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Enquête
Fruits et légumes bio : la marge pratiquée est en moyenne 81 % plus élevée qu’en conventionnel selon Que Choisir Ensemble

Une semaine après la publication du rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution, Que Choisir Ensemble publie une étude montrant comment le mécanisme de péréquation renchérit considérablement le prix des fruits et légumes bio.

rayon fruits et légumes bio
Que Choisir Ensemble a enquêté sur les marges réalisées par la grande distribution sur les fruits et légumes bio.
© Vincent Marmuse/CAIA (archives)

Le 21 mai dernier, la commission d’enquête sénatoriale publiait son rapport intitulé « Guerre des prix : agriculture et industrie en danger ». C’est maintenant l’association Que Choisir Ensemble qui rend publique une étude rejoignant les conclusions des sénateurs. Sur la base des données officielles du Réseau des nouvelles des marchés (RNM), placé sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, Que Choisir Ensemble a calculé les marges brutes de la grande distribution sur un panier de 24 fruits et légumes (11 fruits et 13 légumes représentant 70 % de la consommation nationale), en comparant les prix du conventionnel et du bio sur l’ensemble de l’année 2025.

Lire aussi : Marges de la grande distribution : les fabricants appellent le gouvernement à « corriger les dérives »

« Une pratique structurelle délibérée », dénonce UFC Que Choisir Ensemble

L’association affirme que la marge pratiquée sur les fruits et légumes bio est en moyenne 81 % plus élevée qu’en conventionnel et que l’absence d’amélioration par rapport à ses précédentes enquêtes (+ 96 % en 2017 et + 75 % en 2019) confirme « une pratique structurelle et délibérée ». Concernant les deux produits consommés, Que Choisir Ensemble a calculé que pour la tomate bio, le prix agricole n’est que 44 % plus élevé qu’en conventionnel, mais la marge de la distribution est 113 % plus élevée. Conséquence directe pour le consommateur : 73 % du surcoût de la tomate bio est imputable à la marge de la distribution, et seulement 27 % au surcoût agricole réel, affirme l'association. En ce qui concerne la pomme bio, l’association a calculé que la marge brute de la distribution atteint 2,51 €/kg, soit le double de celle sur la pomme conventionnelle. Elle représente 61 % du prix payé par le consommateur. L’agriculteur bio, lui, ne récupère que 37 % de ce prix.

A relire : La GMS surmarge-t-elle le bio ?

L’association dénonce « une politique de marge opportuniste sur un marché de niche »

« L’absence de logique cohérente dans ces niveaux de marges achève de disqualifier tout argument de la distribution » affirme Que Choisir Ensemble qui avance plusieurs exemples. Selon l’association, « le poireau, produit résistant et facile à conserver, affiche une surmarge de + 185 %, tandis que la fraise, bien plus fragile, n’est surmargée qu’à + 96 %. L’ail est traité à + 72 % quand l’oignon est à -17 %. Les nectarines à + 31 %, les pêches à + 66 % ». Pour elle, il s’agit « d’une politique de marge opportuniste sur un marché de niche ».

Lire aussi : Bio : « Il faut rouvrir les négociations commerciales, c’est urgent » pour Thomas Breuzet du Synabio

Que Choisir Ensemble pointe les "surmarges de la grande distribution"…

Que Choisir Ensemble a calculé que pour un ménage français moyen (2,3 personnes), le budget annuel d’une consommation de fruits et légumes conventionnels s’élève à 460 € dont 207 € constitués par la marge de la distribution. Mais pour ce qui est des produits bio, le budget annuel est de 732 €, soit 60 % de plus qu’un panier équivalent en conventionnel. L’association affirme que sur ce surcoût de 272 €, les agriculteurs bio ne récupèrent que 103 €, soit seulement 38 % alors que « la grande distribution accapare 155 €, soit 57 % du surcoût total sous forme de surmarge, sans aucune justification probante à ce jour ».

A relire : Volaille : les marges sous la loupe du rapport OFPM 2025

… surtout sur les fruits et légumes

L’Association estime que les conclusions de la commission d’enquête sénatoriale sur les marges des industriels et de la grande distribution confirment ses observations et « pointent notamment le mécanisme de la péréquation des marges ». Que Choisir ensemble explique que les enseignes appliquent des marges très faibles, voire nulles, sur les produits d’appel (aliments ultra-transformés de grandes marques, vendus en masse) et les compensent par des marges très élevées sur d’autres produits (produits de marques de distributeurs, petites marques nationales…) et « surtout aux rayons frais au premier rang desquels celui des fruits, les légumes ».

A relire : OFPM : À quoi sert l’Observatoire de la formation des prix et des marges et comment travaille-t-il ?

Que Choisir Ensemble réclame la publication du niveau de marge nette réalisé pour chaque enseigne

« Au vu des bénéfices environnementaux, nutritionnels et sanitaires du bio », Que Choisir Ensemble formule deux demandes : à la grande distribution de modifier sa politique de tarification en faveur des produits les plus sains et à l’Observatoire de la formation des prix et des marges alimentaires d’étudier la construction des prix dans les enseignes pour les principaux produits d’agriculture biologique, et de publier le niveau de marge nette réalisé pour chaque enseigne.

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