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« Avec la certification HVE, des avantages, et peut-être un standard demain »

Déjà engagé dans des pratiques respectueuses de l’environnement, le Gaec de l’Ouchette dans les Deux-Sèvres, est arrivé naturellement à la certification environnementale HVE. À la clé : des avantages non négligeables.

Les 4 associés du Gaec de l'Ouchette
Mathieu et Émilien Renaud (à gauche et à droite). « À terme, nous pensons passer en bio. La HVE est une transition pour y aller tranquillement. »
© E. Bignon

En 2021, le Gaec de l’Ouchette, à Melleran dans les deux-Sèvres (4 associés, 250 ha, 150 vaches laitières), s’est lancé dans la certification Haute valeur environnementale (HVE), dans la continuité d’une orientation prise pour développer des pratiques agroécologiques.

L'histoire remonte à l'installation de Mathieu Renaud en 2018. Il opte pour la majoration de la dotation jeune agriculteur pour projet agroécologique. « Cela impliquait de passer par la certification Area (Agriculture respectueuse de l’environnement en Nouvelle-Aquitaine) », raconte-t-il.

Cette certification portée par le conseil régional est un tremplin vers la HVE. Les mêmes thématiques y sont abordées avec des exigences similaires. Lors du renouvellement de l’Area en 2021, la coopérative Océalia propose à Mathieu de tenter la HVE. « Comme il y avait peu de changements à opérer pour la valider, nous nous sommes lancés. »

Déjà engagé dans des MAE

Le Gaec a été audité en novembre et certifié en février 2022. La certification a été obtenue sans difficulté. Le volet biodiversité a été facilement ratifié grâce aux nombreuses haies que compte l’exploitation.

Pour entériner le volet fertilisation, les associés n’ont eu aucune pratique à modifier. Une MAE avait déjà été contractualisée pour réduire les quantités d’azote apportées et un nouveau contrat vient juste d’être signé. « Nous sommes maintenant limités à 60 U N/ha de SAU en engrais minéral sur presque toutes les surfaces. »

Pour les produits phytosanitaires, le Gaec est engagé depuis plusieurs années dans des MAE dont l’objectif est de diminuer leur utilisation. « Nous pratiquons le désherbage mécanique sur les cultures de printemps. La chimie n’est utilisée qu’en rattrapage ou pour lutter contre l’ambroisie par exemple. Les phytos sont appliqués si la pression le justifie, au bon moment, à dose réduite ; et l’efficacité des traitements est augmentée avec des adjuvants. »

Sur les 70 hectares de prairies permanentes du Gaec, 30 sont sous contrat avec le Conservatoire des espaces naturels. Sur ces parcelles, les interventions phytosanitaires et la fertilisation sont interdites. « Ces prairies permettent de diluer l’IFT moyen. » Celui-ci était de 0,57 en 2022.

Quelques investissements autour des phytos

Il a fallu investir pour remplacer le pulvérisateur par un modèle plus performant et avec buses anti-dérive. Le système de remplissage du pulvé a été revu avec l’installation d’une cuve tampon. La zone de lavage bétonnée a été aménagée pour pouvoir évacuer les eaux usées, soit dans la fosse à lisier, soit dans le phytobac. Enfin le certiphyto a été mis à jour. Le total des dépenses a été inférieur à 10 000 euros. Le coût de la HVE (850 €) comprend le diagnostic initial et les trois ans de suivi.

Coup de pouce aux aides

« Pour l’instant, la HVE ne nous apporte pas de gros avantages mais à l’avenir ça peut changer à cause des nouvelles attentes sociales et environnementales », raisonne l’éleveur.

Lors d'une demande au PCAE portant sur un bâtiment et du matériel d’élevage, la HVE a permis de cumuler des points sur la grille d’éligibilité et de priorité des dossiers. En 2023, le Gaec percevra le crédit d’impôt. L’exploitation a pu accéder aux écorégimes de la PAC par la voie certification (82 €/ha). Elle est aussi exemptée de l’obligation de réaliser le conseil stratégique phytosanitaire.

Alors, pour le renouvellement de la certification en 2025, le Gaec souhaite poursuivre. Le nouveau référentiel demandera peut-être quelques efforts. Dix hectares irrigables s’étant ajoutés à la SAU, il faudra valider la thématique irrigation. « Le plus contraignant sera sans doute l’interdiction des produits CMR(1). » Mais de toute façon, « à terme tout le monde devra être HVE », pense l’agriculteur.

(1) Substances cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction.

Tendance

1 508 exploitations laitières étaient certifiées HVE au 1er janvier 2023. Elles étaient 927 un an plus tôt.

Source : ministère de l'Agriculture
 

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