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Les a priori des éleveurs en programme classique face aux utilisateurs de l’effet bouc

Entre contraintes logistiques et préférences personnelles, l’adoption du programme utilisant l’effet bouc divise encore les éleveurs caprins. Si certains y voient une méthode naturelle et plus souple que les traitements hormonaux, d’autres pointent la pénibilité de la manipulation des boucs et la complexité d’organisation que cela implique.

Bouc saanen équipé de tablier
Si l’effet bouc séduit par sa simplicité et son approche naturelle, cette méthode rebute encore une partie des éleveurs, freinés par la manutention et l’organisation qu’elle demande.
© Inrae

Lorsque l’on demande ce qui freine l’adoption du programme utilisant l’effet bouc, un tiers des éleveurs utilisateurs cite le cheptel de boucs nécessaires et leur manipulation comme un inconvénient. La moitié des éleveurs non-utilisateurs (en programme hormonal de synchronisation) cite également cet inconvénient. « Les boucs, il faut quand même les loger, confie un éleveur de Saône et Loire. Et puis les tripoter à longueur de journée, ça n’a rien d’amusant… » « Manipuler les boucs, je n’aime pas trop ça », confirme un éleveur des Deux-Sèvres.

De la même façon, la moitié des éleveurs en programme hormonal de synchronisation estiment que le temps à consacrer, ainsi que la pénibilité de la mise en place des programmes utilisant l’effet bouc, est un inconvénient majeur. « C’est un chantier qui m’a l’air plus complexe », confie un éleveur de Saône-et-Loire. Un éleveur deux-sévrien ajoute : « C’est lourd de travail : il faut de la main-d’œuvre et ça demande trop de présence. » « Le programme hormonal, c’est tellement plus simple ! », complète un éleveur de la Vienne.

Complexe dans l’anticipation

<em class="placeholder">Bouc équipé de tablier</em>

Mais les éleveurs utilisateurs de l’effet bouc ne sont généralement pas d’accord : « Une gestion plus complexe qu’avec les hormones ? Au contraire ! » s’indigne un chevrier ardéchois. « Le programme hormonal est beaucoup trop contraignant », explique un éleveur des Deux-Sèvres. Une salariée explique : « Avec l’effet bouc, c’est moins contraignant de passer 20 minutes tous les jours à bouger les boucs qu’un gros chantier de trois heures avec beaucoup de monde pour mettre les éponges, la PMSG et ça en plus à une heure très précise. » Une éleveuse rajoute : « La gestion n’est pas plus complexe qu’avec les hormones, on y passe moins de temps et on s’y retrouve financièrement. En résultats, ça se rejoint. » Les injections ne sont pas une intervention anodine, « C’est une sacrée corvée les piqûres et les éponges ! », souligne des éleveurs ardéchois pendant que des deux-sévriens confirment « C’est bien plus simple que de faire des piqûres. » Un éleveur de la Vienne conclut : « Regarde, tu as les mêmes résultats, pourquoi tu t’embêtes avec les piqûres ? »

Cependant, tous ne partagent pas le même avis : « C’est quand même une gestion beaucoup plus complexe. Même après 20 ans, on peut avoir un raté », témoigne un éleveur ardéchois. Un éleveur de l’Indre tempère : « Complexe dans l’opérationnel non, dans l’anticipation oui. C’est peut-être plus une phase d’adaptation. » Finalement, 70 % d’entre eux estiment que la simplicité d’exécution et la satisfaction qu’ils éprouvent vis-à-vis de leur programme sont un avantage important.

Lire aussi : Ces éleveurs de chèvres qui misent sur l’effet bouc

Rédaction Réussir

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