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Comment choisir son fournisseur d’électricité pour son exploitation agricole

Signer un nouveau contrat de fourniture d’énergie électrique ne s’improvise pas et ne se décide pas dans l’urgence. Le choix étant complexe, mieux vaut s’y prendre à l’avance.

Décrypter une facture d'électricité
Il est assez compliqué d’estimer l’impact d’une proposition de contrat qui va dépendre de son profil de consommation et des prix du KWh facturé en fonction de l’heure (plein-creuse), des jours, de la saison (été-hiver), des dépassements de puissance (été par exemple), du taux d’Arenh (effet écrêtement).
© P. Le Douarin

Tout serait bien plus simple s’il n’y avait qu’un fournisseur d’électricité avec un seul tarif réglementé de vente ! Mais l’Union européenne en a voulu autrement, au nom de la défense du pouvoir d’achat du consommateur.

Depuis le début des années 2000, l’ouverture progressive à la concurrence du marché de l’énergie a brisé le monopole d’EDF-GDF. Toutes les entreprises ont pu accéder à des fournisseurs alternatifs à partir de juillet 2004.

Et depuis 2016, les tarifs réglementés ont disparu pour les professionnels souscrivant une puissance de compteur de plus de 36 kVA (catégories C2 à C4, les ex-tarifs jaunes et verts). Mais aujourd’hui, ceux devant renouveler leur contrat reçoivent des propositions exorbitantes, trois à cinq fois plus chères, voire plus.
 

Un choix d’offres pléthoriques

En théorie, les agriculteurs ayant besoin de plus de 36 kVA n’ont que l’embarras du choix, puisque une trentaine de fournisseurs sont recensés. Les plus connus sont les historiques comme EDF, Engie, Total Énergies, attaqués par des étrangers (Eni d’Italie, Vattenfall de Suède, Barry du Danemark, Iberdrola d’Espagne…), sans oublier des fournisseurs d’électricité verte renouvelable (Méga, Mint énergie, Planète oui, Urban Solar…) et des sites de commerçants (Cdiscount énergie, Leclerc ayant arrêté en mars dernier).

Il faut avoir du temps et des compétences pour suivre l’évolution du marché de l’électricité, pour contacter les fournisseurs, pour obtenir une réponse (en fonction de leur stratégie de vente) et pour éplucher les conditions de vente. Car les prix du KW heure varient selon l’heure de consommation, selon la journée, selon la saison et selon l’origine (marché de gros, électricité verte, Arenh).

Il faudra aussi se décider au bon moment. La facture d’électricité à venir dépend d’un prix négocié à l’instant T. C’est le « bandeau » d’électricité.

Alors comment faire son choix parmi une offre surabondante ? Le site officiel du médiateur national de l’énergie propose un outil de comparaison. Moyennant quelques informations (puissance du compteur, lieu et niveau de consommation), ce comparateur liste les offres. À l’internaute de voir si le fournisseur sera intéressé et intéressant.
 

Se faire accompagner par un expert en électricité

Avec l’ouverture du marché de l’énergie, est apparu le métier d’expert conseil en énergie et de courtier. « Nous avons une vision globale du marché et des stratégies des fournisseurs que nous suivons au jour le jour, ce qui nous permet de faire le tri des offres les plus adaptées, illustre Aurélien Jouault de la société Opera Énergie.

Payé par le client, le conseiller aide les entreprises à comprendre un marché soumis aux aléas de l’offre et à la demande, mais aussi à la spéculation ; et à se décider quand acheter. Tandis que le courtier apporteur d’affaires est rémunéré par le fournisseur. La frontière est ténue entre le conseiller et le courtier, estime Aurélien Jouault. « Nous conseillons les collectivités locales qui décident quand elles achètent, et nous faisons du courtage auprès d’entreprises. Nous ne vendons pas que du prix. Nous analysons leurs consommations (volume, profil…) et leurs besoins à venir. »

N'attendez pas d'avoir atteint les six derniers mois de votre échéance

Avoir recours à un expert n’est pas la solution miracle. « Nous pouvons dire si une offre est intéressante à un moment donné, mais nous ne prévoyons pas quelle sera l’évolution du marché ! » poursuit l’expert d’Opéra Énergie.

Ce qui paraît fondamental, c’est d’anticiper. « N’attendez pas d’avoir atteint les six derniers mois de votre échéance. Quand les conditions de marché sont plutôt favorables, vous pouvez passer un accord qui démarrera à l’échéance plusieurs mois plus tard. » D’où l’intérêt d’un expert qui alerte. Et Aurélien Jouault de l’illustrer : « le prix de l’électricité s’étant affaissé en 2020 lors de la crise Covid, nous avons proposé à certains de nos clients d’anticiper leur nouveau contrat dix-huit mois avant l’échéance du précédent ».

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