La Creuse, comme l'ensemble de la France continentale, présente
aujourd'hui, une situation assainie vis à vis du varron. Maintenir ce
statut favorable demande d'être attentif par rapport aux deux risques
essentiels de réintroduction que sont l'extension du parasite à partir
des pays voisins et l'introduction en zone assainie de bovins porteurs.
La surveillance du territoire concourt à permettre une action rapide en
cas de résurgence.
Quelques rappels biologiques
L'hypodermose bovine est due à une mouche (dont la larve est appelée
communément varron), ne vivant qu'une semaine environ au cours des mois
d'été. Elle pond de 500 à 1.000 œufs sur les pattes et le fanon des
bovins. Son rayonnement géographique s'étend sur une zone allant de 2 à
5 kilomètres. De ces œufs, naissent des larves qui pénètrent à
l'intérieur de l'organisme de l'animal par des follicules pileux.
Pendant sept mois, l'existence de ces larves est ignorée car elles
migrent dans les tissus de l'animal. Selon l'espèce, elles transitent
soit dans le canal rachidien (Hypoderma bovis) soit au niveau de
l'œsophage (Hypoderma linéatum). Au printemps, ces larves migrent vers
le tissus sous cutané dans la région dorsolombaire, provoquant des
abcès visibles de chaque côté de la ligne dorsale, percent la peau,
tombent sur le sol de mai à juin (pupe) pour donner naissance, trois à
cinq semaines plus tard, aux mouches adultes perpétuant ainsi le cycle.
Un assainissement rapide de notre département
Un sondage effectué en 1996 sur l'ensemble de la Creuse a déterminé le
taux d'infestation des cheptels, faisant apparaître trois zones : une
non-infestée sur le tiers ouest de notre département, une zone
moyennement infestée dans le tiers centre et une zone plus fortement
atteinte pour le tiers est. Après la mise d'une stratégie basée sur des
traitements tactiques et des comptages visuels en 1997, les résultats
du printemps 1998 ont permis de valider le statut de la zone ouest et
de vérifier l'efficacité des traitements sur les deux autres zones. Le
maintien de ces stratégies de 1999 à 2002 a permis, en 2003, une
certification sur l'ensemble du département et parallèlement,
l'ensemble de la région Limousin. Les résultats obtenus au printemps
2003 ont confirmé cette situation favorable, avec aucun bovin trouvé
varonné, permettant le renouvellement de la certification et
l'acquisition du statut « zone assainie en varron », qui deviendra «
cheptel assaini en varron » en début de campagne 2005/2006. Cette
mention est portée sur les ASDA.
Un Schéma Territorial de Certification
régional habilité depuis mars 2005
Au niveau national, en mai 2002, l'ACERSA (Association de Certification
en Santé Animale) propose un cahier des charges national fixant les
modalités de gestion de l'Hypodermose Bovine. L'Arrêté du 30/10/2002
ajoute l'hypodermose bovine « aux maladies » faisant l'objet d'une
certification officielle par l'ACERSA. Le cahier des charges techniques
fait l'objet d'un avis au Journal Officiel en date du 21/01/2003.
Parallèlement, au niveau régional, il est organisé un Schéma
Territorial Régional de Certification, avec pour objectif
l'organisation et le suivi technique de cette certification, qui verra
son habilitation, par l'ACERSA, le 31 mars 2005. Son territoire de
compétence s'étend sur les trois départements limousins, il assure la
maîtrise d'œuvre et est chargé de l'élaboration du programme régional
avec notamment, la détermination du nombre de cheptels devant faire
l'objet de contrôles aléatoires ou orientés. Il est constitué du GRASL
(Groupement Régional d'Action Sanitaire du Limousin), du GTV régional
(Groupement Technique Vétérinaire) et des Laboratoires Vétérinaires
Départementaux. Les trois GDS départementaux assurent l'application des
procédures.
