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Certification
AB et HVE : une histoire mouvementée

Agriculture biologique et Haute Valeur environnementale sont aujourd’hui considérés comme deux labels officiels complémentaires, mais cela n’a pas toujours été le cas.

Cette année, la filière pomme du Limousin AOP entend certifier 100 % de ses vergers HVE. Plus de 20 % d’entre eux sont en agriculture biologique.  © Claire Tillier
Cette année, la filière pomme du Limousin AOP entend certifier 100 % de ses vergers HVE. Plus de 20 % d’entre eux sont en agriculture biologique.
© Claire Tillier

Depuis la création de la certification Haute Valeur environnementale (HVE) en 2008, sa cohabitation avec le label officiel de l’agriculture biologique (AB) n’a pas été un long fleuve tranquille. Pour rappel, la HVE avait été créée pour valoriser les pratiques agroécologiques de certains vignerons qui ne pouvaient pas passer en agriculture biologique. Dès le début, pourtant timide de la certification environnementale, le secteur biologique était sur ses gardes.

En 2009 par exemple, la Fédération nationale de l’agriculture biologique (Fnab) s’inquiétait d’une « dénaturation de la HVE ». « La qualification Haute Valeur environnementale vient d’être dénaturée par le vote des sénateurs », indiquait-elle, en demandant aux parlementaires de « rester vigilants à ne pas confondre les intérêts marketing de ceux qui sont le plus enclins à communiquer avec l’engagement de ceux qui s’engagent véritablement à changer leurs pratiques telles que le réclame la société. »

« HVE : les bios redoutent les distorsions », pouvait-on aussi lire en septembre 2010 dans FLD à la suite de l’assemblée générale du Synabio où « la certification HVE avait été au centre des débats » ; le Synabio jugeant que « le terme HVE lui-même » était « source de confusion ».

Valoriser des pratiques agroécologiques différentes

Dix ans plus tard, le secteur biologique est lui aussi critiqué. La préservation de l’environnement est devenue une préoccupation majeure dans les attentes sociétales, et la notion de HVE a gagné du terrain. Désormais, les acteurs du bio s’engagent aussi dans la HVE, présentée comme une certification complémentaire. Pour un agriculteur en bio, s’engager dans la certification HVE lui permet par exemple de valoriser ses efforts en matière de biodiversité et de maintien des éléments naturels (haies, arbres…) dans son exploitation.

« Bio et HVE permettent de valoriser des pratiques agroécologiques différentes, mais complémentaires qui concourent toutes à une amélioration de l’impact de l’activité agricole sur l’environnement », résumait, en 2016, le ministère de l’Environnement.

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