Aller au contenu principal

Aides MAEC : des agriculteurs bio bretons mettent l’Etat en demeure

Un collectif d’agriculteurs bio des Côtes d’Armor vient d’envoyer des lettres de mise en demeure à l’Etat pour non-paiement des aides pour les mesures agroenvitonnementales et climatiques (MAEC) sur lesquelles ils se sont engagés en 2023. 

Arbres plantés dans une parcelle agricole
Les agriculteurs bio réclament le paiement des aides pour les contrats MAEC conclus en 2023.
© Christian Gloria

« 40 lettres de mise en demeure sont parties hier à la préfecture et à l'ASP pour le non-paiement aux agriculteurs bio des aides MAEC contractualisées en 2023 », confie Yann Chéritel, président du Groupement des agriculteurs biologiques des Côtes d’Armor (22). A l’origine de cette initiative : un collectif, MAEC 22, regroupant le Gab 22, le Cedapa (centre d’études pour développement agricole plus autonome), la Confédération paysanne 22 et Eau et Rivières de Bretagne, conseillé par un avocat.

Sans réponse en retour de la part de la préfecture, leur avocat devrait engager des démarches juridiques.

Retard de paiement des aides MAEC : un problème de logiciel évoqué par les préfectures

« La loi stipule que sur un contrat MAEC signé le 15 mai 2023, les aides doivent être reçues par les agriculteurs dans un délai raisonnable de 10 mois soit le 15 mars 2024. Or on est le 15 mai et les aides notamment pour les nouveaux contrats de 5 ans signés l’an passé ne sont toujours pas réglées », résume Yann Chéritel. 

Dans nos structures on doit se serrer la ceinture

« Le Premier ministre nous mène en bateau, il fait de la communication grand public. Fin janvier il avait annoncé que toutes les aides PAC seraient payées au 15 mars, nous, avec nos deux pieds dans les bottes, surtout en bio, on voit bien que ce n’est pas du tout le cas ! », poursuit-il. Selon lui, la préfecture évoque un problème de logiciel pour expliquer ce retard. « Nous avons hésité à attaquer le gestionnaire du logiciel, mais c’est quand même à l’Etat de jouer son rôle et de payer ce qu’il doit ! Pendant ce temps-là dans nos structures on doit se serrer la ceinture et avons du mal à payer nos fournisseurs », déplore le président du Gab 22.
 

« La bio, dindon de la PAC » : slogan d’une manifestation prévue le 21 mai à Limoges

D’autres démarches de mises en demeure de l’Etat auraient été engagées par des agriculteurs bio du Finistère et d’Ille-et-Vilaine

Le 21 mai, une manifestation sera par ailleurs organisée par la Fnab devant l’ASP à Limoges puis devant la préfecture sous le slogan « la bio, dindon de la PAC ».

Lire aussi : Aides d’urgence bio : le guichet prolongé jusqu’au 3 mai 2024

Les plus lus

Salarié agricole apportant de l'engrais organique sur une parcelle de vigne en bio.
Rapport sur le cadmium : la Fnab refuse que le bio soit « mis dans le même sac que le conventionnel » et demande un correctif à l’Anses
Dans une lettre adressée le 30 mars à l’Anses, la Fédération nationale d'agriculture biologique (Fnab) fait part de son « …
portrait de deux hommes
Dans une tribune, la FNH et Biocoop appellent les distributeurs « à prendre leur part pour atteindre 12 % de consommation bio en 2030 »
La Fondation pour la nature et l'homme et la Coopérative Biocoop lancent un appel aux acteurs de la grande distribution pour…
Œufs : En Allemagne, le plein-air et le bio progressent
Les Marches
L’évolution des prix des œufs français, au 13 mars 2026, expliquée par le journal Les Marchés, qui publie trois fois par…
Pâturage hivernal : les exploitations bretonnes s’adaptent face à un hiver pluvieux
Lait
Malgré des pluies record en début 2026, des éleveurs herbagers bretons ont su adapter leurs pratiques de pâturage hivernal pour…
Agrivoltaïsme : « L’été, la pousse de l’herbe est moins pénalisée sous la canopée », dans le Calvados
Lait
Depuis l’installation d’une canopée agrivoltaïque fin 2023, Yoann Bizet, éleveur dans le Calvados, a réintroduit le pâturage. L’…
« J’ai diminué ma dose d’azote liquide de 20 % grâce à la fertilisation localisée »
Machinisme
Loïc Lamiche, chef de culture à Tartiers dans l’Aisne, utilise depuis onze campagnes la fertilisation localisée lors des semis de…
Publicité