La pesée des porcelets à la naissance, levier de gain technique pour les éleveurs de porc
Une enquête en élevages d’Evel’Up confirme l’intérêt du suivi régulier du poids des porcelets à la mise bas pour adapter les plans d’alimentation et améliorer les performances en maternité.
Une enquête en élevages d’Evel’Up confirme l’intérêt du suivi régulier du poids des porcelets à la mise bas pour adapter les plans d’alimentation et améliorer les performances en maternité.
Les élevages qui pèsent depuis plus de deux ans les portées à la mise bas ont une prolificité plus élevée (+ 0,35 de nés totaux), mais aussi des porcelets plus lourds de 40 g (+ 3 %) et des poids de portées supérieurs de 1,2 kg (+ 5 %) que ceux qui pèsent depuis moins de deux ans.
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C’est ce qui ressort d’une enquête réalisée en 2025 chez 21 éleveurs du groupement Evel’Up ayant généralisé la pesée de porcelets à la mise bas. Et un porcelet plus lourd à la naissance est aussi un porcelet qui a un meilleur taux de survie. « Les élevages ayant davantage de recul sur la pesée à la mise bas ont un taux de perte sur nés vifs inférieur de 0,8 point (12 %) », a présenté Marie Jestin, conseillère technico-économique d’Evel’Up lors de son intervention au forum Flash’Up. « Ces résultats confirment l’intérêt de la pesée à la mise bas pour améliorer les résultats techniques. C’est un levier de progrès très performant ! », est-elle convaincue. « En objectivant les poids moyens des porcelets et leur évolution d’une bande à l’autre, cet indicateur aide l’éleveur à gagner en réactivité en adaptant ses pratiques d’élevage et son plan d’alimentation. »
Un moindre effet du rang de portée
L’analyse des données de 2025 sur l’ensemble des 21 élevages montre également que l’influence du rang de portée sur le poids de naissance est moindre chez les éleveurs qui pèsent depuis plus longtemps. « C’est sans doute le signe d’une utilisation optimisée des pesées à la naissance pour adapter les plans d’alimentation en fonction du rang de portée et de la prolificité », appuie Marie Jestin. Les poids moyens des porcelets sont similaires entre les deux groupes d’éleveurs pour les portées de truies des rangs 1 et 2 puis diffèrent significativement à partir du rang 3, de même pour le poids de portée (voir graphique).
Anticiper les effets saisons
Le suivi du poids de naissance tout au long de l’année facilite l’adaptation des rations et des gammes d’aliments selon la saison. « Une variation saisonnière des poids de naissance apparaît clairement chez les cinq élevages qui pèsent depuis au moins quatre ans, avec une baisse de poids durant les trimestres hivernaux et qui se répète chaque année. Ce constat a également été fait sur les données de 2025 de l’ensemble des 21 élevages. » Les porcelets nés en hiver, c’est-à-dire entre novembre et février, sont 37 g plus légers que ceux nés en été, avec un écart de poids de portée de 530 g entre les deux saisons. « Deux hypothèses pourraient expliquer ces variations saisonnières : une consommation plus faible des truies durant la lactation précédente qui a lieu l’été ; une augmentation des besoins d’entretien des truies dans le cas d’une gestation en hiver, avec en conséquence une baisse des nutriments alloués à la portée. »
Viser 1,45 kg à 24 heures de vie pour 17 nés totaux
En 2025, les 21 élevages de l’enquête Evel’Up pratiquant la pesée de portée de porcelets à la mise bas avaient un poids moyen de 1,44 kg et un poids de portées de 24,8 kg pour 17,2 nés totaux. « Ces pesées sont souvent réalisées au moment des soins, à 24 heures de vie, soit un écart de 40 g par rapport à une pesée réalisée dès la naissance, selon les données de la bibliographie. L’idéal est de vérifier également l’homogénéité des portées, en comptant le nombre de porcelets de moins de 1 kg », souligne Marie Jestin. L’objectif est d’avoir un taux de petits porcelets inférieur à 12 % et un poids moyen de porcelet de 1,45 kg pour une prolificité de 17 nés totaux, objectif à adapter selon la prolificité de l’élevage.