Une inscription comme MRC (Maladie Réputée Contagieuse) en 2006
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
L'arrêté du 6 mars 2006 a inscrit l'hypodermose bovine ou varron dans
la liste des MRC. Cette décision apporte une nouvelle orientation pour
le plan de lutte, en particulier pour les échanges d'animaux au plan
communautaire et devrait permettre d'accroître la pression sur certains
pays voisins, notamment la Belgique, afin qu'ils s'engagent enfin dans
cette prophylaxie. Les GDS continuent d'être chargés d'organiser et de
coordonner le programme de lutte. Depuis 2003, l'ensemble des
départements français est certifié assaini (statut obtenu dès qu'une
région présente moins de 5 % de ses cheptels infestés). En 2006, le
taux d'infestation sur la base des contrôles visuels est nul et il est
de 0,29 % sur la base des contrôles sérologiques pour la campagne
2005/2006. Durant cette campagne, neuf foyers ont été détectés avec
comme cause quasi exclusive la proximité avec la Belgique et l'Espagne.
Les modalités techniques des différents contrôles
Les contrôles aléatoires sont destinés à objectiver le taux
d'infestation de la zone. Le dépistage est réalisé en sérologie de
mélange sur les prélèvements effectués au cours des prophylaxies dans
des élevages tirés au sort en début de campagne avec des interventions
prévues entre le 1er décembre et le 31 mars. Les contrôles orientés
sont destinés à la recherche d'éventuels foyers, ils sont déterminés en
fonction de certains facteurs de risque (cheptels à fort taux de
renouvellement, introduction de bovins issus de cheptels sans garantie,
cheptel séropositif ou douteux la campagne précédente…). Le dépistage
est effectué selon la même méthode que pour les contrôles aléatoires.
La gestion des résultats
Tout résultat de mélange positif fait l'objet d'analyses individuelles.
Un résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de 24 à 60 mois
entraîne le statut positif de l'élevage concerné, une enquête
épidémiologique est diligentée dans l'élevage dont les conclusions
peuvent, si nécessaire, déboucher sur un programme de traitement. Un
résultat non-négatif sur un ou plusieurs bovins âgés de plus de 60 mois
n'entraîne pas de modification du statut négatif de l'élevage, celui-ci
fait l'objet d'une enquête épidémiologique et d'un contrôle visuel au
printemps pour vérifier l'absence d'infestation. De plus, cet élevage
sera mis en contrôle orienté la campagne suivante. Au cours de la
campagne 2005/2006, 201 cheptels étaient en contrôles aléatoires et 137
en contrôles orientés. 5 élevages en contrôles aléatoires et 9 en
contrôles orientés avec des sérologies positives sur des animaux de
plus de 60 mois ont donné lieu à des contrôles visuels qui se sont tous
révélés négatifs. Pour 2006/2007, les résultats disponibles concernent
158 cheptels en contrôles aléatoires et 52 cheptels en contrôles
orientés. 13 élevages présentent au moins un résultat positif qui ne
concerne que des bovins de plus de 60 mois. Ils vont faire l'objet de
contrôles visuels.
Les introductions :
un risque à maîtriser en zone assainie
La maîtrise des introductions
demeure importante, il appartient à chacun à son niveau (éleveur,
vétérinaire et GDS) de s'assurer du statut du cheptel de provenance,
par l'intermédiaire de l'ASDA ou d'une base de donnée informatique pour
le GDS. En cas de statut défavorable, le GDS avertit l'éleveur en lui
demandant de prendre contact avec son vétérinaire afin de réaliser un
traitement préventif ou curatif. Dès la réalisation effectuée,
l'éleveur transmettra un compte rendu de traitement au GDS.
Conclusion
Le plein investissement des différents acteurs de la filière a permis
d'obtenir de bons résultats, dans un laps de temps particulièrement
faible. Il s'agit maintenant d'entretenir cet acquis, le seul moyen d'y
parvenir étant de rester vigilant. Pour plus de renseignements,
n'hésitez pas à contacter votre vétérinaire et/ou le GDSCC.