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« La filière oenotouristique a besoin de se structurer »

Face à un développement évident de l’œnotourisme en France, syndicats et élus se mobilisent pour structurer cette filière en devenir. À la clé, des retombées économiques non négligeables dans les territoires accueillant des oenotouristes.

Imaginer un parcours de visite pour faire vivre aux oenotouristes une expérience inoubliable, comme ici au Moulin de Chauvigné, dans le Maine-et-Loire, est un métier à part entière. La développement de l'oenotourisme en France rend nécessaire la structuration d'une filière dédiée.
© J.Gravé

« L’oenotourisme est une réalité économique », a martelé Nathalie Delattre, co-présidente de l’Association Nationale des Élus de la Vigne et du Vin (Anev), lors d’une table ronde organisée au salon VITeff, à Epernay. Rappelant que la France a accueilli près de 10 millions d’œnotouristes en 2016, pour 5,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, l’élue a insisté sur la nécessité immédiate de « structurer la filière oenotouristique ». « Nous avons besoin de personnes spécifiquement formées à l’œnotourisme. Au sein de l’Anev nous militons pour que ces métiers fassent pleinement partie de l’enseignement agricole », a poursuivi Nathalie Delattre. La co-présidente milite par ailleurs pour que le sujet doit être traité conjointement par les ministères de l'Agriculture, de l'Enseignement supérieur ainsi que de l'Europe et des Affaires étrangères.

 

Travailler collectivement, sans concurrence entre les régions

Également invité de la table ronde, Maxime Toubart, président du syndicat général des vignerons (SGV) de la Champagne a défendu l’idée de travailler collectivement pour construire cette filière oenotouristique. « Il faut arrêter de penser que nos régions sont concurrentes. Nous devons « chasser en meute », et surtout prendre du plaisir à exercer ces nouveaux métiers », a-t-il invoqué. Une vision partagée par Frédéric Nau, fondateur des éco-stations les bulles vertes. « On peut même travailler avec d’autres filières pour promouvoir l’œnotourisme. Il suffit d’avoir un discours moins centré sur le vin », a-t-il complété. Les plantes, les arbres, la gastronomie, l’histoire ou encore le paysage sont autant de thématiques que l’on peut aborder avec les oenotouristes.

Des pistes pour mutualiser les ressources humaines et financières

Conscients que le recrutement d’un responsable oenotouristique peut constituer un poste d’investissement trop lourd pour les exploitations viticoles, le participants de la table ronde ont imaginé des pistes pour mutualiser les ressources. « Un emploi partagé entre plusieurs domaines est une solution pour créer une offre oenotouristique complète. Mais certains s’y refusent au nom de la confidentialité », a commenté Maxime Toubard. « Pourquoi ne pas créer des sortes de coopératives oenotouristiques dans les villages, qui pourraient faire le lien entre les domaines viticoles mais aussi les boulangers ou les fromagers », a de son côté imaginé Frédéric Nau. Autant de sujets à inclure dans la réflexion sur la structuration de la filière oenotouristique.

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