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HARICOT
Le désherbage se raisonne dans la durée

Le désherbage du haricot se gère à l’année pour faire face aux levées échelonnées des adventices et se raisonne dans la durée pour limiter leur pression et leur prolifération.

Le désherbage des haricots et flageolets reste une opération délicate dans de nombreuses situations. Ces cultures estivales et irriguées sont en effet sujettes à des levées échelonnées d’adventices qui, si elles ne sont pas maîtrisées, font courir des risques de corps étrangers dans les récoltes. Or les herbicides à disposition sont peu nombreux et les doses de bentazone désormais limitées. La connaissance des adventices est par conséquent essentielle pour adopter des mesures adaptées, dans la durée. En effet, les adventices engendrent plusieurs types de nuisibilité (réduction du potentiel de rendement, qualité de récolte, refus de lots, salissement de la parcelle). La réussite du désherbage est donc primordiale et doit se raisonner sur le long terme, à l’échelle de la rotation, en utilisant différents leviers agronomiques : diversification des cultures et des périodes de semis, travail du sol en interculture, faux semis, binage...

La pré-levée pour limiter la concurrence des adventices

Malgré toutes les précautions qui peuvent être prises en amont pour limiter la présence d’adventices, le désherbage s’avère incontournable pour préserver la culture et son rendement et entretenir la propreté de la parcelle sur le long terme. La pré-levée est essentielle car elle permet de limiter la concurrence des adventices dès la levée des haricots et facilite ainsi les interventions de rattrapage. Car plus l’adventice est développée, plus elle est difficile à maîtriser. Trois herbicides sont utilisables en prélevée : Bonalan (benfluraline), Mercantor Gold (s-métolachlore) et Centium 36 CS (clomazone). Le choix du produit et de la dose se fait en fonction de la région et du type de sol. Il est important de rappeler que pour une efficacité optimale, ces spécialités racinaires nécessitent des conditions humides.

Un plafond maximum de 1 000 g/ ha/an de bentazone en post-levée

En post-levée, les programmes diffèrent suivant la longueur du cycle du haricot, l’enherbement de la parcelle, le stade de la culture et les possibilités d’intervention mécanique. Tous doivent néanmoins respecter un plafond maximum de 1 000 g/ha/an de bentazone, matière active présente dans les spécialités Basagran SG et Corum. Cette mesure, destinée à protéger les eaux souterraines, fait partie des conditions élémentaires de maintien de son utilisation. Corum + adjuvant, Basagran SG et Tramat F sont les trois herbicides disponibles. Corum est composé de deux molécules – imazamox et bentazone – qui agissent de façon complémentaire. Elles présentent des voies d’absorption et des modes de diffusion différents (contact et systémique) qui améliorent l’efficacité et la régularité du produit, à condition de toujours l’associer à un adjuvant (Dash HC, Silwet L-77, Heliosol…).

Le spectre d’action de Corum est plus large que celui de Basagran SG, grâce à un meilleur contrôle des chénopodes, amarantes, mercuriales, renouées liserons, pourpiers et séneçons. Notons également que l’humidité de sol renforce son activité (absorption racinaire de l’imazamox). Pour les levées échelonnées d’adventices (datura par exemple), il est recommandé de fractionner les doses de Corum. En cas de fort enherbement, il est intéressant d’associer Tramat F, de manière à étendre le champ d’activité de Corum comme de Basagran SG, notamment sur amarante, fumeterre, laiteron et particulièrement sur mercuriale et chénopode. Là encore, des conditions de sol humides sont obligatoires pour obtenir une bonne efficacité.

Une intervention antigraminée est parfois nécessaire pour compléter le désherbage. Elle se positionne à partir du stade 1 feuille trifoliée du haricot (2-3 feuilles à 2 talles des graminées). Quel que soit le produit utilisé, il est préférable de ne pas mélanger antigraminée et antidicotylédone.

Magali Trégier

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