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Transmission : « Les cédants doivent se préparer à la diversité des projets d’installation »

À chaque génération, ses projets et ses points de vue. Que la transmission se fasse en famille ou entre tiers, une exploitation va évoluer avec le changement de mains. Les cédants doivent s’y préparer pour que la transmission se passe au mieux.

Transmission des exploitations entre générations / Discussion sur l'avenir
La nouvelle génération d'agriculteurs a une approche moins patrimoniale de l'exploitation que ses prédécesseurs.
© Institut de l'élevage

L’actuel renouvellement des générations montre une diversification des schémas de transmission. Alors que c’était le cas pour la génération qui s’apprête à partir en retraite, la transmission familiale n’est plus une évidence. « Moins des deux tiers des installations se font par la reprise de l’exploitation des parents ou d’un oncle, alors qu’en 1965, 90 % des transmissions se faisaient dans ce cadre », présentait Guilhem Anzalone, enseignant-chercheur à l’École supérieure des agricultures (ESA) d'Angers, lors d’un forum de la transmission organisé par la chambre d’agriculture de Bretagne.

Les nouveaux installés ont des profils plus variés que ceux à qui ils succèdent. Leurs trajectoires avant l’installation sont multiples. Leur entrée dans le métier est plus tardive. Leurs projets aussi sont de plus en plus variés. Changement de production, de mode de commercialisation... les jeunes n’hésitent pas à transformer les exploitations qu’ils reprennent. « Il y a deux fois plus de bio dans les installations des dix dernières années que dans la population agricole actuelle », image Guilhem Anzalone.

Une nouvelle approche du travail

La nouvelle génération a aussi une approche différente du travail. Les sphères professionnelle et personnelle sont plus dissociées. La plupart des jeunes veulent contenir leur temps de travail pour garder de la disponibilité pour leur famille, leurs loisirs, leurs engagements.

« Les jeunes générations veulent une rémunération calée sur leur temps de travail et sur leurs investissements », remarque Guilhem Anzalone. Pour ces nouveaux et futurs installés, être agriculteur est un métier, plus qu’une vocation. Ils ont une approche plus entrepreneuriale et moins patrimoniale de la gestion de leur exploitation. Ils ont souvent exercé un métier différent avant de s’installer, ils peuvent donc se projeter plus facilement dans d’autres changements, de production, voire de nouvelle carrière.

Pour les futurs cédants, ces nouvelles approches du métier peuvent être déstabilisantes. « C’est déjà un petit deuil de transmettre son exploitation, reconnaît Guilhem Anzalone. En cas de crainte sur la possibilité de trouver un repreneur, d’interrogation sur le changement d’orientation de l’exploitation, mais aussi sur là où il habitera, les liens qu’il conservera avec l’exploitation, un cédant aura tendance à retarder la transmission. Que ce soit en famille ou entre tiers, la transmission est un projet qui demande une confiance mutuelle. »

Créer une filiation professionnelle

Guilhem Anzalone, sociologue à l'ESA d'Angers,
Guilhem Anzalone, sociologue à l'ESA d'Angers, encourage cédant et repreneur à créer une filiation professionnelle autour de l'exploitation, une partage de l'historique pour créer un nouvel épisode. © C. Julien
Lors de la transmission d’une exploitation, il n’y a pas que des aspects économiques. Il y a aussi l’immatériel, l’identité de l’exploitation. « Pour qu’une transmission se passe bien, il faut que cédant et jeune arrivent à créer une filiation professionnelle, conseille Guilhem Anzalone. Que le cédant transmette ses savoirs, son réseau professionnel et que le jeune trouve sa place dans ce nouvel épisode de la vie de l’exploitation. » Cette filiation professionnelle se construira sur des échanges, pendant un stage de parrainage et en se mettant d’accord sur la présence ou non du cédant après la reprise. « Avec mon prédécesseur, nous avons fait le choix qu’il garde sa maison, sur l’exploitation, explique Gwendal Sourdain, qui s’est installé à Noyal-sur-Vilaine en Ille-et-Vilaine après un tiers. Je ne voulais pas le mettre dehors. Il est toujours prêt à me donner un coup de main si je l’appelle. Je n’abuse pas et lui ne s’impose pas, nous avons trouvé notre équilibre. »

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