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« Avec ce troisième poulailler, je me spécialise à 100 % en volaille »

Dans la Drôme, Thierry Clairefond mise sur la demande croissante de poulet standard et une filière locale autour de la coopérative Valsoleil, pour investir dans un troisième bâtiment.

« Mon rêve à 18 ans était d’avoir quatre poulaillers de 1 000 m2. J’ai atteint mon objectif avec ce troisième bâtiment de 1 900 m2, portant la surface de mon exploitation à 5 090 m2 de poulet de chair », souriait Thierry Clairefond, 47 ans, lors de l’inauguration en avril 2025 avec sa coopérative Valsoleil, à Chatuzange-le-Goubet. L’éleveur peut maintenant élever 107 000 volailles (7,5 lots par an) avec une conduite en bande unique, pour des raisons sanitaires mais aussi pour mieux gérer son temps et profiter des vides sanitaires. Son expansion n’a pas rencontré de freins dans cette commune. « Je participe avec Valsoleil à une filière locale, avec le cahier des charges Poulet de ma région. Les poussins proviennent du couvoir de Saint-Marcellin en Isère. Les aliments sont fabriqués à Crest et les poulets abattus également dans la Drôme. La viande est vendue dans les grandes surfaces de la région. »

Lire aussi : Valsoleil en quête de nouveaux poulaillers

Une filière locale dynamique

L’entrepreneur a repris en 2005 la ferme de ses parents qu’il avait rejoints en 2001. « Ces derniers louaient alors deux bâtiments de dindes, ne me permettant pas d’être performant. Tout a changé en 2011 quand j’ai rencontré Valsoleil », se souvient-il. La coopérative venait de conclure un partenariat de développement avec l’abattoir local BRD (Bernard Royal Dauphiné) à Grâne et recherchait des agriculteurs prêts à investir dans des poulaillers. Thierry Clairefond construit alors un premier bâtiment de 1 350 m2. « J’ai retrouvé le goût de l’élevage avec plus de confort de travail et un meilleur revenu. » Vient en 2016 un second poulailler de 1 835 m². « L’abattoir recherchait plus de volailles locales et je ne trouvais pas de nouvelles terres à exploiter », explique l’agriculteur exploitant 110 hectares de céréales à paille et de maïs. En 2023, l’éleveur a arrêté l’élevage de veaux démarré en 2011 et rénové ses poulaillers. « J’ai fait bétonner les sols. Cela me permet d’être plus efficace et réduit les risques sanitaires ».

Sa décision de construire un troisième atelier, il l’a prise sur les mêmes bases qu’au préalable : la coopérative et l’abattoir sont à la recherche d’éleveurs pour répondre à la demande régionale. La croissance de la consommation de viande de poulet l’a conforté dans sa décision.

Améliorer la rémunération des aviculteurs

Le jour de l’inauguration, Valsoleil a annoncé une amélioration du revenu des éleveurs. Depuis début 2025, la marge poussin aliment des deux premiers tiers des élevages en poulet standard est passée à 11,15 euros au mètre carré et par lot, soit une augmentation de 0,70 euro par mètre carré. Elle résulte d’un meilleur suivi technique et de la qualité des aliments, ainsi que d’un gain de la performance technique de la majorité des exploitants.

Dans ces conditions, Thierry Clairefond se montre serein. Dans son nouveau bâtiment, sa marge poussin aliment atteint 11,80 à 12 au mètre carré et par lot, grâce à une prime inscrite dans le dernier contrat. La marge des deux premiers poulaillers s’établit à 11 au mètre carré et par lot en moyenne.

Pour construire son dernier bâtiment, il a choisi les mêmes entreprises et équipements. Dans ce long poulailler (119 mètres), il a conservé une ventilation transversale dynamique et des trappes Kan’air Tuffigo-Rapidex. Cette installation et un circuit de brumisation lui ont semblé satisfaisants pour faire face aux fortes chaleurs.

Afin d’améliorer le confort des poulets, il a toutefois apporté deux nouveautés : un circuit de lampes bleues pour faciliter le ramassage et moins stresser les volailles. Le nombre de pipettes a été doublé. Deux lignes de pipettes alternent avec une ligne de mangeoires.

L’investissement total s’élève à 789 000 euros, soit 414 euros le mètre carré. Thierry Clairefond reconnaît que l’augmentation des coûts des bâtiments et équipements pèse bien lourd et peut décourager les jeunes agriculteurs. « J’ai investi près de 300 000 euros de plus que pour le second bâtiment. »

L’entrepreneur prévoit l’embauche d’un salarié polyvalent à l’automne, sachant qu’il fait appel à un prestataire pour le nettoyage des bâtiments lors du vide sanitaire (12 à 15 jours). Par ailleurs, il se montre satisfait de son investissement pionnier dans le département en 2019 dans un tracker solaire OKWind pour son autoconsommation. « J’ai divisé par deux mes factures d’électricité. L’équipement a été amorti en dix ans ».

Une passion d’entrepreneur pour un « poulet de ma région »

Côté Eco

Chiffres clés du troisième bâtiment :

-119 m x16m pour 40 000 poulets standard.

-Investissement total de 789 000€ (414€/m²)

dont bâtiment 352 000€, matériel d’élevage 245 000€,

dalle béton 77 000€, terrassement 46 000€

-Subventions : 67 500 € région Aura

+aide au développement Valsoleil et BRD : 47 600 €

-Prêt Valsoleil à 0 % sur 15 ans : 157 800 €

-Prêt bancaire : 510 000€ (taux de 3,65 % hors assurance)

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