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Début d’incendie de poulailler : les conseils des sapeurs-pompiers

L’analyse de la balance entre bénéfices et risques conduit très souvent les sapeurs-pompiers à intervenir en limitant la propagation de l’incendie d’un poulailler.

Avoir de l’eau en quantité suffisante est la première attente des sapeurs-pompiers arrivant sur un feu. « S’il n’y a pas d’eau, on ne peut pas faire grand-chose et l’exploitant risque de perdre plus que le bâtiment en feu, indique le lieutenant Pierre Guiet, du service prévention du Sdis29 (1). Nos pompes consomment 500 litres à la minute. Un fourgon de 4 mètres cubes est vidé en sept à huit minutes, d’où l’importance du respect de la défense extérieure contre l’incendie (Deci). »

 

 
Cette attente doit avoir été anticipée par l’éleveur. « On n’exige pas une borne à moins de 200 m de chaque poulailler ou une citerne flambant neuve, complète le capitaine Gauthier Col, chef du service opérations. Nos pompes tolèrent des eaux de lagune, de cours d’eau, ou encore de l’eau de pluie stockée en préfosses. » À condition que le Sdis le sache. « Déclarez-nous vos points d’eau si vous en avez créé un après votre dossier ICPE ». En effet, tous les points utilisables en cas d’incendie sont répertoriés et géolocalisés.

 

Alerter précocement et précisément

Dès qu’un départ de feu est constaté, « si l’éleveur a une capacité à agir, autant le faire » avance le capitaine Col, en émettant toutefois des réserves. « Il ne faut pas prendre de risques inconsidérés. » Si les flammes sont limitées, « vous pouvez essayer de circonscrire avec un extincteur adéquat, par exemple à CO2 pour un feu d’armoire électrique. »

Sinon, l’éleveur appelle le 112 ou le 18 en donnant sa localisation précise, en indiquant quel bâtiment est concerné, quels sont les enjeux (présence de personnes, d’animaux ou de zones à protéger) et quelle est sa disponibilité en eau.

Plus l’alerte est précoce, plus la réponse est rapide, et plus la capacité à éteindre est élevée. « Mais au-delà d’un délai d’intervention supérieur à une demi-heure, il y a de fortes chances pour que presque tout soit détruit à notre arrivée. »

En l’attente des secours, ne pas voir de flammes souvent masquées par les fumées doit inciter à la plus grande prudence. « Si vous ne voyez rien par la vitre du sas sanitaire, ne vous engagez pas et n’ouvrez pas », conseille le lieutenant Pierre Guiet.

Éviter la propagation de l’incendie

 

 
Dès l’arrivée des secours, l’éleveur se présente en décrivant la situation, les risques et ses attentes, par exemple sauver un équipement (centrale informatique dans le sas, télescopique dans le bâtiment).

 

Ce sont les secouristes qui coupent les arrivées de fluides (gaz, électricité, eau) aux points désignés par l’éleveur, ainsi que le groupe électrogène pour ne pas risquer de redémarrer la ventilation.

En brassant les fumées et en apportant de l’air neuf, la ventilation peut créer une ambiance très instable. Les fumées peuvent s’auto-enflammer lors de leur extraction.

Depuis les accidents de 2013 dans la Sarthe et de 2018 dans le Finistère, ayant causé un décès et de graves brûlures à des pompiers, la stratégie opérationnelle nationale est de ne plus faire prendre de risques au personnel, sauf pour sauver une personne à l’intérieur.

« Vu la valeur économique et le rapide niveau d’embrasement de ces bâtiments, notre règle est de ne plus y pénétrer. Nous contrôlons le feu en évitant sa propagation et en limitant les risques secondaires, comme des pollutions avec les eaux d’extinction contaminées par de l’amiante ou des produits chimiques. »

Le capitaine Col rappelle ainsi qu’il est important d’éviter le stockage de produits explosifs (engrais) ou inflammables à proximité. Monter un mur de parpaings entre le bâtiment et une citerne trop proche peut aussi s’avérer utile.

Enfin, le Sdis29 rappelle l’importance de sorties de secours pour l’évacuation « rapide et sûre » de l’exploitant et de ses salariés pris à l’intérieur lors de l’éclosion du feu. « Courir un 100 mètres dans un bâtiment enfumé, c’est très long. »

(1) Service départemental d’incendie et de secours du Finistère.
 

Avis sur les dossiers ICPE

Lors de l’examen d’un dossier ICPE soumis à autorisation, le bureau analyses des risques industriels du Sdis émet un avis sur la défense extérieure contre l’incendie (Deci) et sur la desserte (accessibilité pour les secours).

Si le Sdis constate que ses prescriptions n’ont pas été prises en compte dans un dossier précédent, il peut être enclin à donner un avis défavorable.

Des conseils sont également donnés sur la conception et l’implantation des bâtiments afin d’éviter la propagation du feu (distance à d’autres bâtiments, mur coupe-feu à côté d’une citerne de gaz…).

« Dans beaucoup d’élevages, la Deci n’est pas encore à la hauteur des enjeux », constate le lieutenant Pierre Guiet du Sdis29. C’est une action de sensibilisation menée sur le long terme. Le secteur agricole se sensibilise peu à peu. »

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