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« J'ai investi dans deux types de salles en maternité, pour mieux gérer les mises bas des truies et la lactation des porcelets »

À l’EARL Ciron, les truies mettent bas dans des cases bloquées standards. Elles sont ensuite transférées dans des cases de lactation dépourvues de système de contention.

Lors de la construction de leur nouveau bloc naissage en 2023, Laure et Anthony Ciron, éleveurs au Luart dans la Sarthe, ont fait le choix de gérer les mises bas, puis la phase de lactation dans deux salles différentes.

Cette organisation originale leur a permis de ne construire qu’une seule maternité de 43 places de cases bloquées équipées du système ascenseur correspondant à une bande pour une conduite en dix bandes. Une semaine après la mise bas, les truies et leur portée sont transférées dans l’une des deux salles équipées de cases de lactation sans contention. « Notre choix a été guidé par la volonté d’améliorer le bien-être des truies en les libérant après la mise bas », explique Anthony Ciron. « Mais nous voulions également maintenir le potentiel leurs performances à la mise bas grâce aux cases bloquées, et surtout ne pas dégrader nos conditions de travail au moment des naissances ». Cette solution avait aussi pour avantage de réduire la facture du poste maternité. La surface de la salle de mise bas en cases bloquées est réduite de 30 % par rapport à une maternité liberté. « Et dans les salles de lactation, l’absence de cage de mise bas réduit le coût à la place de 1 000 euros, soit un total de 86 000 euros de moins pour les deux salles de 43 places ».

Une rotation rapide en salle de mise bas

Avec une conduite en dix bandes, l’intervalle des mises bas entre deux bandes est de deux semaines. Les truies entrent dans la salle de mise bas le vendredi. Les naissances se déroulent du jeudi au samedi suivant. Elles sont ensuite transférées avec leur portée dès le jeudi de la semaine d’après dans l’une des deux salles de lactation. « Cette rotation rapide optimise l’utilisation des cases de mise bas », souligne Laure Ciron. Les deux salles de lactation sont situées de part et d’autre de la salle de mise bas pour réduire au maximum la longueur du transfert. Les truies y sont logées individuellement en liberté dans des cases de 5,6 m2 sur caillebotis béton. « Nous ne les mettons pas en groupe pour permettre une alimentation individualisée », justifie Anthony Ciron. Elles disposent d’une surface utile de 4,8 m2. Les séparations entre cases sont constituées de barrières métalliques permettant un contact physique entre les reproductrices. Les porcelets peuvent s’abriter dans un nid chauffé de 0,8 m2 (caillebotis béton chauffant). Ils sont sociabilisés dès leur arrivée par groupes de quatre portées. « Le premier jour, ils s’agglutinent tous autour de la première truie qui se met en position de lactation », sourit Laure Ciron. « Mais ensuite, la répartition entre les quatre truies se fait équitablement, sans conflits ». Les truies et leurs porcelets séjournent trois semaines dans les salles de lactation. Ils sont sevrés à un âge moyen de 25 jours. « Cette rotation permet d’assurer un vide sanitaire d’une semaine avant de laisser la place à la bande suivante. Elle nous apporte aussi de la souplesse dans la gestion des transferts des porcelets en post-sevrage », souligne Anthony Ciron.

Un lavage et un transfert supplémentaires

L’éleveur calcule un surplus de travail de huit heures par bande lié au transfert des animaux et au lavage d’une salle supplémentaire par bande. « Mais je pense que nous gagnons beaucoup en confort et en temps de travail à la mise bas par rapport aux maternités liberté. À trois, nous faisons les soins de quinze portées par heure, comprenant la castration sous anesthésie ». L’éleveur souligne également l’intérêt d’une lactation en liberté. « Les truies sont en meilleure santé. Elles font de l’exercice, consomment plus d’aliment, et assurent une meilleure production laitière. Au sevrage, elles viennent bien en chaleur et le taux de fertilité est très bon ». Il déplore cependant un taux de perte élevé par écrasements durant cette période, (17 % de pertes sur nés vivant). « Les deux tiers des pertes sur nés vivants se produisent en phase de lactation, ce qui est anormal », constate Laurent Abiven, technicien au groupement Porc Armor Evolution. Un travail d’investigations a été mis en place pour déterminer l’origine de ces écrasements. Des caméras seront notamment mises en place prochainement par la Chambre d’agriculture de Bretagne pour analyser le comportement des animaux.

+

Bonnes conditions de travail à la mise-bas
Réduction du coût des maternités
Bien être des truies augmenté en lactation
Sociabilisation des porcelets
Alimentation individuelle des truies

-

Un transfert d'animaux et un lavage de salle supplémentaires par bande

Fiche élevage

EARL Ciron, Le Luart (Sarthe)

Laure et Anthony Ciron, deux salariés et une alternante
500 truies naisseur-engraisseur
Conduite en dix bandes, sevrage à 28 jours
47 truies par bande à la mise bas
Une maternité bloquée standard de 47 places avec système ascenseur
Deux maternités de lactation sans contention des truies de 47 places chacune : 5,6 m2 par case, dont un nid à porcelet de 0,8 m2
Groupement : Porc Armor Evolution
Génétique femelle : PIC X54 en autorenouvellement
Génétique mâle : PIC 410

« Une solution économiquement intéressante »

 

Laurent Abiven, technicien Porc Armor Evolution

« Le déroulement des mises bas et de la lactation dans deux salles différentes est intéressant pour limiter les coûts de construction ou de rénovation du poste maternité. Toutes les conduites en bande peuvent bénéficier de cette économie, excepté celles en quatre et cinq bandes qui n’ont besoin que d’une seule maternité. Cette organisation permet aussi d’assurer les performances des truies et de bonnes conditions de travail autour de la naissance avec des cases ascenseur qui ont fait leurs preuves. Dans les salles de lactation, la liberté et le confort de la truie vont dans le sens d’une sécurisation des performances de reproduction. Il faut cependant s’assurer d’une bonne cohérence des bâtiments pour éviter un transfert trop long des animaux d’une salle à l’autre. Le lavage d’une salle supplémentaire est aussi à prendre en compte dans le calcul du temps de travail. »

Des caméras pour détecter des problèmes comportementaux

La Chambre d’agriculture de Bretagne propose un accompagnement aux éleveurs et techniciens basé sur l’étude du comportement animal. Des caméras sont posées dans des élevages confrontés à de nouvelles problématiques dont les causes ne sont pas directement identifiables par d’autres méthodes. Elles prennent des photos à intervalle régulier et fournissent un fichier vidéo en sortie. Le fichier est analysé par un spécialiste du comportement du porc pour mettre en évidence les comportements d’intérêt qui sont également mis en relation avec les données des autres capteurs. 

Contact : Nicolas Villain, nicolas.villain @bretagne.chambagri.fr ; tel. 0678706719 

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