dur ont augmenté pour la deuxième campagne consécutive, de respectivement 29 % en 2024-2025 et 7 % en 2025-2026.
Une montée en puissance des exportations de maïs
« Quant au maïs, on observe une montée en charge d’une campagne sur l’autre », se réjouit Alain Charvillat. Inexistants en 2023-2024, les volumes exportés ont plus que doublé entre 2024-2025 et 2025-2026. « Cependant, j’ai peur que cette embellie ne soit que de courte durée au vu de la nette dégradation de l’état des cultures de printemps cette année », s’inquiète le directeur céréales. En raison des épisodes de canicule de juin et juillet, qui touchent de plein fouet les parcelles de maïs et de tournesol en cours de floraison dans la majeure partie de l’Hexagone, les récoltes d’automne « se présentent mal » et sont anticipées « beaucoup plus basses que d’habitude ».
À ces tonnages de céréales, il faut ajouter 28 000 t de colza (contre 0 t en 2024-2025) et 5 200 t de pois (contre 3 700 t en 2024-2025).
Moins de clients en blé tendre mais plus en orge fourragère
« La campagne 2025-2026 se caractérise par un resserrement des destinations en blé tendre », indique Alain Charvillat. L’Algérie étant toujours absente pour raisons diplomatiques, c’est le Maroc qui est de loin le premier client du blé tendre issu de l’hinterland rouennais, avec 40 % du volume. En deuxième position, se trouve le Portugal, avec 9 % du tonnage. Puis viennent l’Espagne, la Tunisie et l’Afrique de l’Ouest. « La demande de la part de l’Union européenne, plus précisément de la péninsule Ibérique, se renforce », souligne le dirigeant de Sénalia.
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« En orge fourragère, a contrario, nous enregistrons de multiples destinations sur des volumes conséquents », affirme-t-il. La Chine est en tête de liste, avec 26 % du tonnage exporté en 2025-2026, suivie de près par l’Arabie saoudite (24 %). Puis on trouve la Libye et le Maroc, avec respectivement 12 % et 11 % des chargements. Sans oublier quelques bateaux sur la Tunisie, la Jordanie, l’Irak, l’Iran, le Qatar et les Îles Canaries.
L’orge de brasserie est expédiée en Amérique centrale, en l’occurrence le Mexique, la Colombie et l’Inde.
Une campagne 2026-2027 qui s’annonce bonne sans être exceptionnelle
« En raison d’une récolte d’orge fourragère très précoce sur l’hinterland du port de Rouen, nous en avons déjà réceptionné et expédié un volume important. La qualité sanitaire et technologique de la céréale est très bonne », souligne Alain Charvillat. À titre d’exemple, la dernière cargaison de 100 000 t ensilée présentait un poids spécifique de 66 kg/hl, une humidité de 11,5 % et une teneur en protéine de 11,5 %.
En blé tendre, Sénalia réceptionne les premiers lots, qui présentent « une qualité prometteuse » par rapport à l’année dernière mais avec « des rendements moyens et hétérogènes ». Reste à savoir comment vont évoluer les caractéristiques quantitatives et qualitatives au fil des réceptions. « Nous nous interrogeons en effet sur l’impact des coups de chaud passé et présent sur les parcelles les moins mûres », s’inquiète le directeur céréales export de Sénalia.
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Un manque de cales fluviales criant pour le pré-acheminement des grains
« Nous sommes confrontés à de grandes difficultés pour acheminer les céréales depuis notre hinterland par la voie d’eau », alerte Alain Charvillat. Le manque de cales fluviales, latent ces dernières années, devient problématique.
Heureusement Sénalia peut compter sur son « organisation collective de transport fluvial, mise en place en septembre 2025 et qui fonctionne très bien ». Si elle a été « difficile à mettre en place », elle n’en est pas moins « plus résiliente ». Sur le principe, une barge de 1 300 t est privatisée au nom de plusieurs chargeurs (cinq en l’occurrence), et non d’un seul, ce qui permet d’assurer en moyenne un trajet par semaine en mutualisant les cargaisons.
Cependant, si la part du transport massifié dans le pré-acheminement des céréales vers les silos portuaires de Sénalia n’a pas bougé, on enregistre un transfert de la péniche vers le train. « Ce que l’on a perdu en fret fluvial, on l’a gagné en fret ferroviaire », explique Alain Charvillat.
En l’état actuel des choses, la part de la voie ferrée s’élève à 15 % (contre 7 % à 8 % il y a quelques années) et à 30 % pour la voie d’eau, faisant encore la part belle à la route. Ainsi, plus de la moitié des céréales réceptionnées par Sénalia (55 % précisément) sont acheminées par camions.
Un premier programme de chargement d’orge fourragère sur la Chine
« Nous espérons vivement que l’Algérie reviendra s’approvisionner sur le marché hexagonal car c’est une destination importante et intéressante pour la France. Mais nous n’avons aucun signe dans ce sens actuellement. Quant à la Chine, ce n’est pas impossible qu’elle soit encore bien présente cette campagne. Sur ce marché difficile à lire, les choses peuvent aller très vite », confie Alain Charvillat.
Pour l’heure, exception faite d’un programme de chargements en orge fourragère à destination de la Chine entre fin juin-mi août, le carnet de commandes de Sénalia est vide sur la période estivale. « Il faut que les volumes se concrétisent pour que nous puissions nous organiser. Mais en tout état de cause, on ne s’attend pas à une moisson céréalière pléthorique, avec une récolte de maïs attendue en net retrait cette année. »
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Quant à un objectif d’exportations pour la campagne 2026-2027, il est encore trop tôt pour que Sénalia se prononce. On y verra plus clair en septembre, une fois les récoltes de céréales à paille terminées et analysées
Le port de Rouen confirme son rôle de plate-forme de référence pour la filière céréalière française
La campagne 2025-2026 s’achève avec 8,37 Mt de céréales exportées au départ du port de Rouen, auxquelles on peut ajouter 600 000 t d’oléagineux et de malt, selon les données publiées par l’Union portuaire rouennaise.
L’exercice commercial se caractérise par « une excellente performance des orges, qui enregistrent leur troisième meilleur tonnage historique » et une diversité des destinations des grains. Le Maroc occupe la première place du podium, avec 2,67 Mt, puis viennent la Chine (0,58 Mt), la Côte d’Ivoire (0,52 Mt), l’Arabie saoudite (0,50 Mt) et la Libye (0,46 Mt).
Avec une part de marché provisoire de 54 % des exportations maritimes françaises de céréales, le port de Rouen illustre sa capacité à « répondre aux attentes des marchés internationaux, tout en accompagnant les acteurs de la filière grâce à une logistique performante et à des infrastructures adaptées », souligne l’organisation portuaire.