« Ma stabulation transformée en bâtiment de ponte »

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Les anciennes portes de stabulation, ainsi que les fenêtres, ont été installées dans le centre de conditionnement. Crédits : © E. Desdouets
Dix perchoirs en aluminium ont été installés dans chacun des jardins d'hiver. Ils présentent les grands avantages d'être légers et faciles à nettoyer. Crédits : © E. Desdouets
Les barrières à vaches permettent maintenant aux poules d'accéder à une partie du parcours. Crédits : © E. Desdouets
La stabulation transformée, d'une superficie de 65 x 24 m, a accueilli son premier lot de poules pondeuses en avril 2017. Crédits : © E. Desdouets

Là où pâturaient les vaches, ce sont maintenant des poules qui explorent leurs parcours, d’une superficie de 2,25 hectares de chaque côté du bâtiment. Dans cette ancienne stabulation, Samuel Tallec élève 10 800 poules pondeuses bio. L’accès aux parcours se fait par deux jardins d’hiver, bardés en claires-voies, dont les structures étaient déjà existantes. Côté ouest, les 6,5 m de large de jardin d’hiver occupent l’ancien emplacement de la salle de traite et de la nurserie. Côté est, c’est la table d’alimentation qui a laissé place au second jardin d’hiver de 5 m de large.

Transformer pour gagner en rentabilité

Installé en 1999 sur l’exploitation laitière familiale à Plumieux, dans les Côtes-d’Armor, Samuel Tallec avait construit une nouvelle stabulation en 2002 pour accueillir ses 60 vaches laitières. La conjoncture difficile du marché du lait en 2016 a suscité une envie de changement de pratiques et de mode de vie, loin des contraintes horaires imposées par l’élevage laitier, et guidée par la recherche de rentabilité. « Le bâtiment était payé. La question s’est posée de soit tout arrêter, soit tout changer. Nous avons étudié différentes options : installer un robot, élever des taurillons… » Salarié dans différentes productions avicoles avant son installation, le choix s’est finalement porté sur la volaille. Samuel Tallec contacte alors la coopérative le Gouessant, et à la visite de la stabulation, le potentiel apparaît rapidement. « Avec sa structure semi-ouverte et ses parcelles environnantes, le bâtiment se prêtait plutôt bien à de la poule pondeuse bio. »

Une transformation à moindre coût

La transformation du bâtiment a essentiellement été réalisée par des entreprises. « Nous avons fait le démontage avant : les logettes en béton, les tubulaires, la salle de traite, … » Les équipements d’élevage (le pondoir, les chaînes d’alimentation, les pipettes, …) ont majoritairement été achetés d’occasion. « Nous avons tout démonté sur place, et remonté entièrement. » À plusieurs dizaines de kilomètres, le transport des équipements a nécessité un convoi d’une dizaine de tracteurs avec plateau « Cela nous a pris une après-midi pour tout ramener ». Les portails de la stabulation ont été récupérés et réhabilités dans le bâtiment, ainsi que les fenêtres, maintenant installées dans le centre de conditionnement. Les caillebotis plastiques, ainsi que le convoyeur à œufs, ont été achetés neufs. « Nous avons cherché une emballeuse à œufs d’occasion, mais pour 10 800 poules, c’est moins facile à trouver. L’achat d’une machine neuve s’est imposé. » Une économie réalisée qui a permis de construire un bâtiment de poules pondeuses pour presque moitié moins qu’un bâtiment neuf. « Au total, la transformation a coûté 35 euros par poule, parcours compris. »

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Avec près de dix ans de recul, l’objectif initial est atteint. « En une matinée, je fais ma journée de travail et mes résultats sont très bons. » Dans une constante démarche d’amélioration, la bonne connaissance de son bâtiment et son savoir-faire lui assurent aujourd’hui un outil performant et rentable.

Un chantier de nettoyage bien rodé

Travailler dans un bâtiment transformé, c’est savoir s’ajuster. Après neuf ans, la gestion du nettoyage lors du vide sanitaire est maintenant bien huilée. Samuel Tallec possède du matériel en commun avec son cousin, également éleveur de poules pondeuses, et l’entraide est de mise sur les six semaines de vide sanitaire. « Avec une équipe de cinq personnes, il nous faut une journée pour démonter les caillebotis (1,2x0,6m par dalle), et une journée pour les réinstaller. » La location d’une laveuse de caillebotis permet le décapage des 1000m² de caillebotis plastique. De plus, tout a été numéroté pour faciliter le remontage, « à la suite du premier vide », en sourit aujourd’hui l’éleveur. Hormis les chaînes de pipettes, qui peuvent être remontées au plafond, tout le reste doit être démonté. Les chaînes d’alimentation, de 65 m, sont démontables par modules de 3 ou de 6 m de long. Un travail conséquent, avec une organisation qui s’est affinée au fil des années, pour gagner en efficacité.

Un faux plafond pour réduire le volume du bâtiment

Le centre de conditionnement, construit en décroché du pignon de la stabulation, démontre la singularité de l’atelier par la différence de hauteur entre les deux structures. Dans la zone d’élevage, le plafond n’est plus qu’à 3,5 m des caillebotis. Un subterfuge bien pensé, reposant sur la création d’une ossature bois dans les 3 m de vide séparant la coque du bâtiment du faux plafond du poulailler. Le faux plafond est composé de panneaux sandwichs de mousse de polyuréthane. La faîtière de la coque est ouverte sur 80 cm, tandis que l’ouverture au niveau du faux plafond est de 25 cm de large. En ventilation statique, les six brasseurs d’air permettent d’apporter la vitesse d’air nécessaire à la bonne ambiance dans le bâtiment. « L’avantage est que le bâtiment n’est pas énergivore », confirme l’éleveur.

<em class="placeholder">Colza associé à deux trèfles en ACS</em>
Le colza est implanté en direct à 60 gr/m2 vers la mi-août. Le semis a été réalisé au monograine à 50 cm en association avec du trèfle blanc nain à 3 kg/ha et du trèfle d'Alexandrie à 5 kg/ha. L’agriculteur estime que l'entre-rang important du colza a facilité l'implantation du trèfle mais à l’inverse, le trèfle bien développé aurait trop concurrencé le colza. « Je vais finalement semer au Semeato cette année avec semis du trèfle à la herse à paille + Delimbe auparavant »,mentionne Benoit. L’objectif serait également de faire une coupe de trèfle après récolte du colza mais pour le moment, la capacité de stockage du séchoir est trop petite pour absorber cette récolte supplémentaire. Un bâtiment supplémentaire est à l’étude. Crédits : © Benoît Gobin

Benoît Gobin en Val de Saône : Un séchoir au service du semis direct

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