Les élections des délégués MSA se dérouleront du 12 au 27 janvier. Quel est l’enjeu de ces élections pour la FNSEA ? Jérôme Despey : Ces élections sont très importantes et cela pour plusieurs raisons. Il s’agit d’abord d’affirmer notre attachement à un régime de protection sociale spécifique. Et de ce point de vue une forte mobilisation du monde agricole permettra de démontrer que nous sommes attachés à notre régime. L’enjeu de conserver un régime particulier, c’est de mieux répondre aux attentes des exploitants agricoles non seulement en termes de protection sociale, mais aussi pour tous les services que peut rendre la MSA. Pour résumer nous souhaitons que les élus soient les acteurs des décisions qui sont prises au niveau des caisses, même si cette mission est partagée avec les salariés et qu’elle s’exerce sous la tutelle des ministères de l’Agriculture et de la Santé. C’est pour nous une chance de pouvoir participer et d’orienter des décisions qui nous concernent. Cette élection est aussi un test de participation et de représentativité des listes FNSEA/JA. Plus la participation sera élevée et plus il sera facile de faire partager aux nouveaux élus, la vision de la protection sociale que nous défendons.
Quel est le rôle des délégués cantonaux ? JD : Leur premier rôle est de faire remonter les demandes des agriculteurs et de faire en sorte que les règles sociales qui sont décidées par les pouvoirs publics tiennent compte des attentes du terrain. La MSA n’a pas pour seul rôle de prélever des cotisations. Elle intervient aussi pour soutenir les agriculteurs victimes de crises économiques ou d’aléas climatiques. Il appartient aux élus d’orienter et d’influencer les décisions pour qu’elles soient les plus adaptées possible qu’il s’agisse par exemple de prise en charge de cotisations sociales, d’étalement des échéances ou de mise en place de dispositifs d’accompagnement spécifiques. Avoir des élus de proximité permet d’identifier les difficultés des agriculteurs au plus près du terrain, d’orienter les agriculteurs vers les services compétents de la MSA, d’interpeller les instances dirigeantes pour mettre en place les dispositifs de solidarité les mieux en phase avec les réalités locales.
Vous êtes donc très attachés à conserver un régime spécifique… JD : Si nous étions rattachés au régime général, nous aurions beaucoup plus de difficultés à faire prévaloir notre point de vue, notamment pour ce qui est de la mise en place des dispositifs de solidarité. Quelle capacité d’influence aurions-nous pour obtenir des aménagements et des soutiens financiers spécifiques ? Et je n’oublie pas non plus les actions de prévention que mène la MSA en matière d’accidents du travail et d’accompagnement des personnes âgées dans les zones rurales isolées que nous n’aurions certainement pas dans le régime général.
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Pourtant des critiques se font jour contre le fonctionnement de la MSA dans certains départements… JD : J’entends bien les reproches qui sont faits. Ils peuvent porter sur le coût de fonctionnement. Ils révèlent aussi une certaine incompréhension entre les règles qui sont établies et les difficultés que peuvent rencontrer les agriculteurs. En fait, ces critiques visent davantage les pouvoirs publics qui fixent les cotisations, mais les assurés se retournent contre la MSA qui est chargée de les encaisser. Et quand les pouvoirs publics annoncent des mesures de soutien, les adhérents ignorent souvent que ce sont les contributions de tous à l’échelle nationale qui permettent de venir en aide aux agriculteurs en difficulté. C’est-à-dire la solidarité professionnelle. Il est aussi du rôle des élus de faire preuve de pédagogie et d’expliquer que, sans la MSA, toutes ces mesures ne seraient pas décidées.
À ceux qui hésitent à voter, quel message souhaitez-vous délivrer ? JD : Au-delà de l’enjeu de représentativité des listes FNSEA/JA, aller voter, c’est défendre une protection sociale de proximité où les élus sont en mesure d’influencer les décisions qui sont prises ainsi que leur mise en oeuvre sur le terrain. Ne pas se mobiliser serait une erreur avec le risque de ne plus peser sur des mesures qui concernent la vie de tous les jours. Sans oublier non plus le risque de banalisation de notre régime agricole et à terme sa disparition pure et simple.