Des chercheurs catalans suivent le pâturage des ovins à la trace
Des chercheurs de l’Institut de recherche et de technologie agroalimentaire, basé en Catalogne, ont équipé de traceurs GPS des ovins, bovins et équins mis au pâturage dans les Pyrénées. Le but ? Étudier leurs déplacements pour mieux comprendre leur comportement au pâturage.
Où va le bétail exactement, quels itinéraires suit-il et quel type de pâturages préfère-t-il manger dans les Pyrénées ? Ce sont les questions auxquelles une étude de l’Institut de recherche et de technologie agroalimentaire de Catalogne a tenté de répondre. Les scientifiques ont équipé de colliers GPS des ovins, bovins et équins pâturant dans le parc naturel de l’Alt Pirineu, en Catalogne.
Il en ressort que ces animaux occupent des espaces complémentaires. Les ovins se concentrent dans les zones escarpées, avec une pente moyenne de 52 %, entre 1 800 et 2 200 mètres d’altitude. Quant aux bovins et aux équins, ils sont concentrés plus bas en altitude et recherchent avant tout des terrains plats et accessibles. Les chevaux s’avèrent être une espèce « pont » entre ovins et bovins : ils occupent des terrains intermédiaires entre les vallées occupées par les vaches et les hauteurs, par les brebis.
Les ovins sélectionnent des prairies et des formations arbustives dominées par le genêt purgatif, un arbuste présent dans des zones sèches et ensoleillées, généralement en train de s’embroussailler. Si le genêt purgatif est peu appétent en tant que tel, les brebis profitent des espèces fourragères se développant à proximité des genêts, qui sont des légumineuses.
Quant à la ressource en eau, elle n’apparaît pas comme un facteur déterminant dans la répartition spatiale des troupeaux. Ni les bovins ni les ovins n’ont montré de nette préférence pour les bords des cours d’eau, même pendant les mois d’été les plus chauds. L’étude suppose que c’est parce que l’eau est une ressource bien distribuée dans cette région des Pyrénées, et que les ovins recherchent avant tout des espaces ombragés.
Les ovins font la fine bouche
Les ovins sont de loin plus sélectifs que les bovins et les équins dans le choix des espèces végétales qu’ils consomment. Ils s’efforcent activement de consommer les plantes plus riches en protéines. Pour le démontrer, les scientifiques catalans ont comparé la quantité d’azote moyenne disponible au pâturage et la quantité d’azote moyenne contenue dans les excréments des animaux pâturant. Pour les vaches, ce ratio est de 0,98, et pour les chevaux, 0,81. Mais chez les ovins, la quantité d’azote des fèces est 1,25 fois supérieure à celle des pâturages, indiquant qu’ils sélectionnent les espèces plus riches en azote que d’autres.
Pour aller plus loin :
"Geolocation tracking to monitor spatial distribution and habitat selection of cows, horses and sheep grazing in mountainous areas", Roger Vidal-Cardos et al.