« J’ai remonté la pente de mes résultats techniques en poulet de chair»
Installée depuis huit ans en poulets de chair, Suzanne Plantec a redressé la barre et repris confiance grâce à une remise à plat de ses pratiques techniques.
Installée depuis huit ans en poulets de chair, Suzanne Plantec a redressé la barre et repris confiance grâce à une remise à plat de ses pratiques techniques.
« Financièrement cela va vite, je n’ai pas vu les choses venir », confie Suzanne Plantec, éleveuse de volailles de chair à Saint-Urbain dans le Finistère. Installée il y a huit ans, la jeune femme a traversé des moments difficiles : les problèmes de santé de son mari, les résultats techniques qui dévissent et la trésorerie qui se creuse dangereusement… En 2022-2023, Suzanne Plantec perd confiance. « J’étais au bout du rouleau. » Une table ronde est organisée avec Solidarité paysans et ses partenaires pour trouver un moyen de rebondir. « J’aime mon métier, je suis passionnée mais je me suis posé la question d’être cheffe d’exploitation », décrit-elle. Elle décide de changer de groupement à la fin du contrat, puis, grâce à une remise à plat des points techniques de ses deux bâtiments (2550 m² au total), peu à peu l’élevage refait surface. « C’était une accumulation de problèmes de réglages qui ont fait chuter les résultats », résume l’éleveuse, épaulée par son mari producteur de lait pendant toutes ces années. Depuis, la partie technique et financière s’est redressée et la confiance est revenue. Suzanne s’apprête aujourd’hui à investir pour passer dans la démarche Nature d’Éleveurs et gagner en valeur ajoutée.
Une vérification fine des réglages
L’ensemble a été passé en revue avec la référente bâtiment et ventilation, Brigitte Le Dorner, l’installateur et la technicienne du Gouessant. « Chaque poste a été décortiqué », indique Mireille Le Brigant, technicienne de la coopérative, en charge du suivi de l’élevage depuis 2024. Après cet état des lieux approfondi, les sondes de température et les cycles de ventilation ont été recalés. Un logiciel est à la disposition de l’éleveuse afin de vérifier le niveau des charges bâtiment par bâtiment. « Nous avons vu qu’il y avait un euro par m² par lot d’écart de charge en gaz entre les deux bâtiments, ce qui est énorme », indique Mireille Le Brigant. Dans le bâtiment de 1200 m² de type Colorado (rénové en 2018), un canon a été ajouté pour améliorer la température au démarrage des poussins. Le chauffage peu puissant ne permettait pas d’atteindre la température adéquate au démarrage, ce qui entraînait des problèmes sanitaires et de performances. Par ailleurs, une rectification de la qualité de l’eau a été réalisée après révision du système de filtration. Cet ensemble de vérifications et de réglages techniques a permis au final un gain de 0,10 point d’IC, avec une réduction de la pression sanitaire, des charges en aliment et des dépenses vétérinaires. C’est plus de 30 % de MPA qui a été gagné, passant de 10,50 euros à 14,50 euros par mètre carré et par lot en moyenne. À l’issue de cette étape, les investissements ont finalement été limités.
Prochaine étape : la démarche Nature d’Éleveurs
Une étude a été réalisée sur les différents postes d’amélioration, leurs coûts et les gains générés. La démarche Nature d’Éleveurs permettrait d’accéder à la prime de 38 euros par tonne ce qui permet de rentabiliser les investissements nécessaires. Ce dernier consiste en l’installation de fenêtres pour l’éclairage naturel, d’un système de ventilation longitudinal type Fancom pour une meilleure gestion des pododermatites et des perchoirs pour le bien-être dans le bâtiment de 1350 m², soit un montant de plus de 200 000 euros d’investissement. Pour ce faire, Suzanne Plantec est retournée voir sa banque confortée par ses résultats techniques : les derniers lots de poulet sont sortis à 15 euros le mètre carré de MPA. À terme, l’objectif étant d’atteindre une MPA de 17,50 à 18 euros par mètre carré et par lot. « Il fallait que je me remette sur mes deux jambes afin de redonner confiance à la banque et au centre de gestion », conclut-elle.
Mireille Le Brigant, technicienne Le Gouessant
« C’est un travail d’équipe »
« Il fallait que Suzanne reprenne confiance en elle. Aujourd’hui, lorsqu’un jeune s’installe, il doit être aussi performant qu’un éleveur expérimenté. Les jeunes éleveurs n’ont pas le droit à l’erreur et doivent être épaulés. Les réglages ne se font pas en une heure ou deux. Il faut donc un bon accompagnement technique. Éleveur et technicien, il y a toujours un binôme aidé des vétérinaires. »